‹ Textes philosophiquesChapitre 164 sur 356 · CRE DE · texte numérisé non relu

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Chap. X. Les dissidents.

autres disent qu'ils n'existent pas. Si tout Ie monde croyait encore, comme jadis, que les mânes bénissent les bons et maudissent les méchants, il y aurait certainement moins de troubles. La cause de nos malhours, c'est que beaucoup doutent si les mânes existent ou uon.».. Îl adjure ensuite les princes de faire inculquer, dans les écoles, la foi à l'existence des mânes. {ls existent certainement, dit-il. À preuve, tant de revenants, lesquels ont élé dûment vus aprés leur mort par beaucoup de: personnes, par exemple ce comte de Tôu qui Lua l'empereur Suän aux yeux d'une grande foule. TH p. 130.

Les lettrés accusent encore Aféi-ti d'avoir poussé l'amour de la simplicité, jusqu'à simplifier par trop, les rits en général, et ceux des funérailles en particulier.

fi À Sûnn-k'oang, 3e siècle.

Il fut plutôt stratégiste que philosophe. Voyez TH p. 235. Il est cité, surtout à cause de deux opiaions, par lesquellcs il différa des lettrés de son temps, et que voici:

4° il soulint que l'homme nait mauvais, que toutes ses propensions sont vicieuses, que faire le mal lui est naturel, que bien faire est toujours en lui chose artificielle et contre nature. La morale est un appareil tout extérieur. Elle consiste dans Îles rits, sorte de corset qui fixe l'homme dans une forme conventionnelle qu'on appelle le bien.

20 il nia la thése devenue depuis lors à peu prés commune, d'aprés laquelle le destin de chaque

homme est non seulement prédéterminé par le Ciel,

mais encore imprimé sur son visage et moulé sur ses os. Si bien que la physiognomonie, et surtout la palpalion des protubérances osseuses du squelette, révélent aux initiés, non seulement le caractère, mais encore l'avenir d’un homme, et cela infailliblement.. J'ai conté ailleurs l’histoire de ce prince, qui faillit faire décapiter son général, pour lui avoir trouvé par hasard la bosse de la traitrise.

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Æ % Wäng-tch'oung, 4er siècle après J.C.

Lettré de marqne, il crut avoir à se plaindre de ses collègues, et devint l'enfant terrible de la caste. Incrédule et fataliste, il composa un volumineux ouvrage, dans lequel il découvrit, avec malice et verve, les points faibles du Confucianisme dégénéré de son époque.

Voici quelques morceaux choisis de sa prose parfois calomnieuse.

Le deslin de l’homme est irrévocablement fixé, dès le moment où ses parents, en l’engendrant, lui communiquent sa part de Ai matière.

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Wäéng-tch'oung définit souvent ie &'é, une substance ténue, & #5 ST M sembiabke à ln vapeur, à la fumée.

Quand son destin est bon, sans qu'il fasse aucun bien, l'homme est Loujours heureux. Quand son destin est mauvais, quelque peine qu'il se donne, l'homme est toujours malheureux.

Le vulgaire dit: Ceux qui font le bien sont heureux, ceux qui font le mal sont malheyreux. C'est le Ciel qui rétribue afnsi les actions des hommes. L'homme agit, et le Ciel le bénit ou le punit selon ses œuvres... Blagues que tout cela!

Les lettrés disent: Le Ciel c'est du Fi. Il n'est pas très éloigné des hommes. Le bien ct le mal que ceux-ci font, le Ciel le sait aussitôt, et lestraite en conséquence... La vérilé est que le Ciel n'est pas du £’é. C'est un être corporel, très éloigné (et qui ne s'occupe pas des hommes ).

L'homme vit perdu dans l'espace médian entre le firmament et la terre, Be comine les puces et les poux dans un

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