‹ Textes religieux assyriens et babyloniensChapitre 13 sur 75 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

en sacrifice dans les circonstances les plus graves. Par conséquent, il faut renoncer, de ce côté, à tout rapprochement avec la religion hébraïque. Les Juifs n'ont pas emprunté à la Chaldée leur répulsion pour le porc et leur horreur des viandes impures, encore moins les rites de leurs sacrifices.

Ce n’est pas le premier exemple d'identification à outrance qui se soit produit depuis les débuts de l’assyriologie. La migration abrahamique était partie d'Ur des Chaldéens, et, en se séparant de leur souche, les Hébreux n'avaient pas fait table rase des traditions de leurs ancêtres. Certaines n'avaient rien d'incompatible avec le monothéisme. La révélation de Yahweh devait dissiper peu à peu ce que les autres contenaient d'erreur. Il y a donc bien des points de contact entre les textes religieux de Babylone et les Livres-Saints. Aïnsi il serait puéril de nier l’étroite parenté qui règne entre les traditions chaldéennes et les récits des premiers chapitres de la Genèse, celui du Déluge surtout.

Mais certaines écoles ne se contentent pas des rapprochements incontestables. Mus par des principes tout différents, pour ne pas dire opposés, leurs tenants cherchent et trouvent, à les en croire, dans les cunéiformes, l'explication et la clef de toute la religion hébraïque. « Beaucoup d'auteurs ont parlé des sept Jours de la Création babylonienne... le fait est qu'il n’y en a pas la moindre trace dans les textes cunéiformes. On à cru que le poème babylonien de la Création contenait sept tablettes : des sept tablettes, on à fait sept chants, et des sept chants sept Jours. Or, le nombre des tablettes n'est pas certain; on ne voit pas que le poème ait été divisé en sept chants; il n'y est pas question de sept jours, et l’œuvre créatrice n’y est pas divisée en six parties. De même, l'identité du serpent de la Genèse avec Tiamat, personnification de la mer chaotique, est souverainement improbable. Il n’y à aucun rapport entre le monstre que le dieu créateur, Marduk, partage en deux pour faire d’une moitié la voûte céleste, de l’autre moitié l'hémisphère terrestre, et le serpent tentateur, simple animal créé comme tous les autres par Jahwé, puis condamné par lui à ramper

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