‹ Textes religieux assyriens et babyloniensChapitre 17 sur 75 · INTRODUCTION | XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION | XV

traductions tendancieuses et les identifications hasardées peuvent donc engager la science des religions dans une fausse vole.

La nature des textes dont Je donne la transcription m'a amené plus d’une fois à les rapprocher de la Bible. Dans ce travail de comparaison, J'ai essayé d'éviter les écueils que je viens de signaler, et, je dois le dire, les similitudes vraies m'ont paru assez nombreuses pour qu'il ne soit pas besoin d’en alléguer d’imaginaires.

Le monothéisme d’une part, le polythéisme de l’autre, créent une divergence capitale entre la religion d'Israël et celle de Babylone, mais l'esprit religieux est le même chez les deux peuples. Pourquoi s’en étonner? Ne sortent-ils pas de la même souche”? Les uns adorent un dieu unique, les autres vénèrent un grand nombre de divinités. Des deux côtés, c’est la même idée, une idée très haute, de la puissance divine, de son action incessante 1ci-bas; c’est la même conception des rapports de Dieu et de l’homme, la même croyance à l’immortalité de l’âme, à l’efficacité de la prière et de l’intercession, la même explication de la souffrance.

Les divinités chaldéennes ne vivent pas dans une indifférence superbe à l'égard des choses de la terre. Elles rendent la vie douce‘ aux humains qui les honorent. Elles accueillent leurs prières*?, veillent sur eux et les protègent. L'homme qui n'abandonne pas Ishtar, « elle l’entourera de protection sur son chemin” ». Elles élèvent au-dessus de tous les rois le roi qui leur est fidèle‘. C’est vers elles que l’infortuné pousse des cris de détresse : « Écoute ma prière, exauce-moi *. » Dans un colloque tout intime, il leur dépeint ses angoisses et ses souffrances avec des accents qui rappellent par instant les plaintes du psalmiste‘. Elles l’en-

ET

Page 1