‹ Textes religieux assyriens et babyloniensChapitre 48 sur 75 · AS · texte numérisé non relu

AS

CO

OT

PLANCHE XIII, Æ. 48. Verso

Incantation. O Kn-me-shar-ra, seigneur de la terre, grand de l’Arallu,

Seigneur de la terre et du pays d’où on ne revient pas, souverain des Anunnaki,

Toi qui fixes les lois de la terre, qui es le grand lien des cieux et de la terre:

Grand seigneur, sans lequel Nin-gir-su, dans la campagne et sur les rives du canal,

Ne fait pas prospérer, ne produit pas la croissance des plantes ;

Seigneur de la création, qui, par sa puissance, domine la terre,

Qui affermit l’espace, qui prend les extrémités du monde souterrain,

Qui donne le sceptre et le trône à Anu et à Bel,

Que, par ton ordre, de ce temple le fondement,

En ta présence, reste inébranlable; sa tour,

Comme le séjour de ta seigneurie sur la terre, qu’elle soit estimée :

Qu'en lui, Anu, Bel et Ea établissent leur demeure d’une manière stable,

Et que moi,.X, l’auguste, votre serviteur, devant ta grande divinité,

Je porte un nom prospère dans l'éternité des Jours,

Que la demeure des grands dieux domine mon pays;

Que j'habite une demeure paisible.

Ces chosesirécitéls ai ion et le lien puissant dénoue. À SAC de nu tele rO1 Arai

M OR A A at een Le de l’or dans sa main pure.

Nil: N On ar. un vêtement de dessus, un vêtement MASS7

PLANCHE XIII, Æ, 48. Verso (suite)

MERE JE PEER EN saplis IM-KA K-A SENS ORNE SEE TT ES a tLa-pat-ti-1q

RÉ Re babi u-$e-es-$e-ir

COMMENTAIRE

1 Sur #* EN-ME-SAR-RA, cf. PL XII, 1. 26, note.

E-SAR-RA — temple de l'abondance, mais on ne connait pas de lieu qui s'appelle ME-SAR-RA. Ce dieu, probablement le dieu de la végétation, de la fécondité, habitait dans le Lu-lim, c'est-à-dire la constellation du Bélier. Cf. V À, 46, I Obv., 21, et Jensen, Xosm., p. 60 et suiv., et p. 91-93 et 219. Son doublet féminin était #* NIN-ME-SAR-RA.

Arallu désigne ici l'empire des morts sur lequel regnait EN-ME-SAR-RA. Dans la tablette funéraire, { V À, 28, I Obv., col. I, 1.5, les sept dieux, uls de Enmesharra ÀU DUB-DUB-bu-mes, c'est-à-dire, probablement, « font couler, versent du blé » pour les morts. Sur l’arallu, cf. Jeremias, Die babylon. assyr. Vorstellungen, etc., et Jensen, Xosm., p. 219 et suiv. Halévy, Revue de l'Histoire des religions, XVII, 344, pense que le mot aralu correspond à l’hébreu ’arelim, « morts ». Cf. Halévy, Recherches bibliques, IX, et Revue des Etudes juives, n° 27, D'17<89;

2 Asru. Ce mot signifie habituellement « lieu », « de-

meure », (« sanctuaire », Delitzsch, AA W, p. 148. Ici, il parait désigner la terre, peut-être même l’intérieur de la terre, soit parce qu'il est en parallélisme

PLANCHE XIII, ÆX. 48. Verso (suite)

DAMES ME en en bas, une construction d'argile PSE RARES SR PNA LATE Me tu construls.

MORE NP IR Tel or D het es ee ate te Palo ae) cute) nialiei enter =chaelle de. ne +; dis, a seen ee Le

avec tr'sttt là taiarti, soit parce que Enmesharra apparaît toujours comme un dieu du sol ou du monde souterrain.

Irsiti là taiarti, écrit idéographiquement XUR- NU-GI-A. KUR = 1rsitu; NU, négation; G1-A — revenir, mn. Cf. Job, xvi, 22 : ban Siwn-ko no, «je m'en irai par un sentier que Je ne remonterai pas ». Cette expression poétique désigne l’arallu chez les Assyriens, le schéol chez les Hébreux.

3 Samé trsitim. Les signés qui terminent cette ligne sont

en mauvais état. Mais le contexte appelle la restitution Samé irsitim.

4 Cf. la prière à Ishtar, déesse des céréales, I Craig, XV,

15-17 : ina baliki näru ul ippattir nâru ul issikkir sa ubbalu balati ina baliki palqu ul ippattir palqu ul issikkir, « sans toi, le fleuve ne s'ouvre pas, le fleuve ne se ferme pas, (ce fleuve) qui apporte la vie : sans toi, la rigole ne s'ouvre pas, la rigole ne se ferme pas ». |

1. C'est AN KU-NA que porte le texte, ainsi que l'a lu Craig, et non AN KI-TIM. — AN KU-NA ou plutôt AN DURU-NA est déjà connu par la liste de dieux contenue dans ZI R, 68, 9 «. Il est en parallélisme avec la terre; il désigne donc ou un lieu, comme Anu est le nom d'un dieu et d'une partie du ciel, ou une collectivité dans le genre des Anunnai, cités à la ligne 2. — Par une irrégularité dont on connaît d'autres exemples en assyrien, markas est à l'état construit, bien qu'il ne soit pas suivi immédiatement de son régime

Ningtrsu. Le seigneur du Gtr-su est Ninip, Z1 R, 07, 74. Ninip est donc désigné, encore ici, comme une divinité solaire, puisque c’est la chaleur qui fait germer les plantes dans les terres arrosées. Cf. supra, PI. XII, 26, son identification avec Shamash orageux, et dans Maqtlu, 184; 1, 1,192 AMV PEN l’'énumération des attributs de Gibil, dieu du feu, qui présentent une grande. analogie avec ceux de Ninip. Dans les annales d’Assurnasirapal, I, 8, Ninip est dit : nu-ur Samé irstttm mus-par-du ki-rib apsi, «€ lumière des cieux et de la terre, celui qui éclaire l’'abime ». — Ce passage confirme également le rôle de dieu de la fécondité attribué à EN-ME-SAR-RA. — Dans les listes onomastiques de l’époque de Shargant, publiées par le P. Scheil, ZA, XII, p. 332, on trouve le nom de ‘“ Nin-gir-su comme nom propre d'un particulier.

7 Delitzsch avait déjà autographié et utilisé ce texte dans AW, p.70,s. v. absénu, et l'avait communiqué à Jensen, qui s’en est servi dans sa Xosm., loc. cit. Jensen, 1btd., p. 161, a lu, sur la copie de Delitzsch : rapsa ina danninu, et a traduit : « Der du Dich weit ausbreitest im Danninu » (— Krde).

Craig a lu rapsa EYYYY danninu.

Soit tra, soit bit ne sont que des restitutions, car le texte à souffert à cet endroit. J’ai adopté une troisième lecture rapsa u-dan-ni-nu, « il affermit l’espace (?)». Elle est peut-être plus conforme à la nature d'Enmesharra, dieu des fondations, infra, 1. 9, et aussi aux conceptions cosmologiques des Babyloniens. Ils regardaient le ciel, c’est-à-dire l’espace, comme appuyé sur un fondement, {Std Samé, Jensen, Kosm., D: JeFSULE"

1. Après examen de l'original, la restitution de Craig, ETTIT. me paraît la meilleure. Je verrais donc dans RAB l'idéogramme de rabbu et lirais rabbu $a bit danninu, (le grand du Danninu », c'est-à-dire de la terre, du solide. Cf. l'inscription de Marduk:-nadin-ahé, trouvée à Qal'at-

Kippat. Cf. Isaïe, x1, 12; E'séchiel, vu, 2; Job, XXXVII, 9, et xxXXvVII, 13. Ce dernier passage offre une grande analogie avec le texte assyrien : 1x

"a D'UUS AD" pont nip522, « pour saisir les extrémités de la terre et en secouer les méchants ». Les Assyriens voyaient aussi dans les Ætppât, les extrémités, les parties les plus éloignées du ciel et de la terre : ÎV À, 19, 51/52 : at-la-ma nu-ur-$u-nu $a kip-pat Same ru-qu-u-tum, & (ô Shamash), tu es la lumière des confins des cieux et de la terre ». Dans leurs textes, les cieux, comme la terre, ont leurs kippât. Dans les textes bibliques, 1l n’est question, à ma connaissance, que des m3 de la terre.

IT R, 66, 1. 3, les kippât des cieux et de la terre sont confiés à Ishtar : $a kima "" Samas... kip-paat Samé irsitim mit-ha-ri-is ta-hi-da. D’après Assurnas, I, 5, ils sont entre les mains de Ninip : Bél bélé $a kippat Samé irsitim qatussu paqdu.

La terre avait 4 kippât, comme il y avait 4 Ætbrât, 4 langues, I Craig, XX VI, 4, ete. — I Craig, XV, col. I, 3 : kip-pat trbit-tim ‘" A$sur 1d-dan-na-Su, « Assur lui donnera (à Asarhadon) les 4 coins du globe ».

Kigallu : KI = lieu, GA L=— grand. D’après Halévy, ce mot serait sémitique et viendrait de 551; 1l signifierait « monceau ». Le kigallu est ici le dessous de la terre considéré comme point d'appui, servant de fondement.

10 Li-bur, 3° pers. du prét. de 3x, être solide, durer.

Zigquratsu, écrit idéographiquement /M-KAX-

A-BI, « sa construction d'argile ». Ces tours à étages des temples de la Babylonie étaient construites en briques. Delitzsch, À W, p. 70, voit dans tout ce

Sergat et publiée par le P. Scheil, Rec. de Trac., t. III, p. 46, 1897, où RAB est employé comme idéogramme, à la 1" et à la 3° ligne, par exemple : ‘#% Marduk-nadin-ahé dup-sar rabbu — 3 ki-rib-ti * Bèl rabbu, etc.

texte une « Weihgebet bei Grundsteinlegung eines Hauses ». Mais les mots asru, 1. 9, et sigquratu ne peuvent convenir à une maison quelconque. Ce n'est pas non plus une demeure ordinaire qui peut être regardée comme le siège de la majesté d'En-me-

sar-ra et des autres dieux. énumérés }. 11 et 12, ou qui peut dominer la terre, 1. 15. Nous avons donc là un des hymnes rituels usités dans la consécration des temples élevés par les rois. Le qualificatif rubä, placé après le nom du personnage qui faisait la dédicace, n'était donné qu'aux grands personnages, aux dieux et aux rois surtout.

14 Cf. Ps. 91,16: 1ng°swx a sk, & Je le ferai jouir de longs Jours ».

Lu nabaku, « que Je porte un nom ».

15 Libil ne serait-il pas pour {u-u-bil, prét. du piel de 5xs à la 17° personne? Dans ce cas, il faudrait traduire :. « (Du fond de) la demeure des grands dieux, que je domine mon pays. » Peut-être cette traduction s’harmoniserait-elle mieux avec le contexte. Cf. I. 16.

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