INTRODUCTION VII
croissance des plantes sur les bords du canal. Ces deux rôles, si différents au premier aspect, trouvent leur explication dans sa nature de divinité solaire. Ninip est le soleil à l'horizon, le soleil du matin qui « éclaire l’abime ‘ ». A ce titre, 1l préside à la végétation, qui s’épanouit sous l’influence salutaire de ses rayons. Il est encore le ‘“UD- GAL-LU, le Shamash de la tempête. De là son rôle de champion et de guerrier, qui rappelle aussi la marche glorieuse du soleil levant chassant les ténèbres devant lui.
Delitzsch a déjà publié en partie la dédicace à En-meshar-ra (pl. XIIT)?, et Jensen l’a utilisée après lui dans sa Kosmologies. Kn-me-shar-ra y est traité en grand dieu : il fixe les lois du ciel et de la terre, il sert de lien entre la terre et les cieux, il donne l'investiture à Anu et à Bel. Avant tout, 1l est le dieu du sol, et par conséquent de tout ce qui est dans ce sol et au-dessous. De lui donc dépend la végétation; sans lui, Ninip ne saurait accomplir son œuvre et rien ne croitrait. Il règne sur le monde souterrain, sur l’'arallu ou empire des morts, qui se trouve sous la terre; il est le dieu des fondations. |
Si on compare les trois hymnes adressés à Nin-Gal, Gula et Ishtar, et si on les rapproche d’autres textes déjà connus et en particulier de ceux du premier volume de Craig, on est frappé de l'identité presque absclue des attributs de ces trois déesses. Tout comme Ishtar, Nin-Gal est qualifiée de guerrière, et Gula fait étinceler les armes. Klles rendent la vie douce et ressuscitent les morts. Elles sont bonnes et miséricordieuses; Nin-Gal parle pitié pour ceux qui l’adjurent et Ishtar intercède et se charge de la faute. Comme Ishtar, Gula est l'étoile du soir, quienchante les dieux et les hommes ; comme elle, elle guide le voyageur et veille sur les bergeries. Les deux déesses président encore aux accouchements, font voir la lumière aux nouveau-nés.
Le tableau suivant permettra de saisir facilement cette
. Assurnasürapal, IX, 8.