‹ Tha{uml}isChapitre 11 sur 17 · MARCUS · texte numérisé non relu

MARCUS

La sagesse divine avait prévu que Judas,

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libre de ne pas donner le baiser du traître, le donnerait pourtant. C'est ainsi qu'elle a employé le crime de l'Iscariote comme une pierre dans Tédifice merveilleux de la rédemption.

^ÉNOTHÉMIS

Je t'ai parlé tout à l'heure, Marcus, comme si je croyais que la rédemption des hommes avait été accomplie par Jésus crucifié, parce que je sais que telle est la croyance des chrétiens et que j'entrais dans

^ leur pensée pour mieux saisir le défaut de

ceux qui croient à la damnation éternelle

,^.^ de Judas. Mais en réalité Jésus n'est à mes

I yeux que le précurseur deBasilide et deValentin. Quant au mystère de la rédemption, je vous dirai y chers amis, pour peu que vous soyez curieux de Fentendre^ comment il s'est véritablement accomplie sur la terre.

Les convives firent un signe d'assenti*

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ment. Gomme des vierges athéniennes avec les corbeilles sacrées de Gérés, douze jeunep filles, portant sur leur tète des paniers de grenades et de pommes, entrèrent dans la salle d'un pas léger dont la cadence était marquée par une flûte invisible. Elles posèrent les paniers sur la table, la flûte se tut et Zénothémis parla de la sorte : s^ ^r^^*^

— Quand Eunoia, la pensée de- Dieu, eut créé le monde,'elle confia aux anges ie gouvernement de la terre. Mais ceux-ci ne gardèrent point la sérénité qui convient aux maîtres. Voyant que les filles des hommes étaient belles, ils les surprirent, le soir, au bord des citernes, et ils s'unirent à elles. De ces hymens sortit une race violente qui couvrit la terre d'injustice et de cruautés, et la poussière des chemins but le sang innocent k cette vue Eunoia fut prise d'une tristesse infinie :

» — Voilà donc ce que j'ai fait I soupirat-elle, en se penchant vers le monde. Mes

paorrre» enfante sont p^tongés par- ma tan^ dafrs ta vie smère; Lewf so'sffpanee est mon: crrnie et je veux Fexpfer. Dieu mên»e, qui' rre pense cme par moi, scfrait impuîssaii* à leur rendre la pureté première. Ce qui est irait est Ml, et la créatioR est à )ama» man^ qnée. Dti moînsf, je n'abandonnerai pas mes créatures. Si }e ire puis les n^dre heareases comnïe moi", je peux me rendre malheureuse comme elles. Puisque j*ai commis h faute de leur donner dés eorp» qui les hu^ milient, je prendrai moî-méme un corpe sembhible mn lém» et j'irai vivre parmi elles.

» Ayant ainsi parié, Blanoia descendit sur la terre et s'ineama dans le s«n d'une Argrenne. Ette naquit petite et débile et reçut le nom d'Hélène. Soumise aux trav»u>x âe la vie, el% grandit bientôt en grâce et en beauté, et devint la plus désirée dbs femme», comme ette l'avait réKiiu, afin d'Sfjre éprouvée dans son^ eorp9 mortel par les

LB pafthus 1^

pins fflustres sotiflluFes. Proie inerte dés hommes liaseîfs et violmt», elle 9e dévouai au rapt et à TadvltËqre en eocpiatioii dft tons les adulïêr»^ de toutes les^ idolences^, de toutes les miquîtâs, et causa: par sa beauté !a mine des peuple», pour que Dieu, pût pardonner les erin^s de Funivers. Et lamaîs fa pensée céleste, jamais Ennoia ne fut si adorable qn^aux jours où, femme, elle se prostitnsél aux libres et aux bergets. Les poètes devinaient sa divinité, quand ils Is peignaient si paisible, si superbe et si fatale, et lorsqu'ils Fui fàrsaient cette invocation : « Ame sereine comme Fe calme des Kersf »

» (Test ainsi qu'Eunnià fut entraînée par laf pitié dans le mal et dans la souflRrance.

EITe mourut, et les Ai^ens montrent son tombeau, car elle devait connattre la mort après la volupté et goûter tous les fruits amers qu'elle avait semés. Mais, Réchappant de la chair décomposé d'Hélène, elle

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âlncarna dans une autre forme de femme et s'offrit de nouveau à tous les outrages. Ainsi, passant de corps en corps, et traversant parmi nous les âges mauvais, elle prend sur elle les péchés du monde. Son sacrifice ne sera point vain. Attachée à nous par les liens de la chair, aimant et pleurant avec nous, elle opérera sa rédemption et la nôtre, et nous ravira, suspendus à sa blanche poitrine, dans la paix du ciel reconquis.

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