‹ Tha{uml}isChapitre 12 sur 17 · HERMODORE · texte numérisé non relu

HERMODORE

Ce mythe ne m'était point inconnu. D me souvient qu'on a conté qu'en une de ses métamorphoses, cette divine Hélène vivait auprès du magicien Simon, sous Tibère empereur. Je croyais toutefois que sa déchéance était involontaire et que les ange^ l'avaient entraînée dans leur chute.

ZÉNOTHÉMIS

Hermodore, il est vrai que des hommes mal initiés aux mystères ont pensé que la

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triste Eunoia n'avait pas consenti sa propre déchéance. Mais, s'il en était ainsi qu'ils prétendent, Eunoia ne serait pas la courtisane expiatrice, l'hostie couverte de toutes les macules, le pain imbibé du vin de nos hontes, l'offrande agréable, le sacrifice méritoire, l'holocauste dont la fumée monte vers Dieu. S'ils n'étaient point volontaire ses péchés n'auraient point de vertu.

GÀLLICRATl

Mais ne sait-on point, Zénothémis, dans quel pays, sous quel nom, en quelle forme adorable vit aujourd'hui cette Hélène toujours renaissante ?

ZÉNOTHÉMIS

Il faut 6tre très sage pour découvrir un tel secret. Et la sagesse, Gallicrate, n'est pas donnée auz poètes, qui vivent dans le monde grossier deà formes et s'amusent, comme les enfants, avec des sons et de vaines images.

CXLhlQKATZ

Grains d'offenser les dieux, impie Zénothémis ; les poètes leur sont chers. Les premières lois furent dictées en vers par les immortels eux-mêmes, et les oracles des dieux sont des poèmes. Les hymnes ont pour les oreilles célestes d^agréables sous.

Qui ne sait que les poètes sont des devins et que rien ne leur est caché? Étant poète moi-même et ceint du laurier d'Apollon, je révélerai à tous la dernière incarnation d'Ëunoia. L'étemelle Hélène est près de vous: «lie nous regarde et nous la regardons. Voyez cette femme accoudée auxcous-

/ sins de son lit, si belle et toute songeuse, et dont les yeux ont des larmes, les lèvres

. des baisers. C'est elle! Charmante comme aux jours de Priam et de l'Asie en fleur, Eunoia se nomme aujourd'hui Thaïs.

PHILieiJKÂ

Que di&-tu, Gallicrate ? Notre chère Thaïs

LE PAPTRU8 S03

aurait connu Paris, Ménélas et les Achéens aux belles cnémides qui combattaient devant Ilion I Était-il grand, Thaïs, le cheval de Troie?

r ARISTOBULK

J, Qui parle d'un chev^?

— J'ai bu comme un Thraoe I l'écria Chéréa».

Et il roula sous la table.

Gallicrate, élevant sa coupe :

— Si nous buvons en désespéré», nous mourrons sans vengeance I

Le vieux CSotta dormait et sa tète chauve se balançait lentement sur ses larges épaules.

Depuis quelque temps, Dorion semblait fort agité dans son manteau philosophique.

Il s'approcha en chancelant du lit de Thaïs :

— Thaïa, je i'aime, bien qu'il soit indigne de moi d'aimer une femiîne.

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Pourquoi ne m'aimais-tu pas tout à l'heure î

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