‹ Thadéus le réssuscitéChapitre 4 sur 17 · BOISTE · texte numérisé non relu

BOISTE

Quand l'hôtesse sut que la pauvre lady Butler ne savait plus à qui confier son trésor , elle vint dans sa chambre le soir. Les malles étaient toutes faites ; la veuve du capitaine devait partir à quatre heures du matin. L'hôtesse s'assit. Elle offrit une prise de tabac à lady Butler, et lui dit d'un ton pénétré : — Chère madame , vous n'avez donc pas songé à moi?....

RiCHABDSON. Anna Grei^ille.

CHAFZTRB VI.

Dans ce temps-là^ les journaux ne parlaient que des projets sinistres des puissances étrangères à l'égard de la France. Honteuses des victoires de la République^ alarmées de voir surgir et se développer dans leur propre sein les élémens révolutionnaires sous lesquels un trône avait déjà disparu en ébranlant de sa chute tous les

autres trônes ^ l'Angleterre, rAutriche, laRu^ sie, allaient j encore une fois de concert avec la Prusse, reconstituer cette terrible coalition, hydre sans cesse renaissante, que le bras de Napoléon devait se lasser à combattre.

Le Directoire avait été informé que de nombreux espions, envoyés principalement par la Prusse, étaient parvenus à s'introduire en France et même à Paris, en dépit des mesures de vigilance rigoureusement établies aux frontières. La police mit ses agens en campagne : six espions furent bientôt saisis. Encouragée par ce premier succès , l'administration redoubla de surveillance ; et les perquisitions , les visites domiciliaires, poussées comme toujours jusqu'à l'absurde, se succédèrent sans interruption pendant plusieurs mois.

Le bruit de ces recherches vint troubler la tranquillité dont jouissait Thadéus depuis la conquête de son enfant. A deux pas de la maison oii logeait le menuisier, un soi-disant Alsacien, prétendu invalide de l'armée de Sambre-et-Meuse, venait d'être arrêté. Il avait avoué le mensonge de son nom aux juges chargés de l'interroger. C'était un Prussien, natif

de SpandaW;, d'une famille noble, que notre héros avait très-bien connue jadis. D'après ses déclarations, on résolut de fouiller avec un soin tout particulier le quartier de la Butte-des- Moulins, pensant que peut-être ceux de sa bande s'y tenaient cachés. Il fut en conséquence ordonné publiquement à tous les propriétaires des maisons dépendantes de ce quartier, d'apporter, dans les vingt-quatre heures , àl'Hôtelde-Yille, l'état nominatif de leurs locataires: et cela sous des peines excessivement graves.

Ce fut à qui se conformerait le plus vite à cet ordre.

Thadéus vit le danger. Il allait être arrêté aussi, lui, comme étranger, suspect et sans papiers. Pour se justifier, il lui faudrait raconter son histoire avant et depuis l'événement de septembre ^795. L'avis de cette découverte serait donné au gouvernement prussien. Qui savait si l'on ne s'en servirait pas comme d'un moyen bon à détourner le roi de Prusse de ses desseins à l'égard de la France , ou si l'on ne penserait pas à donner sa tête en échange de celle de quelque espion? Simon, yiterrogé, menacé , raconterait, sans doute, tout ce qui

s'était passe entre son homme de journée et lui. La comtesse , remise ainsi sur les traces de leur enfant, s'en ressaisirait, pour ne plus le laisser échapper, pour le sacrifier peut-êti^e aux jalouses exigences de son amant !

Qu'il se tût ou qu'il parlât , c'était la même chose pour lui. Sa perte était infaillible. Quelle situation!

Il fallait fuir. Mais comment? Où aller? où vivre? où se cacher aux invisibles poursuites de la police? Combien de soupçons sa fuite n'éveillerait-elle pas !... Confier tout à Simon? Cet homme avait la tête faible; il était époux, il

était père aussi Un secret si dangereux lui

pèserait l'effroi le lui arracherait de l'âme

quelque jour. Et d'ailleurs, pourquoi compromettre trois personnes au lieu d'une?

Retourner à cette femme ? implorer sa générosité? employer sa haute influence? Oui

cela serait bon peut-être Mais l'idée seule

l'en faisait frémir ; il sentait venir un rouge de

feu sur son visage en y songeant

Ils étaient tous trois dans la boutique , lorsque le crieur public vint, au son du tambour, donner lecture de l'ordre dont nous avons

parle. Le menuisier et sa femme ouvrirent la porte pour mieux entendre. Ce fut heureux pour Thadéus , car ils ne le virent point trembler de tous 8es membres 5 ils ne virent point ses traits se décomposer à cette fatale audition. Chaque parole du crieur retentissait comme un coup de marteau dans la tête de Finfortuné. Il lui semblait que le jour de son exécution était revenu, et qu'un autre greffier, là, debout, lui lisait , avec sa voix funèbre , un autre arrêt

de mort Il lui semblait voir le bourreau à

ses côtés.... Cette fois, le bourreau avait une figure de femme; il ressemblait à Clarence...» et ce n'était pas lui, la victime; .... c'était sa fille! Pauvre père !

Il tenait son front baissé , dévorant péniblement de grosses larmes. Le crieur avait fini. Madeleine et son mari rentrèrent.

— Eh bien! dit Simon, avez-vous entendu ce qu'il a chanté ?

— Oui, répondit-il d'une voix qu'il cherchait à rendre indifférente.

— Tiens ! comme vous êtes changé ! s'écria Madeleine. Est-ce que vous avez mal quelque part.*^

— Je ne suis pas bien;, c'est vrai.... cela m'a pris tout d'un coup.

— Vous n'êtes pas raisonnable, aussi! continua la bonne femme. Il n'y a pas de bon sens à vous éreinter comme vous le faites.

— Certainement, observa Simon. Je lui dis tous les jours , mais il ne m'écoute pas. Oh! celui-là ne vole pas sa journée, on peut le dire...» Ces gredins de Prussiens! A-t-on jamais vu !... Scélérats, va!... Je voudrais bien en tenir un ! Voleurs de Prussiens , va !

— Vraiment! dit avec amertume l'homme de journée.

— Il n'y a pas de doute , répliqua le menuisier en s'animant. Est-ce que ce n'est pas une indignité , qu'ils viennent nous espionner chez nous?.... Ah! mais, le gouvernement connaît son affaire. Il va les enfumer comme des renards. Faudra bien qu'ils se montrent, à la fin; pour qu'on les pende comme des scélérats de voleurs qu'ils sont. Oh! que je voudrais savoir où il y en a un de caché !

— Tais-toi donc , dit Madeleine ; tu ne le dénoncerais pas.

— Je ne le dénoncerais pas ! s'écria Simon

en colère. Tu verrais comme je me gênerais. . . .

— Je te dis que non. ... Il n'y a que les mouchards qui dénoncent. Il ne faut pas faire la besogne des autres.

— Bon ! . . . . dit-il étonne , en s'adressant à Thadéus ; est-ce qu'on a besoin d'être un mouchard pour dénoncer un Prussien .^

— Mais^ je crois qu'oui^ répondit l'homme de peine y en s'efforçant de sourire ; un Prussien est un homme.

— Un homme.... un homme Pas sûr.

Enfin, je n'en connais pas; mais si j'en connaissais, je ne répondrais pas.... A propos, notre propriétaire n'est pas ici : il va se trouver en contravention. Hier, sa bonne m'a dit qu'il était à la campagne. Ce pauvre cher homme ! J'ai envie de faire le recensement pour lui, moi. Ça ne sera pas difficile. U n'y a qu'à monter chez les locataires.

— De quoi te mêles-tu? dit vivement sa femme; est-ce que ces choses-là nous regardent? Laisse donc les propriétaires s'arranger comme ils l'entendront. Le nôtre n'est-il pas déjà si complaisant? Mets-toi en quatre pour lui ! et puis , quand il sera revenu , il nous dira

que nous avons eu tort. ... Va donc à ton ouvrage^ cela vaudra mieux On est encore

venu ce matin de chez la danseuse , pour cette fausse armoire. Il faut pourtant que tu y ailles.

— C'est vrai. De la fameuse ouvrage , qui sera bien payée ! Quelle heure qu'il est?

— Midi.

— Je m'en vas.

— Irai-je avec vous? dit Thadëus, qui semblait sortir d'une profonde rêverie,

— NoU;, ma foi! Reposez-vous. Gardez la boutique. Ce soir^ après la journée^ si vous voulez, nous irons chez la nourrice; ça vous distraira.

— C'est cela, dit Madeleine. Allons, vite! va, et reviens de bonne heure.

Quand le menuisier fut parti , Madeleine , s'approchant de Thadéus , lui prit la main et l'attira dans l'arrière-boutique.

Ils s'assirent tous deux l'un en face de l'autre : lui , se contraignant au point de se faire une mine presque riante; étrange mine, en vérité! elle, le regardant fixement, comme si elle eût cherché à lire dans son âme.

Quelques minutes se passèrent ainsi.

Las de ce muet interrogatoire , il se levait pour retourner à rétabli.... elle l'arrêta par le bras.

— Vous avez de la peine ^ lui dit-elle avec Taccent de la plus sincère compassion. Ce que l'on vient de crier tout-à-l'heure vous a fait du mal, n'est-ce pas?

Il la regarda avec épouvante, sans lui répondre. Elle l'avait vu tressaillir, et continua:

— N'ayez pas peur de me dire ce que vous avez sur la conscience. Allez ! ce n'est pas Madeleine qui vous trahira.

— Me trahir? dit -il avec une surprise affectée Pourquoi? Comment? Que voulezvous que cet ordre me fasse ? Je n'ai rien de commun avec les. . . misérables, dont il s'agit. . . .

— Ecoutez, reprit Madeleine. Ces choses-là, c'est bon à dire à ce pauvre Simon, qui n'y voit pas plus loin que son nez ; mais avec moi , il faut jouer un autre jeu.

— Que voulez- vous dire , madame Simon ? Je ne vous comprends pas.

— Oh que si ! vous me comprenez. Vous n'êtes pas Français , vous vous cachez , et vous

avez peur qu'en cherchant ce^ espions étrangers, on vous mette la main dessus.

Pourriez-vous croire?.

— Oh ! je ne crois pas que vous soyez un espion ; vous êtes un trop brave homme^ et surtout un trop bon père pour cela. Mais^ dame! vous pouvez avoir eu du désagrément dans votre pays... ça se voit tous les jours, ces choses-là —

Un douloureux soupir s'échappa du sein de l'ouvrier ; il murmura quelques mots inintelligibles.

— Il n'y a pas long-temps , continua Madeleine, que j'ai ces idées-là sur vous. D'abord, j'avais cru que vous étiez un émigré non compris dans le rappel. Je n'en ai jamais parlé à mon mari, parce qu'avec ses opinions, voyezvous , ça aurait pu le contrarier. Mais après , je me suis ravisée. Je me suis dit : un émigré aurait-il le courage de gagner sa vie à la sueur de son front comme lui? Ce n'est pas possible. Alors je me creusais la tête pour deviner ce que vous pouviez être, quand tout à l'heure, en vous voyant tout bouleversé, la pensée m'est venue de ce que je viens de vous dire.

Est-ce que j'ai eu tort? hein? Voyons; débondez votre cœur^ ça vous fera du bien. Qui sait! je pourrai peut-être vous rendre service — les petits sont quelquefois plus utiles que les

grands

Elle avait dit cela avec un profond attendrissement. Thadëus en fut ému. L'envie lui vint de tout racontera Madeleine... il n'osa pas.

— Que me demandez-vous? dit-il enfin; mes secrets ne sont pas bons à confier. Mon histoire vous ferait peur. . . elle me fait peur à moimême! Jugez! Et pourtant je n'ai rien à me reprocher... Vraiment ! Ce que j'ai fait, je le ferais encore... Au reste, vous avez raison. Je ne suis ni un espion, ni un émigré... mais c'est égal. Je ne peux plus rester avec vous... il faut que je parte. Ni vous, ni votre mari, ni

moi, ne serions en sûreté maintenant ma

présence vous porterait malheur, mes bons amis. Demain je m'en irai

— Où irez- vous? dit la pauvre femme les larmes aux yeux.

— Je ne sais pas... J'irai oii je pourrai... oii l'on voudra de moi... Car il faut que je vive...

Si j'étais seul ^ mon voyage ne serait pas long, voyez -vous! J'aurais bientôt trouvé un sûr asile... La Seine n'est pas loin.

Il riait en disant cela, d'un rire qui glaça les sens de Madeleine.

— Ah l mon Dieu ! s'écria-t-elle , vous êtes donc bien malheureux !

— Oh oui! bien malheureux... vous Pavez dit

Et, se tordant les bras sur sa poitrine haletante , il regarda l'être qui compatissait si vivement à ses douleurs inconnues ; et tout ce qu'il avait souffert, tout ce qu'il souffrait, tout ce qu'il devait souffrir encore, se résuma dans son regard.

Madeleine comprit qu'il ne fallait pas l'interroger. Admirable délicatesse de femme! Un homme eut insisté; il eût voulu consoler Thadéus à toute force. Ils ne savent pas, les hommes, qu'il est des plaies que la consolation irrite, qu'il n'en est point qu'elle puisse guérir. Consolation mot absurde !

Il y eut donc un moment de silence.

Cette fois , ce fut Thadéus qui le rompit.

— Si je ne puis pas emmener ma fille avec

moiç, dit-il, vous la garderez, n'est-ce pas, madame Simon ? Vous aurez soin de la pauvre orpheline ?

— Je le crois bien ! répliqua Madeleine avec chaleur. Orpheline! vous dites? Oh non î elle aura père et mère, la jolie petite fille! et un

frère aussi Ils s'aiment déjà tout plein, ces

pauvres anges î Oh ! je m'ôterais le pain de la bouche pour eux, voyez-vous! Et Simon tout de même. Ça, c'est une justice à lui rendre. N'ayez pas d'inquiétude , votre enfant sera comme le nôtre, bien nourri, bien soigné, bien choyé Mais ne pleurez donc pas comme ca î vous me fendez le cœur

U lui prit les mains et les baisa. Puis s'essuyant les yeux :

— Allons^ dit-il, du courage! L'homme de peine va faire sa dernière journée chez le menuisier Simon. Demain, à la pointe du jour, il ira où la grâce de Dieu voudra qu'il aille. Voilà encore la place vacante , madame Simon , ajouta-t-il d'un air presque gai; encore du souci pour vous. De temps en temps, vous penserez à votre fidèle ouvrier, n'est-ce pas?

Vous aurez peut-être un regret pour sa mé-

moire?.

— Toute la vie, nous penserons à vous^, digne homme que vous êtes ! Et vous^ n'avez-vous pas eu quelquefois à vous plaindre ;, dites? avons-nous toujours ëte comme il faut? Dame ^ nous ne sommes que des ouvriers ; . . . . et quand l'ouvrage ne va pas^ on a ses mauvaises humeurs aussi ^ ses inquiétudes^ ses chagrins. Pardonnez-nous^ je vous en prie; le cœur a toujours été bon^ n'est-ce pas? mais c'est la tête. ... Ce pauvre homme ! il a toujours peur que sa femme ou son enfant manquent de quelque chose. . . . S'il vous a mal parlé dans sa vie^ s'il lui est arrivé d'oublier ce qu'il y a sous votre veste et votre tablier , il ne faut pas lui en vouloir , car il vous aime comme un frère; il vous respecte comme son défunt père. . . . Quel malheur ! vous allez partir et pour ne pas être heureux encore ! Oh ! mais — vous reviendrez^ n'est-ce pas?.... Nous vous re verrons? Vous nous écrirez? Si vous avez

besoin d'argent, vous nous en demanderez?. .. Je veux que vous me promettiez tout cela , d'abord.

Elle pleurait à chaudes larmes, Texcellente femme! Elle sanglotait, que c'était une pitié. Thadéus, le cœur brisé , se sauva dans la boutique.

— Etre aimé ainsi s'écriait -il dans son

désespoir , et s'en aller ! Oh ! malheur ! malheur sur moi î

Il eut la force de se remettre à l'ouvrage ; et tout en travaillant , il repassa dans sa mémoire le passé , le présent ; il interrogea l'avenir : et partout il vit douleur, misère, opprobre. Qu'il souffrait !

A six heures, le menuisier revint. Il avait fini l'ouvrage de la danseuse. On l'avait généreusement payé. La joie respirait dans tous ses traits. Thadéus et Madeleine, ainsi qu'ils en étaient convenus, firent bonne contenance, et ne parlèrent point du projet de départ. Au bout d'une demi-heure, les deux amis se mirent en route pour aller voir leurs enfans. Madeleine resta pour faire à souper, comme avait dit Simon , sans penser que ce dût être le repas d'adieu.

La journée avait été excessivement chaude. De gros nuages montant à l'horizon allourdissaient l'atmosphère. L'odeur de fer rougi qui

imprégnait l'air^ annonçait un prochain orage, et, sans le continuel tumulte des rues, indescriptible tapage de capitale, qui confond tous les bruits dans le sien , on eût sans doute entendu le tonnerre gronder au loin.

— Vous aurez de Teau, dit Madeleine en les voyant s'en aller.

-—Tant mieux ! ça nous rafraîchira, répondit gaîment le menuisier.

En effet , comme ils allaient atteindre l'entrée du faubourg du Temple, la pluie commença, large, tiède, bruyante, illuminée d'éclairs, coupée de coups de foudre.

Ils se jetèrent sous une porte cochère, et bientôt le ruisseau, s'élargissant, vint leur battre les pieds.

Deux heures se passèrent ainsi; deux heures d'un orage épouvantable. Les chevaux avaient de l'eau jusqu'aux genoux, les voitures jusqu'au moyeu des roues ; c'eût été folie que de vouloir continuer à marcher au milieu de cette submersion.

Ils attendirent.

Quand la pluie cessa, il faisait nuit. — Ils se-

ront couchés , dit Simon. Rentrons... Est-ce embêtant !

Le lendemain^ à la pointe du joui*;, Thadéus partit pour Belleville , se l'éservant d'annoncer à Simon sa résolution quand il reviendrait déjeuner.

Il embrassa la petite Mathilde, il lui dit adieu ; il la baigna de s^s pleurs de père; il coupa une mèche de s^s> jolis cheveux blonds qu'il mit sur son cœur; il conjura la nourrice d'avoir bien soin d'elle.

En revenant^ il vit une grande foule dans la ruC;, et la boutique de Simon pleine de gendarmes. Saisi de terreur, il pensa qu'il était découvert^ que ces gendarmes étaient là pour l'arrêter; il se mêla aux curieux, baissant la tête , se cachant la figure de son mouchoir, et s'esquiva tout tremblant à travers la foule.

Il marcha long-temps de rue en rue, sans savoir où il était, regardant à terre, heurtant à droite et à gauche ceux qui passaient. Un homme le prit par le bras pour l'empêcher d'être moulu sous une roue de charrette : il tressaillit comme un voleur qui se sauve; et regardant l'homme avec des yeux hébétés, il

se laissa déranger sans rien dire^, sans remercier ni du geste, ni de l'œil. Ceux qui le virent ainsi, crurent qu'il était fou. Le fait est qu'il n'avait plus la tête à lui.

Certainement, messieurs, voilà de belles conquêtes, qui méritent qu'on les publie et qu'on s'en fasse gloire ! Vous me les avez dites pour savoir les miennes, n'est-ce pas?

11 est bien tard, ce soir Revenez demain

matin car il me faudra peut-être plus

d'un jour.... J'ai beaucoup d'histoires, et de longues. Songez donc! je suis marchand de cachemires , moi !

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