IS
Pour ce soir, sois joyeux. — Laissons s*épanouir les heures bienheureuses, — et ne demandons rien, plus rien à cette nuit — qu'un peu de folle ivresse et de divin oubli. — Demain... je ne serai pour toi plus rien qu'un nom... —
Quelques philosophes, parmi lesquels se tronve Athanaël, sortent de la salle tout en discutant gravement et se dirigent lentement vers la terrasse où ils s'arrêtent. — Athanaël s'est dèuché du groupe; il demeure immobile dans QBC attitude livère, en regardant Thaïs.
thaïs, àNicias.
Quel est cet étranger dont le regard farouche — s'attache ainsi sur moi? —
Je ne l'ai jamais vu paraître en nos festins... — d'où vient-il? quel est-il? —
N I C I A s , assez bas et négligemment.
Un philosophe à l'âme rude ! — un solitaire du désert I - (Avec ironie.) Il est ici pour toi; prends garde! —
TKAIS,
Qu*apporte-t-îl? L'amour?
NICIAS
Nulle faiblesse humaine — ne saurait amollir son cœur.— n veut te convertir à sa sainte doctrine. —
Qu*enseigne-t-îl?
ATHANAEL, l'tTaDçSBt.
Le mépris de la chair, — Famour de la douleur, — l'austère pénitence ! —
thaïs, après l'avoir regardé longuement.
Va; passe ton chemin! je ne crois qu'à l'amour — et nulle autre puissance — ne pourrait rien sur moi I —
ATHANAEL, qai l'a écoatée avec une sombre colère, ta Ters elle et dit
aT*c éclat :
Ah I ne blasphème pas I
A ces mots, les philosophes cessent lenr entretien et descendent vers Thaïs. Toui les invités, prévenus par les esclaves, ont quitté la salle du banquet, .et, peu k peu, se joignent, avec an sentiment d'étounement et de curiosité, à Thaïs et i Nicia«.
THAÏS, à AthanAël, avec une torte de cilinerie ironique.
Qui te fait si sévère — et pourquoi démens-tu la flamme de tes yeux ? — Quelle triste folie — te fait manquer à ton destin ? — Homme fait pour aimer, quelle erreur est la tienne I — Homme fait pour savoir, qui t'aveugle à ce point I — Tu n'as pas effleuré la coupe de la vie! — Tu n'as pas épelé l'amoureuse sagesse! — Assieds-toi près de nous, couronne-toi de roses, — rien n'est vrai que d'aimer, tends les bras à Vamour! —
NICIAS et LA FODLE.
Assieds-toi près de nous, couronne-toi de roses, — rien n'est vrii que d'aimer, tends *'es bra3 à l'amour! —
ÂTHANàEL, très ardemment
Non! je hais vos fausses ivresses 1 — Nonî ici, je me tais, mais j'irai, pécheresse, — j'irai dans ton palais te porter le salut — et je vaincrai l'Enfer en triomphant de toi! •—
thaïs, ricias, la foule.
Couronne-toi de roses ! — rien n'est vrai que d'aimer, tends les bras à l'amour ! —
ATHàNAEL est remonté aa fond et se dispose à s'éloigner ; il dit avec antorité i
J'irai dans ton palais te porter le salut I —
N ICI AS, LA FOULE, aTec proTOCâtion.
Ose venir, toi qui braves Vénus! —
thaïs, se dispo.<;ant à reprodaire la scène des amours d'Aphrodite (visioa do I*' acte) i Âthanaël, avec provocation.
Ose venir, toi qui braves Vénus ! !... —
Des esclaves s'apprêtent à déuchcr les vêtements de Thaïs. — AthanaSl a tcj «vec un geste d'horreur.