‹ ThaïsChapitre 9 sur 14 · MÉDITATION RELIGIEUSE. — SYMPHONIE · texte numérisé non relu

MÉDITATION RELIGIEUSE. — SYMPHONIE

DEUXIÈME TABLEAU

AT«nt le jOBr. — Sur une place, devant la maison de Thaïs. — Sous le portique, au premier plan, une petite statuette d'Éros; devant l'image, une lamps allumée. La lurie éclaire encore la place. — Au bas des degrés du portique dorî .\thana.ël, couché sur le pavé, — Au fond, à droite, une maison dans laquelle sont réunis Nicias et ses amis de plaisir ; les baies sont éclairées Oa entend vaguement une musique de tète.

Après un temps, la pone de la maison de Thaïs s'ouvre. Thaïs paraît ; elle prend la lampe, qu'elle élève au-dessus de sa tète pour voir sur la place. Elle descend ^iusi les degrés ; elle aperçoit Athanadl, repose la lampe où elle l'a prise : revient vers lui.

THAÏS, se penchant vers Athanaël, mystérieusement, à voix basse.

Père, Dieu m'a parlé par ta voix 1 me voici I —

ATHANAËL, s« levant, i Th^, mystérieusement et à voix basse.

Thaïs, Dieu t'attendait!

thaïs, toajooni voix basse, avec bomilité.

Ta parole est restée — en mon cœur comme un baume divin. — j'ai prié, j'ai pleuré... — il s'est fait es moo

âme une grande lumière. — Ayant vu le néant de toute volupté, — vers toi je viens, ainsi que tu l'as commandé. —

ATHÂKAEL.

Va, courage, ô ma sœuri — l'aube du repos se lèvel...

thaïs, honbUmott.

— Que faut-il faire?...

ATHANAEL.

— Non loin d'ici, vers l'occident, — il est un monastère oii des femmes élues — vivent pareilles à des anges — dans un parfait recueHlement : — pauvres, pour que Jésus les aime, — modestes, poui qu'il les regarde, — et chastes pour qu'il les épouse i — C'est là que je te conduirai. — A leur pieuse mère, Albine, — je te consacrerai! —

Albine, fille des Césars I

ATHANAEL, simplement.

Et la servante — la plus pure du Christ 1 — (Avec mystère.) Là, je t'enfermerai dans l'étroite cellule — jusqu'au

jour où Jésus te viendra délivrer I — (Avec u» enthousiaam*

grandissant.) V^a 1 n'en doute pas! Il viendra lui-même — et quel tressaillement dans la chair de ton âme — quand tu sentiras sur tes yeux — se poser ses doigts de lumière — afin d'en essuyer les pleurs l —

THAÏS) avoc )ote.

Ah mène-moi, mon père, à la maison d'AIbine !

A.TBAHABL.

— Oui. Mais , d'abord, anéantis — ce qui fut Timpuro Thaïs : — ton palais, tes richesses, — tout ce qui prodame ta honte 1 — Brûle tout 1 anéantis tout 1 —

THÀI8, ré8ignè«.

Père, qu'il en soit ainsi. — (£ii« se dirige yen u smûoh, poU

s'acrète atcc an sonrire devAat U pttite image d'Eros.) Je ne YeUX ricO

garder de mon passé, — rien que cela... (Prenant et apportant

diuu ses bras l'image qu'elle présente i Athanaël.) Cette image d'iYOÎre,

— cet enfant, d'un travail antique et merveilleux, — c'est Eros ! c'est l'amour I (Tendre et chaste.) Considère, d mon père, — que nous ne le pouvons traiter cruellement. — L'amour est une vertu rare, — j'ai péché, non par lui, mais plutôt contre lui. — Ah 1 je ne pleure pas de l'avoir eu pour maître, — mais d'avoir méconnu sa volonté I — Il défend qu'une femme — se donne à qui ne vient point en son nom ; — et c'est pour cette loi qu'il convient qu'on l'honore. — Prends-le, pour le placer dans quelque monastère, — et ceux qui le verront se tourneront vers Dieu, — car l'amour nous élève aux célestes

pensées — (Après nn temps.)

Quand Nicias m'aimait, il m'offrit cette image. —

ATHANAËL) avec ans explosion de colère.

Nicias î ah 1 maudis la source empoisonnée — d'où te vient ce présent ! qu'il soit anéanti. — (n a stisi i» «ttuette qnu

— Josette violemicent sar le pavé où elle se brise ; il en chasse les débris do pied.)

Et tout le reste à la flamme, à l'abîme ! — Viens, Thaïs — que tout ce qui fut toi retourne à la poussière, — à l'éternel oubli ! —

thaïs, la tSte baissée, tremblante.

Que tout retourne à la poussière — à Téternel oubli ! — Viens I

àTHANâBL.

Viens I —

Qoand Tkaîs et Atbanaël sont sortis, paraissent Nicias et tons les personnages du second tableau. — Ils descendent joyeusement, en tumulte, de la maison da foprlU "— Nicias les mène, très animé, comme un pea étourdi par l'ivresse

NICIAS et LE CHŒUR.

— Suivez-moi tous, amis 1 — La nuit n'est p^s finie I — Le jeu m'a rendu trente fois le prix — dont je payai la beauté de Thaïs ! — Donc, réjouissons-nous, encore, encore, encore !

— Evohé !

— Appelez les danseuses d'Asie, — les psylles et les baladins I — Faisons durer jusqu'à l'aurore — les danses,

les jeux et les cris I

— Evohé I

— Frappons aux portes des tavernes. — Allumons des flambeaux. — Faisons honte au soleil ! — Qu'on serve des vins à la neige ! — Qu'on jette là d'épais tapis I — A mes côtés, Crobyle, et toi, Myrtale !

^ — Evohé I

— Rien n*est vrai que la vie I

— Rien n'est sage que la folie I

— Evohé

On â, dans an grand monvement, exécaté les indications de Nicias. — H totn'Sâ paressensemect parmi les coossins apponés par les serritsao. — Âatoar de lai, Crobyle, Myrtale, les femmes, les histrions !

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