‹ Thalysie; ou, La nouvelle existenceChapitre 29 sur 39 · L'ESPAGNB ANCIENNE ET MODERNE · texte numérisé non relu

L'ESPAGNB ANCIENNE ET MODERNE

La même peinture pourrait convenir à l'J rie. Les anciens Ibères ne vivaient que de glands , au rapport de Pline; ce qui ne doit point étonner , puisque ce gknd , extrêmement doux , fruit d'une espèce particulière d'yeuse , «t encore préféré à la châtaigne et au pain, dans le même pays. On connaît les vertus des anciens habitans de l'Espagne ; là, comme ailleurs , elles ont disparu avec le r^ime, et dans mie proportion parfiadtement exacte.

Je dois observer que Strabon, que j'ai cité

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au sujet des Mjsîens , ne fait pas, sous ce rapport > le inêméëlog^ des Ibères^ et diffère , par conséquent, de Pline, qui cependant, par sa position, était plus à même d'en )uger. Il y a, an surplus, dans Strabon, un trait qui servimt à prouver ,'si Ton en doutait , la persistance et la ténacité du mal Le commerce de la partie salée d'un malheureux quadrupède dont le nom se Ke à celui de la ville de Bajonne, avait exactement la m.âme réputation du temps de Strabon, chez les Gmtabres, qui dans ce cas ne feraient point partie des S>ères de Pline. Ces derniers pourraient4ls être représentés par les Espagnols actuels ? Oui , par quelque^una, répondrai-je, avec une certaine satisfaction. Les habitans de rAlpujarra, hautes montagnes qui occupent toute la partie maritime du royaume de Grenade jusquWx frontières de TAndalousie, ne vivent absolument que de l^umes et de fruits, les plus savoureux de la terre, et présentent une association digne d'aivie. Cest à eux que oonviendrait le tableau que Fénélon a tracé de la Bétique, dont ils occupent une partie. Sans dôate que, sUs n'avaient point été maures. d'origine , leur conduite aurait servi d'exemple & toute l'Espagne, témoin de leur bonheur ! En France , la classe la plus nombreuse , eelle qui

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noun^it toutes les autres ^ ne vit généralemeut que de pain, de polenta^ ou de châtaignes^ selon les divers climats où elle se trouve placée. Cest la plus forte, la plus saine , la plus belle ei la plus intdligente; c'est elle aussi qui fait retentir les airs de ses cris de joi& La g^té des Français me rappelle celle des Norwégiens, dont j'ai parlé plus haut , et qui pourrait lui être comparée ; ce qui a lieu d'étonner sous un clidiat si nébuleux. Tous les peuples que je viens de citer l'ont aussi cette gaité , quoique 4 des degrés différens. Ces peuples j séparés les uns des autres,, et sans communications di* rectes , doivent puiser à une source commune , indépendante des lieux et des temps. Or , cette source n'est point la pauvreté, comme voudrait le fiadre entendre la charmante fable du Financier et du Sauetier, à moins qu^on ne la considère oomilie la mère de cette sobriété, qui est pt'écisément ce qui fait la joie de ces peuples , auxquels d'ailleurs la philosophie n'est nullement redevable; car s'ils doivent tout à œ régime , c'est assurément sans qu'ils s'en doutent : mais les résultats nous occupent dans ce motnent plus que les intentions. Considérons , d'un autre côté, ceux qui , s^on l'expression vulgaire, vivent dans l'abondance de tous les biens ; ce

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sont eux qui devraient être pleins de joie, qui denaient remerder la proyidence et la bénir pour cette saturation ;... ils sont mornes y soucieux y taciturnes , mécontens de tout La vie est pour eux un fardeau ; elle leur pèse comme le aîme dont elle est faite.

kjpats avoir parlé des peuples , il me restera à dire un mot en particulier des. individus qui , dans tous les pays y se sont élevés à ces^ pratiques, soit par amour de lliumanité, soit par une manière de voii: résultat d'une haute intelligence ; et je ferai ici cette remarque importante y qu'il est impossible qu'un homme qui a satisfidt à toutes les conditions de son existence, n'arrive point à ce qui était le but de tous ; et je dois regarder , et je regarde, en effet, comme plus ou moins impar&ites , les destinées de ceux qui, n'ont point eu ce complément; il aura manqué à leurs vertus le d^é de maturité nécessaire, et on peut alors les rejeter, elles sont douteuses; ou bien celui qui les pratiquait n'a pas assez vécu.

Jd existe dans le conunun des hommes un si fort degré d'ignorance, que presque tous regarderont comme une nouveauté ce que je leur expose dans ce livre. Us s'étonneront brsque je leur ferai voir qu'ils seraient au

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niveao ^ et peut-être mi-dessous des bêtes qu'ils ^goi^ent , sans ces êtres éminens qui ont formé les régies et les lois qui les r^issent^ et i|cd OBt tire toute leur sagesse des herbes. Ce s^ra la 'matière du quatrième discours. Nous terminerons celui-ci par dire quelques mots sur la Grèce ancienne^ comme pour amener uue liaison nécessaire avec ce que je viens d'annoncer.

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