‹ Thalysie; ou, La nouvelle existenceChapitre 36 sur 39 · S30 H0TE · texte numérisé non relu

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visités dans leur solitude ont été singulièrement frappés de la fraîcheur et de la sérénité de leur visage, de l'air de satisGsiction qui les environne, et surtout de Tagrément de leur physionomie, dont ils conviennent que le monde ne leur a présenté rien de semblable; et à propos de ce dernier trait, rappdons-en m^ autre qui fera ressortir tout ce que la figure humaine est capable d'exprimer de grand, de noble et de pur. Un solitaire de la Thébaîde, que Ton allait consulter de très-loin, remarqua un jeune homme qui accompagnait souvent les visiteurs, et gardait toujours un profond silence. Et vous, lui dit un jour le solitaire, avec bonté , n*avez-vous aucune question à m*adresser? Non, mon père, répondit le jeune homme; il me suffit de vous voir.

Un cénobite^ qui semble avoir servi d'exemple aux fondateurs d'ordres religieux, le célèbre Cassiodore, qui avait enteûdu craquer l'empire romain , et qui, après avoir été ministre de quatre rois barbares, s'était retiré, avec d'autres cénobites, dans une solitude dç la Calabre, où Ton suivait, à peu de chose pr^s, le même régime qu'a la Trappe, mourut &gé de près d'un siècle.

Noie Z, page kiH. — C'est à peu près le nombre fixé par l'abbc Fleury; d'après les auteurs originaux, il serait beaucoup plus considérable. Je sais qu'on Ta trouvé néanmoins exagéré; mais si l'on songe que les grottes seules de la Thébaide, toutes habitées, occupaient un espace de plus de vingt lieues, ainsi que le

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remarque Savary dans ses Letires sur f Egypte , ce nombre cessera de paraître extraordinaire.

« De leurs cellnles, dit ce voyageur, les anacfao^ > rëtes découvraient le Nil, les ombrages, les mois-

* sons, et cette foule de bateaux qui y naviguaient

* jour et nuit. Ce qui doit surprendre, c'est qu*ils » aient eu le courage de demeurer toute leur vie » oisifs , au milieu du mouvement perpétuel dont ils » avaient sans cesse le spectacle sous les yeux * .

Savary a présenté ici, sans y songer, le plus beau des contrastes. Son étonnement seul a droit de surprendre. Le'^peuple d'Egypte, dans son mouvement, offrait l'image du temps mobile^ ei les anachorètes^ dans leur repos, présentaient l'image de Fimmobile éiemM. Il est faux d'ailleurs que ces solitaires fussent oisifs, ainsi qu'on le verra plus,4)as.

NoU &, page &20. -^ Je pense qu'on ne sera pas fôché de trouver ici cette admirable peinture d un autre ermite centenaire des déserts de Syrie, où l'on sait que les austérités n'étaient pas moins grandes; elle est de saint Jérdme, dans«a dixième épttre : « Eeee Jam eentenus mtatis circuluê^volvitur, et tu êemper Datnini prœeepia custodiens futurœ beaiiiudinem vitœ per prœsenlia exempta medi^ taHs, Oculi para lamine vigent; pedee imprifnunt certa vestigia, auditus penetrabilie/ dentés eafididi, vox canoru, corpus solidum etsueciple^

num futurœ nohis resurrectionis viromm in

te nobis Dominus ostendit » .

Quel moDUBieoi élevé à la booté des herbes '. tes, jamais plas beau spectacle n'a été offert regards conime à la méditation des hommes.

D y a quelques années que je fis rencontre, dans, lés montagnes fraîches, boisées et pittoresques qui s^>areot la partie maritime de Tanden Langnedoc de l'autre, d'une espèce d'ermite, auquel je ne rais comparer, pour la satisfoction intérieure, des hommes que j'ai connus. Voici l'origine de sa vie solitaire : il avait pour unique propriété une verrerie, à laquelle le' feu prit, et, en la perdant, 0 pordit tout ce qu*il possédait au monde ^ mais sa perte lui parut surtofit énorme, lorsqu'il rit qu'il serait contraint, par la force des choses, de quitter les lieux où il exerçait son industrie, et qu'il aimait beaucoup plus qu'il ne l'aurait cm. Il était, à cet égard, dans une grande perplexité , lorsque, tout en rêvant au parti qu'il avait à prendre , ayamt pro* longé sa course, il se trouva en frce d'ime espèce de fort naturel , où il pénétra avec peine , et où il aperçut , à sa grande satisfaction, de riches bases de mousserons, que des halliers avaient protégés contre les vents et contre les béles; il les cueillit , et proBta de la première occasion pour les faire vendre à la ville voisine. Cette industrie, qu'il étendit, remplaça la première, et si die fut moins productive, elle eut du moins sur elle l'avantage d'être exercée sans travail et sans risques ; elle lui fournissait tout au moins le nécessaire, qui était uoe

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liTre de pain par jour, qa'il mangeait en un seul repas^ Jamais homme , jusqu'à lui, n*avait vu le «oleil et respiré le parfum des bois à meilleur mardié. Du reste, ce solitaire n'ayait ni chambrei ni lit, ni armoire ; il dormait sur deux chaises, et portait tout avec lui, à Texception de ses chemiseSi qu'il hiissait à de bonnes femmes, dans les fermes, ponr les blanchir, et comme pour. entretenir quel* qaes liaisons avec les hommes, par on échange de services; car il n'étmt point en reste. Ce solitaire, d'un très-bon naturel , d'un eicellent jugement, et d'une oonversation que ses observations , au milieu d'une nature agreste , rendaient agréable et même instructive, était partout reçu comme la bonne fortune.' Il s'éteignit fort doucement. On ne connaissait point son âge ; les anciens du pays l'avaient toujours vu le même. On peut conjecturer qu'il n'avait guère moins de cent vingt ans lorsqu'il est m<Mrt.

*Les journaux viennent de faire mention (1838) d'nne fille de Saint-Béat, petite ville située an pied des Pyrénées, qm a dépassé cet âge. Elle ne vivait que du lait d'une chèvre, son unique compagne; toute sa fortune se bornait à 60 fr. de rente viagère.

Après ces exemples d'une si grande simplicité , oserai^e en citer un d'un autre genre ? parierai^je d'une apparition extraordinaire du siècle dernier, de celle du fiuneux comte de Saint-Germain ? Il faudra bien retrancher quelque chose des trois mille ans qu'il se donnait , voulant exprimer ,

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sansdoute, par cette étrange assertion, qnelepasséliii était si familier , qa il faisait une partie intime de sod existence, maisqoi fut priseau pied de la lettre par les hommes crédules de la coor de Louis XV , ffui étaient, ainsi que le monarque , suspendus à sa bouche , et auxquels il faisait lire aussi Tavenir dans des carafies pleines d*eauNet dans des miroirs constellés; a?enir qu*il connaissait , comme Apollonius , gr&ce à la sagacité qu'il recevait de Tnsage des herbes . Ce mystérieux personnage , dont on ne connatt peut-^tre pas bien encore la qiialification qui devrait lui convenir , ne datait donc point de trots mille ans ; mais il est positif qu'il était extrêmement ftgé , quoiqu'il ne présaitàt aucune des apparences de la vieillesse. On attribuait cet heureux état à des philtres , à d^ compositî<His chimiques ; mais le cardinal de Bernis , qui était intimement lié avec lui , ne s'y méprit point , et il embrassa son régime.

NoU hj page 420. — Les mons^tères du mont Oreb et du mont Sinai sont remplis de surcentenaires, tandis que les pères et les mères de ces religieux, ainsi que lai population d^ contrées envifonnantes, atteignent tout s\u plus le terme assigné par Moise dans le psajune qu'on a joint à ceux de David, sous le n." 90 : DU^ annorum no$tro^ rum in ip$i$ êepiuaginta anni. Il fixe le terme de quatre-vingts ans comme Iç plus élevé, en remarquant même que l'intervalle qui le sépare de Taiiire n'est qu'une carrière de douleurs. Une observa,-:

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lion ({ni date de plus de trois mille ans, et dont la -vérité s'est continuée jusqu'à nos jours, mérite d*étre prise en considération. Le résultat moral de lacauçe qai a amené rafiEaiblissement et la brièveté de la vie se trouve ainsi exprimé au psaume 5) : Omnes deelinaveruni simul fe$luerunt. Non esi qui faciai bonum, non esi uêjue ad unum.

Noie êf page h^^. — Saint Benoit, dans ses défenses de manger de la viande, ne parle que de celle des quadrupèdes : Camium quadrupedum omninè ah omnibui ohHineatur. eomeêtio. Mais .led hom** mes savans et laborieux de son ordre se squt conformés à son esprit, plutôt qu'à sa lettre. Abailard • loi-méme, qui soutenaitlque l'abstinence abso(qe de viandes n'était point ordonnée par saint Benoit, fondé sur le passage que je viens de citer, ne vivait que d'herbes, ainsi que j'en ai déjà fait la remar- 'quCy qdoique ce fut aussi la seule nourriture dO/ saint Bernard,, et que noua n*aimions point à faire ce que font nos maîtres, et surtout nos rivaux : Herbis ayresiitus «I pane eihario vietitOj dit-il lui-même. Ainsi vécut la tendre Hélo!se, plus digne qu'Abailard de cette pieuse nourriture.

Il est bien remarquable que lorsque les modernes disciples de saint Benoît, qui se vouèrent à l'enseignement, eurent abandonné ce régime sous le plus frivole prétexte, ils perdirent tout de suite leur vertu, et même leur science; ils ne fiirent que les cor-* rupteurs de la jeunesse, qu'ils n'instruisirent points et

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si eUe était sorlie aïoiiift ignomite des iMiiiis delears prëdéeesseurs, eocope plus dépmëSy c'est qae ees damiers amient kiirs yws snffiiwiininMi ceaaMcs dn pvMie.

* Nai$ Ij page &23.-^OBsreaiftrqiié de gnms dëiuits dam les meiHews ouvrages, sans e& eiLocj^ ter même ie TéUmaptê,' mats il n'en a pas été trowé mi seol dans le pins beau de tons les livres de moraiey quoiqu'il slotioiie modestenmii ùnitaUêm. Saiat Bernard , que je viens de nenuner, nœvaft une telle loddtté de sa soupe aux feuilles, qull ne se fusait rien en Europe sans son avis; et, lorsqu'à ses ordres, elle se précipita tout endère sur l'Asie, si elle n'd)tint pas lous les suceès qu'elle espérait, oe fut parce que saint Bernard ne put se mettre i la tète de l'entreprise. Mais, pour revenir au so|fet de cette note, ses sermons, quoiqu'écrits, ainsi que le premier livre que j'ai nommé , dans des tonps * d'qpsorance et de mauvais goàt, où l'on est foreé, par conséquent, de tout tirer de soi-aiéine, ses sermons, dis-je, ont été mis par ph^ieurs au-^dessus de oe que les anoiens ont produit de plus accompli dans le genre qui leur correspond. En remontant plus haut, où y a-4-il eu une sagesse plus parfaite que celle de Pilpay, Lockman, Codîictas, ne vivant que d'berbes? ^onlère, qui dmrme le monde depuis troir miHe ans, n'avait pour se snbs-* tanter que la nourrtliure la plus commune , ipioiqne peut-'ètre la plus exqwse. On M donnait une poî-

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gnétt de fignes, oomme oa donoa chez nous un morceau de pain à un panvrei pour entendre le récit ou le chant de ses soblimes rapsodies.

Note %, page &2&. — Un guidci un premier modèle^ sur lequel ils fixent toute l'attention dont ils sont capables, peut rem{dacer aflpràs de quelques- Bns, c'est-Jhdire, d'un nombre infiniment petit, ce sens qui leur manque. Sans ce secours, leur iaielligence n'eAt jamais été éveillée; ils auraient partagé, à peu de chose près, le sommeil de la multitude. Ce iQoyen d'excitation augmente lorsque le modèle est contemporain. Ainsi Corneille a voulu surpasser Botrou, Racine a voulu égaler Corneille. Demanderat-on qui a formé leurs praaiiers modèles , Eschyle, Sophocle, Euripide? Je l'ai déjà dit, les herbes.

Naiê 9/ page 428. — Le collaborateur de Bufibn s'exprime ainsi , dans son introduction à l'Histoire naturelle, Sneyelopddie méthodique, tome 1, page 78, article Durée de la vie humaine,

« Avant d'assigner les causes les plus ordinaires » d*UAe longue vie , il est à prc^s d'examiner quel a » été le genre de vie et la position de ceux qui ont f joui de cet avantage ; car s'ils oât eu quelque chose » en commun que les autres n'aient point partagé avec 9 eux , il sera très<>probable que c'est par l'endroit

• où ils se sont ressemblés que l'on doit aussi les

• considérer, pour découvrir les causes qui ont pro- « longé leurs jours au-delà du terme ordinaire.

j^ En partant de ce principe, on trouve d'abord

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que la plupart de ceox qui ont vécu long-teaips ont été sobres/ et ont obsenré on régime eiaci. Leê longues viê$ êoni eammunu damé Us ardrss rsligiêu» que leur régis réduit à une nourriissre modMe et obUge de s'ahstenir de vin et de viat^ des. Ces bmenx anachoràles, on saint Antoine^ u saint Piaoly ermites, dont le premier est mort i cent cinq ans, et Taotre à cent trdze, n*ont point conna rasage da vin , et ont vécu des racines et des Traits saovages qae lear fonmiasait le désert oà ik s*ëtaient retirés. Le philosophe Xenophile, qui a véca cent six ans, était de la secte de Pythagore, etc. »

Or, comme ces réiexions de Danbenton yieanent à la suite de bits extraits en grande partie de VHistaire naturelle de Boffion, il est impossible de ne pas concevoir quelques doutes sur la' bonne foi de ce dernier; et je dois insister sur ce point, pour affûblir Tautorilé que donne à son opinion la sopâiorite de ses talens. Je remarquerai donc que c'est toujours avec le même projet arrêté de diminuer la moralité de notre espèce, tout en exag^ant la supéfiorité de ses moyen», que, dans son article de V Amour j il afl&rme qu'il n'y a que le physique qui en soit bon. Il paraît en avoir quelque honte , et, pour échapper à la censure publique, il se presse de se jeter dans les bras de Tamitié *• Mais pour-

* L'amitié! Était-ce bien à lui à la peindre? Dieu noos prcserye d'an semblable ami ! Gomment a-t-il traite le oââirQ

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quoi en avair de la honte? Cette dernière opinion décoalait si Batarellement de la première ! Au reste, le dessein -que je lai ai prêté n'était peatr^tre pas ici son seul ni son principal motif; il avait encore rintention, par un mnqne de tact inconcevable, de faire par là sa cour à Louis XY et à sa maîtresse. Après l'impression du volume, il courut en toute hâte à Versailles , pour y jouir des éloges et des re-

DQbamel>? Gelai-d loi eonfiç le plu4 intéressant d« ses mémoiT resy Buffon se Fapproprie, et ne se jastifie de ce manque de foi qu'en dbant qull prend le bon partout où il le trouve ; * et ce fut an même titre, sans doute, qull lui prit aussi sa place. Cette place d'intendant du jardin du Roi avait été promise à Duhamâ; Bafifon profita d'un voyage de ce dernier pour se la faire allouer. Gomment s'est-il conduit a l'égard d'un jeune érudit qui lui étaif bien supérieur, si le style iCest poftout , Fauteur des Recherches sur les Américains ? U comprit qull s'élèverait plus haut ; il tâcha de Farrêter dans sa course, en le couvrant de mépris.

On sait par quels UtiHemens indiscrets il déconcerta Fauteur de Paul et Firginie , à une première lecture de cet ouvrage faite chez M."» Necker , et comment il demanda bientôt après sa voiture pour ne point entendre de semblables niaiseries. n ne se doutait guère, alon t^ue ce petit livre irait plus loin dans la postérité que son gros l>agage.

Un phénomène inattendu , FéCoile M la science apparaît vers le nord; c'est Linnée: il en est bas^ment jaloux, il le rabaisse autant q^'il le pçut , il ne l'apelle qu'un nomendateur; mab en revanche il est aux pieds de Voltaire, dont il redoutait les sarcasmes ; il lui demande humblement pardoa d'avoir dit que les bancs d'huîtres n'avaient pas été formés par des pèlerins.

merolnieiis qa*il pensait loi être dos ; mais M.** de Pompadoar , biai au-dessus de lai dans œ miMBeai, De loi adressa que quelques mots pleins de népris. S'il e&t Técn da lemps de Loois Xm et de M.^* de Lafayette, oq ne peat douter qo'il n*eAt aperçs dans la femme ce qoe Yirgile avait renuirqné dans h ooionriM.

Je demanderai maintenant si les eontemporains, et souvent la postérité, ne sont point dupes, lorsqu'ils reçoivent une opinion d'après le nom de ton auteur, et sur son unique témoignage, on sur le témoignage faux et intéressé de son école, |^tdt que d*après sa valeur réelle. Que d'illustres écrivains du dix-huitième siècle ont outragé llmmsnité, uniquement pour plaire & Catherine II !

Noie 10, page &85. — M. Richerand va l>ien audelà dans son dernier volume. Voici ce qu'on lit à la page 105 : « La stupidM des animaux et leur

• fêrœUd sont d'autant plus marquées, que les pro- » portions des deux parties de la tète s'écartent

• davantage des proportions de la tète bunuune • . Il est donc évident, d'après ce fait, qui déciderait la quesUon s'il y avait du doute, que Tbomme est le plus loin qu'il soit possible de la catégorie des animaux de proie.

Complétons l'assertion de M. Richerand, par ce morceau, extrait du système de Gall : « Gall a observé que si Ton tirait derrière le trou auditif une ligne perpendiculaire à la base du cerveau, tout le

DD CINQUIÈME DISCOURS. S^l

cerreaa , moins deux organes, se trouve chez les herbivores placé en avant , tandis qaechez les carnivores il en reste une grande partie en arrière ; et ce qu'il y a de bien remarquable , c'est que dans les animaux qui ont un régime mixte, cette ligne partage la cervelle en deux parties à peu près égales. Le docteur Gall a été conduit , par cette observation, i ceUo-ci, savoir, que la prolubéranoe qui annonce . la cruauté était située dans la partie postérieure du er&ne ; ce qu'il a vérifié sur toutes les espèces des anmaux fiorocea et sur les hommes qui se distinguent par leur cruauté » . ( De Saignes , £r^ reurê et pr^fujfêSi)

Certes, M est imfwssîhie d'émeiire quelque cdose de plus explicite sur Timportance du régime.

Les successeurs du docteur Gall ont rendu son observation plus sensible , au moyen de la contre épreuve; Us ont expérimenté que les hommes à la fois ialeUigens et de moeurs douces étaient munis d'un large front, et avaient la partie postérieure de la tète déprimée.

Noie il*, paye &36. — Quelques naturalistes de nos jours ayant aperçu le côté faible des assertions de Bufibn, ont cru augmenter la difficulté en disant que rhomme était omnivore; et il serait difficile, en effet, de trouver «ne seule substance vivante qui ne fût entrée dans sa gueule immense ; mais le fait ne constitue pas le drrât. Le singe aussi, admis dans la société de Tbomine, mange de tout,, à son exem-

pie , et n'en est pas motos frogifore par sa namre. Je pourrais m'étayer d*aatres exemples, et j'ai dqà cité ceax du lapin , de la renne , deai Tacbes dlrlande et des ânes du golphe Persique , animaux qui sont tous bien incontestablement herbivores, et que Ton a cependant accoutmnés à ne vivre que de substances animales. En Amëriqney lliomme se nourrit avec délices de son semblable; est-ce à dire qœ l'anthropophagie lui soit naturelle? L'éloignemeot de rhômme pour la chair crue suffirait pour dédder la question. II a été trompé par la chair cuite, par la chair de& sacrifices.

Dans tous les cas, il est absurde de dire que l'homme est fait pour manger de tout, quand une partie de ce tout qu'il mange diminue et entrave son existence. Exceptons-la celte partie, si nous avons une ombre de raison.

Une absurdité plus grande encore, est de suf^poser que Tauteur de la nature a pu placer, je ne dirai pas seulement un être destructeur, mais le plus destructeur de tous les êtres, à la tète de la création. Certes, il y a évidemment^ des êtres destructeurs ; mais outre que Dieu ne les avait point créés tels, ainsi que je le prouverai plus tard, on voit qn*ils sont en nombre fort restreint.

Noté i S^ fage &S8. — Cette stupidité des Anglais est assez bien peinte dans ce peu de mot» du voyageur Forster : • Les dîneurs anglais s'as- » seyent froidement près d'une table, croisent les

bu CINQUIÈME DISCOURS. 543

» bras, et $*ennttient jusqa'aa moment oii l'on sert « le diner; alors ils comment, comme der gmes, vers • la salle i manger • . On voit qu'ils n'ont d'autre excitation que celle de la faim. Il à été cependant remarqué que les dîneurs d«nt il est ici question boivent do vin ; sans doute, mais sa pointe s'émousse aiqpràs de cette masse énorme de viande dont leur estomac est gorgé, d'où résulte un autre caractère tOQt^fidt particulier, à ce peuple, c'est ce détraquement de Fesprit, que les bommes indulgens des autres uatiMS qualifient, du nom plus doux d'originalité. Je suis convaincu qu'il est bien peu d'Anglais occupés d'abstractions,, et disant partie :de la nombreuse classe dont je. parle, qui aient la tète parbitement saiae, et en Voici la raison : les Anglais, par leur réfune, oui acquis tous les caractères de ranimalité, et sont devenus- la machine anitnale la plus par&ite \ mais toute madiine est susceptible de se déraogefr, et Veîhk est le même lorsqu'on l'applique à des uaaq;es pour lesquels elle n'est point {ladite; et de là les inharmonies op les aberrations dont je 'parie, plus répandues même que cette observation ne. donnera à le penser. La nièce de Pitt, étalant dans ce moment chez les Druses les singularités les plus bizarres, nous révèle ce que son oncle avait tenu long-temps caché , ce principe de folie contre lequel ce grand homme d'état luttait, sans qu'il y parût, et qui, comme chez le duc de Malboroughy dut céder enfin à raOgiblissement de la

partie solide de ses organes, qai jiisqae-4à aviii ■laioteiia l éqmliore .

Ajootoas qoelcpies mots qui ne seront point étrangers à la rsinarqne qne je Tiens de frire; csr toac se tient dans TorganisatioB hmasine.

Le père Lafaat, dans sa RtHation J^Afrifm, ebserre qne les crocodiles se jettent de préférance «r les Anglais , et il en donne la raison, qni est ipSy mangeant pins de viande qne les antres Wamsi, leor chair est pins animalisée, et pins du goàt« par consëqnent, de cet animal féroce, qni, oomnleonMi^ a la contnme de taire Tener sa nonrritnre* On pourrait ajonter qne les aaimami terrestres de la même espèce donneraient aussi la préiérenoe anx Anglais , quoique pour une autre raison, comme ajant d^ la pb3r8iooomie moins * de cette noblesse ogà mt Tapanage des frugivores, et au moyen de laquelle la terre leur a été réellement soumise.

Ces peintures des Anglais ne seront point, sans doute , les dernières. Ce peuple représentant à mes yeux le peuple tartare, c'est-è-dire, l'esprit du mal , j*y reviendrai toutes les fois que ToccasioB s'en pr6* sentera ; heureux si je pouvais par là4onner r<

^ Lady Staahope ae vit que dluftws. En anivaat, pwir a^y fixer, dans les vallées do Liban , cUe a pris, par sympathie, la manière de vivre des anciens prophètes de cette oontiée, anxqnds elle ne se croit point étrangère; mais le mal était fait , et tout ce qu'a pn le r^ime a été de rendre sa folie halritueUemeot douce , et quelquefois originale et pittoitspe.

DU CINQUIÈME BISGOUBS. 645

max hommes distingués de cette nation , qui sont pent-étre Tëlite du genre humain , et les engager à ne point renfermer leurs vertus dan$ l'étroite enceinte de leurs femilles.

Oh ! que rAngleterre eût été peu de chose sans l'Ecosse et l'Irlande, qu'elle a cependant subjuguées I Bfais pourquoi donc l'Angleterre a-t-elle eu plus de puissance que ces derniers peuples? La réponse est toute simple ; c'est qu'aucun crime ne lui a jamais coûté.

Note 13> fage hh\, — Non-seulement le cœcum, mais encore le cerveau, les poumons, et les viscères abdominaux offrent la ressemblance la plus frappante entre l'homme et l'orang-outang. Une seule différence existe, sur laquelle BufTon aurait pu se rabattre \ l'homme n'est muni que de douze c6tes , tandis que Torang-outang en a treize ; mais, d'après une opinion très-répandue, l'homme n'a-t-il pas eu autrefois treize côtes? Cuvier en était convaincu, comme' Bossuet, sur la parole de. Moïse. Je le suis, quant à moi, que cette opinion, venue du pays des - singes, n'a pas été émise sans dessein.

Hérodote dit que la gestation de la femme était autrefois de dix mois, ce qui servirait à expliquer la longévité des hommes des premiers temps; mais il est probable que ce fait a été emprunté aussi à Thistoire de quelque espèce de singes.

J*apprends, dans le moment, qu'on vient de découvrir une nouvelle espèce d'ocang-outang dont les individus n'ont que douze côtes. Il serait curieux de

voir les différences unorales qui existent entre ceup espèce et les autres.

Noie 14, p4Mge kU. — Il y a plusieurs espèces de singes qui mangent des mouches , d'autres qui, comme Torang-outang., mangent des huîtres, eo se servant d'un procédé digne de Thomme , leqnd consiste à placer une pierre entre les deux écailles de l'animal, lorsqu'il les entr'ouvre , afin qu'il ne puisse plus les refermer; mais aucune espèce ne se nourrit naturellement d'animaux à sang ronge. C'est, sans doute, par une raison analogue, que des peuples frugivores , dans le pays des singes , ne répugnent point de se repattre de sauterelles ; mais il bal admettre alors dans ces peuples une sensibilité diminuée on détournée de son véritable but , par des circonstances étrangères au régime. Elle n'est alors dans CCS hommes , comme dans les singes , que de la pétulance.

Au reste, il paraîtrait que c'est par un pur motif de vengeance que les singes mangent les mouches , comme l'éléphant les écrase entre les plis de sa peau. J'ai vu un chien très-doux devenir tont-àcoup muscophage , parce que une mouche de cheval l'avait piqué; il se précipitait avec fureur sur les autres mouches , auxquelles il n'avait fait jusque-là aucune attention.

Il est donc évident que les singes Sont frugivores, et, dans ce cas, la question si l'homme l'est se trouve décidée par Linnée, d'après les paroles sui-

vantes de ce grand naturaliste : « Il est impossible,

> lorsque Ton considère le caractère de nos dents,

> de nos mainSi de nos doigts, de ne pas voir que » nous sommes proches pafens des singes, qui sont » les hommes sauvages des forêts. Si les singes sont » frugivores, iaous le sommes aussi ».

Note 15, page 447. — Toutes les fois que Buflbn prenait la plume, il se revêtait de son plus bel habit, tout chamarré d'or, mais qui le gênait un peu. Sa manière d'écrire ressemble asse2 à cela. Il faut quelque chose de plus onctueux pour glisser à travers les siècles, et on aurait pu concevoir , à cet égard , quelques doutes , si toutes les difficultés n'eussent été écartées par une circonstance dont nous sommes les témoins. En voyant tant de savans recommandables se grouper successivement autour de Bnffon , et bâtir sur cette première pierre , on doit être bien convaincu qu'il en résultera un monument aussi impérissable que les pyramides. Ainsi donc, l'ouvrage de Buffon vivra ; mais je suis sûr qu'on en effacera un jour ce que je combats dans ce moment.

Noie i6jpage 450.

Post ignem œthereâ domo SubcLucium, macies et no\^a fehrium Terris incubait cohors :

Semotique priiis tarda nécessitas Lethi corripuit gradum*

Juvenal, en parlant d'un Tyndarite qui a mangé

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cru un de ses ennemisi fait la remarque singulière que le feUi da moinsi n*a point été souillé. Les anciens attribuant au feu un caractère sacré, ne l'auraient point employé à cuire la cbair des animaux, sans les sacrifices.

Il est digne de remarque que les habitans des lies Carolines mettent au rang des mauvais génies celui qui a apporté le feu aux hommes; 'cependant comme il était loisible d'en faire un très-bon usage , ' il est évident que la malédiction tombe à Eaïux.

Toutefois y l'apologue de l'aigle qui , en dérobant des viandes sur l'autel de Jupiter, ^nporte un charbon qui brûle son aire, et par suite ses petits, qu'il comptait rassasier, trouve ici sa plus juste application. Que d'aires d'hommes brûlées par le feu des sacrifices , devenu celui des foyers domestiques !

Note 17, page 452. — Tout en admirant la comparaison, je ne puis m'empécher de remarquer que l'éloge est fort restreint. Assurément, la sagacité d'un enfant qui n'a pas encore appris à parler n'approchera jamais de celle du renard, eotr'antres, lequel évente tous les pièges de l'homme, a, de plus, le plaisir de lui faire connaître qu'il l'a dépisté, et de lui dire, en termes clairs et précis, et avec sa malice accoutumée, qu'il est un sot.

Guvier a, sans doute, jugé ainsi les animaux, en les considérant hors de leurs attributions; et je conviendrai que l'éléphant, par exemple, que l'on instruit à danser, ne diffère guère, dans ce mo-

ment, des enfans en question. Mais que d*hommes mùrSy et même que de vieiUards qui, ainsi fourvoyés, sont absolument dans le même cas !

Ces arrière-pensées sont d'autant plus déplorables dans les sa vans, qu'une sorte de franchise ingénue accompagne ordinairement ceux qui ont . atteint le point culminant de la science. Je l'ai vue cette ingénuité dans la GrangOi elle existait dans Newton; elle semblait avoir été donnée à l'un et à Tautre comme la récompense de lenr immense savoir; disons mieux, elle en était la source.

Note i%, page &55. — Non-seulement les dents canines sont plus longues et plus fortement énchfts-' sées dans le singe que dans Thomme, mais encore ses dents molaires sont beaucoup moins plates; ce qui annoncé 'que la qualité frugivore avait acquis chez ce dernier un degré de plus. Il faut remarquer aussi que dans chaque climat les organes de l'homme portent Pempreinte du type primordial (il en sera question dans le huitième discours). Ainsi, dans le pays des singes, par exemple, les hommes ont les dents à la fois plus longues et plus blanches que dans les autres pays.

C'est l'usage seul de la viande qui les alonge chez les Anglais;' ils les ont constamment serrées, même quand ils parlent.

Au reste, cette preuve tirée' de la forme des dents avait été donnée deux siècles auparavant par Gassendi ^ Yanhelmont, qui , extraordinaire en tout, croyait

à la métempsycose, et prétendait cependant que l'homme était né pour manger de la chair. Est-ce que ces érudits dont je fais mention au commencement da paragraphe n'auraient point connu les oeuvrer de Gassendi ? C'est quelque chose de singulier que cette continuelle reproduction d'argumens, auxquels il a été déjà victorieusement répondu ! Ce £iit prouve une chose évidente; il prouve que ceux qoe l'on appelle savans ont^ le plus souvent, usurpé h bonne moitié de ce nom.

Il existe, sur le système dentaire, un mémoire pre quoique célèbre, que je n'ai pu me procurer, mais dont voici les résultats : d'après ce mémoire, composé par Auguste Broussonet, médecin de TÉcoIe de Montpellier, Thomme serait camivore comme douze et frugivore comme vingt , proportion qui le laisserait encore sans excuse, puisque la pente qui le conduitjau bien serait plus forte, de près du double, que celle qui le porte au mal. Je remarquerai seulement, en supposant l'observation de Broussonet exacte, que ce serait là un caractère acquis. C'est ainsi que les naturels de l'Amérique, les plus cruels des hommes, ont des dents qui se rapprochent, on ne peut davantage, de celles des animaux de proie. Celles des nègres qui habitent les terres situées aux environs du Cap-des-Palmes {Cabo dos Palmat) sont, au rapport de tous les voyageurs, aiguës comme des alênes; ils vivent de chair humaine: Les. Caraïbes, qui en ont jadis vécu, ont des dents qui

«^enchâssent dans les intenralle&^les unes des autres, àbsolnment comme les pointes, d'un traquenard.

Note 19^ page hSl. — L'effet de ces susbtances ne se montre nulle part d'une manière plus sensible que dans le porc-épic; il ne vit que de végétaux, quoiqu'il présente l'aspect de l'irritation ; mais ce sont des* végétaux pleins d'àcreté. Celui dont il compose sa nourriture habituelle , la ealla ieibiopica, présente ce caractère à un tel degré , au rapport de Tbunberg {J^oyage au Japon), qu'appliquée sur une partie quelconque du ccMrps , elle y produit aussitôt des ampoules. Telle est la source des pointes acérées du porc*épic, équivalentes, pour la défense, aux dents des animaux que je viens de nommer.

\jQ sanglier, quoique frugivore , a six dents incisives à chaque m&choire , comme le tigre et le lioq ; mais elles ont une conformation différente.

Noté 20, page 465. — Depuis que ceci est écrit, on a découvert que la même substance (le huaco) qui guérit la morsure du serpent à sonnettes , était en même temps lé remède curatif de la fièvre jaune. Cela devait être , d'après les simples lois de l'analogie.

Il serait fiicile de remarquer entre le choléra asiatique et l'upas , les mêmes rapports que je viens de remarquer entre la fièvre jaune et le venin du serpent à sonnettes ; ils tuent absolument de la même manière , en arrêtant le mouvement du cœur. Ainsi , quand on voit le choléra asiatique aller d'une xyie à l'autre , on peut dire que c'est l'upas qui s'est

mis en voyage. On n a point encore trouvé de remède poar la maladie; mais qne l'on cherche Fantidote de Tapasy qui certainement existe, et Ton aura celai da vomissement noir. ( D'après Kempfer, la racine de mungos serait Tantidote de l'upas; mab il ne paraît pas que son observation ait eu des suites.) Note %i,page 465. — On a nié de nos jours toos les désordres nerveux attribués à la pi<^u^ d'une araignée de la Fouille, désordres qui cessent lorsque^ par reflet de Tharmonie, les neris sont remb dans leur état accoutumé. On aurait dû se contenter de dire que ces impressions ne sont point ressenties paiement par tout le monde, et qu'un Allemand, par exemple, y est moins accessible qu'un Italien, en général, et celui-ci moins qu'un habitant de h terre d'Otrante. Au reste, et c'est là une confirmation du principe que je viens d'exposer, la piqûre de la grosse araignée de Ceylan^ qui produit une démence complète, peut servir à nous donner des lumières sur celle de l'araignée de Tarente, qui en est le diminutif. Je remarquerai, de plus, pour venir à l'appui de ce que j'avance, que cette même tarentule, fort commune en Russie, y est :4)solument sans venin. J'apprends dans ce mopient (185&) que des paysans^ en Espagne (à el Vendrell), étaient tellement incommodés par une araignée, au point d'eu mourir, qu'ils avaient été contraints d'abandonner leurs champs, et que des savans, envoyés par le gouvernement, pour vérifier ce Eût, avaient

reconnu dans cette araignée la tarentule uvée, la même que celle du royaume de Naples. On vok qu'elle avait acquis en Espagne un degré de force de plus qu'en Italie. J'insiste sur ces détails, parce qu'ils contribuent à donner une grande évidence au système.

Noie 22, jfage 465. — Cette faiblesse relative de Torgane en question chez les naturels de TAmérique est prouvée par les faits suivans : ils sont imberbes, insensibles à Tamour; ils écrasent, sans pitié, leurs femmes sous le poids des fardeaux; enfin, les deux sexes y sont sans pudeur.

Parlons maintenant de la maladie. N'est-elle pas une manifestation de la pensée de la nature, qui a voulu détruire une race coupable, en corrompant la source où elle se reproduit ? On pourrait croire aussi que sa pensée a été d'étendre ce yenin de ce point maudit sur toute la terre, en voyant avec quelle prodigieuse rapidité il s'est infusé dans le sang de tous les habitans de l'ancien monde. Ne nous occupons, pour le moment, que des résultats. A l'arrivée de cette maladie, le tempérament lymphatique l'a emporté sur le tempérament sanguin, qui dominait auparavant; c'est-à-dire que les vices de la force ont cédé à ceux de la faiblesse; et de là des déterminations ou des pencha ns conformes au nouvel état de choses. La faiblesse irritée a produit la lâcheté, l'hypocrisie, l'inconstance, l'égolsme ou b &usse sensibilité, et, par suite, ledubitisme, ou

s 54 NOTES

la plus Gomplèie indifférence pour le bien« Quds âémens pour renouTeler le genre hmnain ! Il est perdu I s'il ne se hâte de se retremper dans le baue salutaire des herbes , qui seales peuvent lui redon* ner le tempérament Eaiit pour lui dès Torigine des choses.

NaU SB y page &67. — Nous sommes azoiéi, disent les médecins j pour justifier le régime barbare qu'eux-mêmes conseillent. Oui , nous le sommes , comme Tair qui nous environne ; mais est-ce une raison pour Tétre davantage , c'est-à-dîre y pour rendre diflbsile y ou même impossible , ce qui est dît pour adoucir le danger de cette position ; et ne devrions-nons pas , au contraire , employer tous nos efforts à diminuer Teffet de cette influence btale? C'est heureusement ce que fait la nature i notre insuj et par des moyens tirés de l'organisation qu'elle nous a donnée. Or, on voit que son principal soin est d oxigéner l'homme, c'est-è-dire, de le dAazoter. Les poumons , par leur inspiration et leur expiration , font la séparation des deux airs , gardent le bon , rejettent le mauvais ; le foie enlève au sang sa bile , cette lave incai^descente ; les reins concourent à l'épura, en soostraisant d'autres parties ammoniacales qui géneraieo( son cours ; enfin , la transpiration sensible et insensible achèvent Tœuvre ; mais si ces diverses humeurs , qui y par l'espèce de la nourriture , ont acquis le caractère du poison , viennent le moins du monde ^ dévier de l^ur route , tout est perdu. Lliomoe ,

ou €INQUIÉBIB DISCOURS. S6S

moins heureasement disposé, dans ce cas, que le serpent, tourne son venin contre lui-même.

Noie 24, page &67. — Le diabètes sucré, maladie dans laquelle les principes nourriciers s'écoulent par les voies urinaires, est la seule où les substances animales ne paraissent point contre-iâdiquées; aussi y étaient-elles conseillées avec un air de triomphe par les plus cruels des hommes, avant que la chimie n'eût trouvé les remèdes curatifs de cette maladie, d'ailleurs assez rare. Ces remèdes sont les alcalis et les sulfures, que les végétaux produisent au moins en aussi grande quantité que les animaux. (Voyez à ce sujet un extrait de l'ouvrage de Rollo, par Guyton- Morveau, inséré dans le vingt-cinquième tome des Anncdeê de Chimie.) Ecoutons, d'une autre pari, ce que dit, sur le traitement de cette maladie, le docteur Pinel, celui qui le premier a élevé la médecine au rang d'une science : « Un malade à qui ja

* donnais des soins l'année passée a été guéri do > diabètes, en séjournant à la campagne, en se li- ^ vrant à un exercice régulier, en sortant de son » abattement, et en ineistant sur h régime v4géêal, % autant que sur toute autre substance. C'est le ré- « tablissement des forces vitales qui procure dans

• ce cas, comme dans beaucoup d'autres, une gué-* » rison solide ».

N, B. Des recherches ultérieures sur cette maladie ont donné lieu , tout récemment, à une découverte bien importante , qui est que la fécule , ceue subs-.

laoce si répandue dans la nature » se change , par. hi digestion y en cette partie sucrée véritable noorrilare du corps, et qui, dans le diabètes, s*écoale en pore perte. Ainsi, c*est bien au sacre, comme on le disait , qu'il faut attribuer la disparition de ces maladies de la peau du genre de la lèpre , qui ODt si cruellement affligé nos devanciers, mais au sucre devenu populaire , au sucre extrait des végéiaux par Testomac , en un mot à Tusage plus répandu de ces

substances.

Noie iSfpage &73. — On remarquera, sans donte, qu'il existe des créations du même genre dans des animaux entièrement herbivores, et on citera pour exemple la douve qui natt dans le foie des moutons, et un autre ver qui naît aussi dans leur cerveau; mais il faut mettre cet accident sur le compte de l'homme, qui a Fimprudence de conduire ces animaux, faits pour se nourrir d*herbes sèches et aromatiques, dans des lieux bas et aqueux, qui en présentent d*un caractère tout opposé. Les substances animales ne pourraient opérer sur eux une plus prompte décomposition. On en peut juger par le ^nom donné à la m^die qui résulte de ces écarts (la pourriture). Les herbivores, d^ns Tétat de nature, ne sont point sujets non plus au calcul vésical qui at- . teint les espèces carnivores, ce que les anciens avaient remarqué, notamment dans le loup , comme nous le voyons par le nom de êyriies, qu'ils donnaient aux pierres qui se forment fréquemment dans la vessie

DU aifQuiÉHB Discoimsi . 557

de cet animal gloutOD; mais ils y sont quelquefois sujets dan^ Tétat^ de domesticité, ce qu'on ne jfeut attribuer qu'aux trois causes suivantes : à la mutilation , qui afiaiblit les organes , et à Fexcès du travail , comme à celui de la nourriture, bien que végétale. En un mot, tout ce qui est capable d'animaliser les humeurs y contribue avec plus ou moins de force. On pourrait citer pour exemple de cette dernière influence les chevaux des rouliers; soumis à de grandes fatigues, et consommant une grande quantité de grains, ils présentent beaucoup de caractères qui les rapprochent des animaux de proie. II ne faudrait donc pas s'itonner qu'ils fussent atteints de quelques-uns de leurs maux.

Je viens d'avancer que le calcul vésical n'affectait natuï*ellement que les espèces carnivores *. Cette maladie est si commune et si affligeante, et il serait si nécessaire de l'éviter, qu'il ne sera peut-être pas inutile d'ajouter quelques preuves à celles que je viens d'émettre. Transcrivons d'abord ce qu'un auteur, que j'ai cité naguère, dit sur cette maladie : « L'activité du système urinaire chez les habilans » des climats tempérés est la cause à laquelle doit > être attribuée la fréquence des affections calcu- • leuses en Hollande, en Angleterre, en France,

* Cette assertion , émise dans un extrait de ce disooors publié en 1821 , a été confirmée depuis par un de nos plus habiles naturalistes ( M. Yirej ).

S68 Kotn

> tandis ^D'elles sont très^nres dans les contrées

> méridionalesi où la sécrétion nrinaire paraît renn » placée par la sécrétion cutanée >. Il ajoute que les affections de la peau sont propres aux habitans de ces contrés, conune les calculs le sont aux autres; « car, dit-il| loi générale, plus un organe ou

• un système d*organes s'exerce, plus ils est exposé » aux maladies qui ne sont que des dérangemeas

• de son action •.

Sans doute, il n*y a que celui qui marche qoi s'expose à tomber; mais ce n'est point là la vraie cause des calculs, pas plus que des maladies de la peau. Les organes urinaires sont les principaux émonctoires du corps dans les pays froids, comme la peau Test dans les pays chauds; mais c'est la matière viciée que filtrent ces organes qui occasione leurs maladies , et non point les dérangemens de leurs fonctionsi quoique ces accidens puissent être une de leurs causes déterminantes. L'odeur ammoniacale qu'exhalent les calculs brûlés, la même odeur qui s'exhale aussi du corps des lépreux , suffit pour justifier cette assertion, que l'on pourrait étayer de plusieurs autres preuves. On sait, par exemple, ce qui donne la goutte, maladie dont le régime v^étal est le seul remède curaUf : eh bien! il est constant qu'elle ne se rencontre jamais avec le calcul, mais que ces deux affections se remplacent mutuellement. N'est-ce pas une preuve qu'elles ont une origine commune ? J'ai parlé de la lèpre : n'est-ce pas une lèpre

DO GINQUiiME DISCOUBS. . SS9

intérieure que le scorbut , cette maladie des pAles , comme la première l'est de Téquateur ? £t ici , comme dans la goutte y et par induction dans le calcul j la cause qui la donne n'est-elle point mise dans la dernière évidence par celle qui la guérit? Dans ce mal cruel y Ton voit distinctement les végétaux porter le baume dont ils sont remplis dans des membres déjà voués à la corruption ; ils font reculer devant eux la mort ^ infusée dans ces membres * ; et remarquez bien que pour qu'ils opèrent ces merveilleux effets y il faut qu'ils soient reçus dans leur état de fraîcheur ou de vitalité , et qu'il ne se soit Eût aucune dissipation de la liqueur précieuse qu'ils contiennent (l'eau de végétation) ; et c'est ainsi que dans la dernière expédition des Anglais au pôle arctique on n'est parvenu à échapper au scorbut qu'en cultivant des herbes à bord des vaisseaux.

Note ^^j page &75. — L'épaississement général dont il est question dans ce paragraphe provient , selon Grant , un des plus célèbres médecins de TAngleterre, de l'altération de labile, altération qu'il a la bonne foi d'attribuer à l'usage des nourritures animales; mais il est un autre épaississement qui

*D*aprcsnneeipérieocede Pringle, n.» 21 , les siibstaDccs v%étales n'empêcheDt po'mt d'abord la putréfaction des substances aDimdes, mais elles la répriment vivement lorsqu'elles sont parvenues à l'état acide. Sans les v^étaux il serait donc imposable à l'homme de vivre j au moyen des y^étanx mêlés avec la chair , H vit à demi.

mérito d'être considéré à part ; c*est celui 4e la lymphe, anqael il est bien peu d'Anghis qui ne soient sujets. Ce mal affreux laisse sur leur TKage des empreintes que Ton pourrait appeler les stigmates du crime, et qui font de ce peiq>Ie au physique ce qu*il est au moral, la plaie du genre humain.

Ajoutons quelques mots sur cette grande cause de toutes les maladies chroniques. Quel est le but de la lymphe? De modérer le mouvement naturdlement inflammatoire du sang. Si cette lymphe est acre, c'est-à-dire, si elle est le produit des matières animales, elle ne remplit plus son objet; elle irrite les oignes, bien loin de les adoucir. C'est ce que Ton voit dans les moindres blessures; la lymphe accourt aussitôt, pour en apaiser la douleur, comme la gomme recouvre certains arbres que le fer on le temps ont frappés ; c'est en vain, ces blessures sont incurables. Combien, à plus forte raison, ne doivent point s'irriter celles qui ont leur siège dans des organes intérieurs infiniment plus sensibles! De là tant de maladies de poitAne, qui moissonnent, avant le temps, la plus belle partie du genre humain.

Note 27, page U71. — Voici dans le continent de l'Afrique le pendant, à peu de chose près, des hommes de rtle de Téncriffe (extrait d'un voyage récent à Tombouctou) : « ....En traversant cette chaîne » de montagnes, je ne pouvais me las^r de regarder

• ces malheureux nègres, sautant avec un fiirdeau

• sur la télé, de ,roche en roche, de précipice en

DU CINQUIÉMB DISCOURS. S64

• précipice; je craignais à chaque iostaol de les voir

• tomber dans des abtmes afDreux ».

Et aîUeurs .- « J'étais très-étonné de Toir ces mal- » henrenx Fonlahs et Mandingaes, portant sor leivr

• tête un fiurdeau pesant près de deux cents livresi » maroher avec la plus grande vitesse, et franchir, » avec une agilité surprenante, les montagnes d'Ir^ » nanké ».

Et il faut remarquer que œs hommes, si forts à la feis et si agiles , ne vivent que de quelques poi-^ gnées de m cuit à Feau , le plus souvent sans sel , et sans Fordînaire assahonnement de Thiiile de palme.

Ecoutons la suite. — < Aux haltes dn soir ils ve- » naient s'asseoir aiuprès de moi, prenaient mes jam* » bes sur leurs genou;^, et les massaient pour soidager » ma fat^ne. Tu dois bien souffrir, me disaièni-ils,

• car tu n'es pas habitué à une route aussi pénible.

• Va autre alla cueillir des feuilles pour me &ira un » lit : Tiens, me dit^il, voilà pour toi, car tu ne sais « pas, comme nous, dormir sur des pierres ».

Id le maral est comme le physique, et, réunis, ils ferment un tableau eompleL II n'y a point à s'y tromper; xm trouvera cette lumière de l'humanité partout ou les végétaux fournissent la seule, ou tout au moins lu principale nourriture de l'houmie ; au Jiord, comme au midi, mais principalement dans ce dernier climat.

Pour revenir aux habitans de Ttle de Ténériffe, je remjirquerai que leur pays est le reste de cette

ancienne et célèbre tle Atlantide, et qu'ils sont probablement des desoendans des Atlantes, qoi ne tîment non plus que des seuls fruits de la terre. Platon nous a fiiit des contes de bonne feqioie sur ce peuple, dont le territoire fut emporté par une terrible irruption de la mer, jointe à celle des feux souterrains *, et qu'il siqnpose coupable, parce qu'il fia malheureux, quoiqu'on sache bien que ce n'est point là l'ordinaire justice de ce monde, et qu'en effet il ne serait point nécessaire d'enlever la terre pour punir ses habitans. Au reste, ceux des iUs Fw/Uniet ont pour conqMgnons, ainsi que les peuples de la presqu'île de llnde, le plus doux des oiseaux; c'est le serin pour les premiers, comme c'est le bengali pour les autres.

Note S8, foje &77.— Ils assaisonnent Xt/arpoUnitt atec du jus de porc, comme les Iroquois assaisonnent la leur avec du jus de grenouille; ce qui établit entre eux la fiitale ressemblance dont )e faûs mention.

Les Basques, peuple dont on ignore rorigioe, parlent une langue entièrement inconnue, et qui ne ressemble à nulle autre, à moins que ce ne soit à celle de l'Inde; joignant la fierté à 'une pc^tesse exquise, ils sembleraient, sans l'écart que j'ai signalé, s'être abattus des cieux sur ces premiers degrés des

^ On reconnaît ènoore sous les eaôx raocieune trace de ces Tdcans.

DU GINQUIÉIIE DISCOURS. 563

Pyrénées, où ils habitent dans des maisons toujours isolées, même dans les villages, joignant le plus grand amour de la solitude à celui de la société. Gombien^en voyageant chez eux, n'ai-je point vu, eh effet, d'anges déchus, ou de princesses descendues de leur trône, une cruche sur lejyfr tête , ou un balai à la main ! .

Le régime des Basques était^ autrefois entièrement végétal) ils l'ont altéré, ainsi que je viens de le dire. Je ne sais à quelle des dea!L époques se rap-* porte le nom d*Harima, qui est celui du mauvais génie chez les Orientaux, qu'ils ont donné à Tàme humaine. Ce serait à. U seconde, s'ils avaient voulu désigner leui^ âme propre, et à la première, s'ils avaient voulu parler de celle du reste de la terre.

Noie 29fpagtiU79. — Je profite de cette particularité pour rassurer ceux qui pourt^ient craindre d'altéren leur santé en changeant subitement de manière de vivre. Il a été reconnu que la brusque adoption du régime végétal, non-seulement n'a produit aucun changement défavorable dans la constitution, mais qu'il lui a été constamment avantageux; tandis que l'on a éprouvé, d*nn autre côté, que le passage de ce régime au régime animal a été toujours nuisible; observation qu'on a été à même de Caire bien des fois, soit après les carêmes de certains peuples, soit dans les maisons des chartreux, lorsqu'on leur donnait de la viande par la prescription imprudente des médecins.

664 NOTBS

Noté tù,pagê &80. — La crainte d*ime popaiation excessive est une crainte toat-4-fait chimérique. La nature se modère eUe-méme; un individa ne natt point lorsque sa place est prise.

Dans les espèces crodles, la nature emploie d'autres moyens de modération. Le mâle, dans ces espèces, est porté à détruire sa progéniture, sans doute à cause de ses ressemblances plus on moins . éloignées avec ses plus ordinaires victimes; piège qne lui tendrait ici la nature, pour le punir. Ainsi les lionceaux ressemblent à. de jeunes veaux, les cba- 10118 aux rats, etc. Par un autre instinct, dans les espèces douces, mais cpû pourraient être nuisiMes par leur extrême fécondité| les mâles, chez les oiseaux, cassent les œufs pondus par leurs fiunell^. Toutefois, pour rentrer dans le sens de ce qoi a amené cette note, j'ajouterai qu'il n'y aurait point trop d'oeufii, si la nourriture n'était point en excès.

^oiê H, fogê ftSi. — J'ai cité une expérience de Pringle qui est &vorable au régime végétal ; voici une observation du même auteur qui lui est contraire, et que je citerai avec la même impartialité, tout en me réservant d'y répondre. Pringle rapporte qu'il a vu en Ecosse beaucoup de pauvres gens soumis à une nourriture entièrement végétale, dont la santé était très-florissante tout le temps qu'ils travaillaient de leurs bras, mais qpii, réduits par l'âge à ne plus faire d'exercice, supportaient mal cette même nourriture. U laut d'abord observer que

DU CmQUIÉMB DISCOUES. 666

Pringlç parle toi de geos rédoits à la dernière mi- «ère, et qu'il ne spécifie point les alimens dont ils faisaient usage. Dans tout état de cause , l'estomac de ces pauvres gens devait être plus fort, et plus longtemps fort, puisqu'il avait été plus exercé; loi commune qui| je le répète, n'admet point d'exception, et qui est un des bienfaits les plus inappréciables des substances végétales. Il faut donc rejeter sur la pauvreté ou sur les suites d'un. travail excessif, d'un travail qui n'avait pas été en proportion avec les forces, ce que Pringle attribue ici att régime. Et où y a-t-il d'ailleurs des substances plus corroborantes et plus adaptées à Festomac des vieillards , on le sait par une longue expérience, que le pain et le vin, qui sont en même temps les plus conmiunes, excepté toutefois en Angleterre? Mais ce n'est point là le principal inconvénient; le principal inconvénient est que là, conune ailleurs, dans la classe dont il est question, c'est le jeune homme qui invite le vieillard , et l'invite, à peu de chose près, comme la grue fut jadis invitée par le renard.

Note 32, page &86. — Il est doue bien certain, d'après cet oracle, que les Arcadiens ne vivaient que de fruits, et c'est pour cela qu'ils étaient si aimables, et que Virgile, qui les avait vus de près, les a tant aimés. Je <^ois biai que ce f<tf pour les voir qu'il entreprit le voyage de la Grèce. Il dit qu'eux seuls étaient dignes de chanter : soli ean- «AT» perUi Et, en effet, le chant témoigne de

la pureté 4e rame. Tout Je monde connaît le «ophail qu'il a exprimé dans sa dixième églogoe :

.....••• CrrîRam &r vobis unas vestri que fuissent Aul custos yrvgis, oui matur(e vinitor uvœf

Combien ce vœu, qull soit de Gallns ou de Tir* gilCy n'est-il pas honorable pour ce peuple !

Noi0 33, pug0 &86. — Tout le monde sait qu'à Lacédémone les repas étaient publics et se fiaûsaient en commun, d'après une loi de Lycurgue, et que personne n'avait le droit de s'en exempter. Le roi Agis ne put même donner comme prétexte vahble le repos dont il avait besoin, après une ^ctoire signalée qu'il venait de remporter. Cette circoostanee nous a mis à même de connaître la manière de vivre des Lacédémoniens à cet égard, mieux que celle d'aucun autre peuple. Voici, selon Mursius, commeut se composaient ces repas. Il fiadlait, par mois^ pour une table de quinze personnes, un boisseau de farine, huit mesures de vin, cinq livres de fromage, deux livres et demie de figues, et la plus petite quantité de viande possible, seulement ce qui était indispensable pour faire honneur aux sacrifices.

Les saUes où ces repas avaient lieu se nommaient phiditia, d'amitié , de confiance ; ce qui fait voir clairement que les affections morales, étaient en première ligne.

Note ZU, page 486. — Montesquieu a dit : « Le peuple de Londres mange beaucoup de viande; ceb

DU GIlfQUlilIB DISCOUAS. ' 567

k rend très^robusle : mais à Tàge de quarante à cinquante ans il crèYe*

Or, Montesquieu était trop habile pour penser qu'on pouvait mourir d'excès de santé. S'il y avait pris garde, il aurait vu que cet état brillant du peuple de Londres jusqu'à l'âge de quarante à cinquante ans n'était qu'une fausse apparence. Au reste, cette remarque de Montesquieu réduit l'opinion de Cabanis à sa juste valeur^ elle est d'autant plus précieuse, qu'on ne peut accuser ce grand honune, comme tant d'autres, d'arrière-pensées. Il faisait «i peu d'attention à lui-même, il se connaissait si peu, qu'il a en de l'orgueil une fois dans sa vie. (Voyez la fin de sa préfaee de VEtprii des lois). Je me plais de temps à autre à relire quelques-unes denses lettrea manuscrites adressées à des personnes de ma Camille. En voyant la singulière bonhonue du génie le plus grand peut-être qui ait existé, j-'éprouvais un vif regret de n'avoir pu montrer à ses regards la chose la plus simple à la fois et la plus importante, et que ses préoccupations l'ont empêché de remarquer. Hélas I la vérité est emportée par le courant rapide de la vie, td qu'il est de nos jours; on en obtient tout au plus quelques parcelles, que le hasard a jetées sur ses bords!

Noté ^f , page &9i. — L'on vient d'avancer qu'à la fonderie de Yincennes on ne pouvait exécuter eertains travaux qu'en donnant aux ouvriers une plu& lorle ration de viande. Je ne le contesterai point, si

Fott ajoute à. celte tiande une dose pbs finte défi-, qoear fermenlée , d*eaa-de-yie (je remroîe à ce qui est die, dans on des discoars qui doivent suivre, sor la cooslitiition du scélérat) ; j'observerai seoleaient qie œt eut est factice, et ne peot convenir qa'à on petit nombre d'hommes, qui finissent même bieniAt par en £tre les victimes. Il tient à une inégale distribution des IbroeSi qui se jettent sur les parties les plus exercées, au détriaient des autres; tandis ^e ches les Tataùs, comme chez les Ecossais, les Da- McarUens, etc., que j'ai déjà cités, ces fiMces sont répandues également dans tout le systàme, tfoà résulte son harmonie parGûte. On pourrait d'ailleurs opposer à la force des ouvriers de Vincennes celle des ouvriers employés à la fabrication du sacre, en Anférique. Elle est vraiment extraordinaire $ oqien* dant ils ne vivent que de cette demière sdbstance, et ne goûtent point un sed atome de nande. On trouve dans les mémoires de Franklin une expérience analogue. Ai-je besojn de reproduire Texempie des athlètes, qui ne vivaient que de figues, ce <pî présente quelque analogie avec les hommes rdDusles que je viens de citer, ne vivant <pie de sacre? Os ne furent pas plus forts, ils le furent moins, et surtout beaucoup moins adroits, lorsqu'on eut imaginé de les nourrir avec de la chair de porc.

Le chimiste D'** a prétendu, dans le même temps (Octobre 1890), xiue la nourriture des soldnu, auxquels on distribue deux livres de viande par. jeur,^

DU CIKQUIÉME DISCOUBS. 569

n'était pas assez anitnaUiA. Je crois bien cpi'il tarait voaln tout au moins doubler la ration. Penserait-il donner, par ce moyen, plus d*ftme aux soldatSi en Terta de la ressend>lance des noms ? Il se tromperait entièrement-, mais si, en diminuant le vrai courage, il veut augmenter la férocité, aecrottre 'la barbarie, il a parfaitement raison. Au reste, c'est un feit certain que, dans cette classe d^hommes, les plus robustes en apparence sont ceux qui suc-^ çombent le plus vite; les moindres Yariations atmosphériques suffisent pour les abattre. Dans nos désastres de Russie il ne s'est guère sauvé que des méridionaux, dont la force est dans les nerfs, comme, celle des premiers est dans les muscles. Ainsi la chair ne serait ]pas bonne même pour des soldats.

Mais voici que la contagion gagne, el^ selon Tusage,^' tes derniers venus renchérissent sur les autres. J^ap-. prends (i8!(5) qu'on vient d'imaginer de nourrir de chair les animaux herbivores destinés à servir de pftture à l'homme. Courage ! si ce ne sont point là les derniers efforts de la perversité expirante, ran7. thropophagie ne tardera pas à revenir; tout au moins. jettera-H-oo les hommes aux lamproies *.

Nouvelle variété dans la barbarie (1898) : on vient,

"* Its habitans des îles de la Mer du Sud sont mieaz ayisés; tout aa cQDtraife de ces geos^ lorsqu'ils veulent maoger leur çfûen, ils le privjeot de chair et le metteut au régime rlgau-, . rpix des herbes ; ils trouvent que sa chair est alors infiniment ipeUlenrc.

de coDseiUeTi dans des écrits publics, d*élablir des boacheries de chevaux; et réeUement les calcids de la Yie positive, qui fait dans ce moment tant de progrès en Europe, conduisent àcela; sans doute que, dans les vues générales de la providence, le cheval n'a pas plus de droits à Texistence qoe le boeuf et le mooton; mai$ il est lié à l'homme par quelques nuances de plus, et il fiiudrait alors renoncer à tonte neUesse. Le cheval ne serait plus appelé le compagnon de rbomme; plus de Cyllarus, de Encéphales, de Boristènes ! Il faudrait aussi renoncer à celui qni| d*nn coup de son pied, a ouvert aux poètes la source des beanx vers.

An reste, toute l'Europe est prête pour ce nonveau mode d'alimentation, une partie de la France exceptée. C'est sa majeure partie; mais elle cédera plus tard. Je voudrais vivre assez pour assister à la fin du combat, et voir le rideau tiré sur l'espèce humaine. On est bien aise de savoir à quoi s'en tenir«

Noté Z^payê k9U. —«D'après les découvertes modernes, ce serait un être moins aveugle ou moins machinal que le suc gastrique qui appellerait à lui les alimens qui lui conviennent. Ces fonctions appartiendraient aux ner& de l'estomac, qui, après avoir désigné et obtenu ces objets, les livreraient à ce dernier, pour qu'il les préparât convensd>lement, et ils présideraient ensuite eux-mêmes à la juste distribution des sucs provenant de ce travail. Avec quel soin ne faodcait-il donc pas prêter l'oreille à tout ce que d&-

mande, à font ce qu'exige cette puissance intoitivey <3ans laquelle tout rhomme réside!

Cette réflexion reçoit une nouvelle force d'une découverte postérieure à celle dopt je viens de parler. D a été constaté simultanément en France et en Angleterre que tous les ner& qui sortent du cerveau se divisent en deux espèces tout-à-lait distinctes, les uns qui président aux sensations ou à la sensibilité générale, et les autres aux mouvemens volontaires. Les ner& sont donc tout! Combien, d'après, ces diverses observations, je le répète, n'ont-ils pas besoin d'être considérés avec la dernière attention ! H ne peut être rien dît de plus fort en faveur du régime des herbes, puisque c'est le seul qui puisse convenir aux nerb, et le seul qu'ils désirent.

Au reste, j'appuierai ce que je dis dans le texte, savoir, que l'estomac sait fort bien ce qui lui convient, par une remarque de Sparrman. Ce voyageur observe que dans la Caffrerie, ou la teite est acide, ainsi que ses productions, les bestiaux se rongent mutuellement les eomes, au point qu'elles ont l'air d^être sculptées. iZt senieni Is betoin d'un a|Mor^ baot.

Not0 Zl j page 513. — Suétone raconte qu'Au-r guste ayant demandé un miroir dans sa dernière maladie, le maître du monde se fit horreur à luimême, et qu'il voulut à toute force qu'on relev&t ses joues pendantes, maku labêtUes; ce qui, joint i ses sourcils barrés et à ses cheveux hérissés ,

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devait loi donner la fignre dn tigre on do lion rant. On dil cependant qa*il était sobre , aans^doaie alors que le sang qu'il avait versé loi était compié comme s'il l'avait bn. Je suis convainco, au reste, qœ ce iiit le sentiment de sa complète destraction , qn*!! vit avec quelque plaisir dans cet affreux visage, qui lui inspira les mots qu'il prononça immédiatement après , et où l'on aperçoit un certain contentement : Battez dn jmainê, la fiiee €$$ finie. Ce monstre avait donné son nom an sixième mois de l'année romaine ( Sextilis ) , que nous avons eu le bonheur de déguiser sous le nom d'Août. Vdtaire a manqué de tact, et de quelque chose de mieux , lorsqu'il a vouk le raiq>eler à son ancienne origine. Heureusement que cette innovation n'a point prévalu. Ce grand poète a^ait l'oreille plus sensible que le cœur.

Note 38 , page 517. — Détmu^ des villes entières , va-t-on s'écrier , quelle bartMuie ! sans doute qu'il vaut mieux avoir pitié des [werres que des hommes. Ce qu'il y a de certain , c'est que chaque ho^ime que le crime dégrade est une pierre tpi V>iftbe de l'édifice social , qui a coûté beaucoup aussi à établir. Je ne pose d'ailleurs que des principes généraux, et rien n'empêche que l'on n'approche dn but par des moyens plus leiits ou plus détournés^ çn supposant toujours qu'on négligerait le grand i9M>yen, bien que le plus £acile. On pourrait, psr exemple» snf^rimer, dans ces pays, les manubelures ; et c'est même ce qui y est airivé en partie par

DU CINQUli^MB DISCOURS. S73

la force des choses. Après lés troubles sanglons de Ntmes , la plupart de ses riches manufac tuners ont été s'établir à Lyon , la ville généreuse/ Si ceux qui ont rédigé notre code criminel eussent eu la plus légère connaissance du cœur humain , ils n'auraient point, aggloméré les coupables dans les bagnes ou les prisons.

Note 39, page 517. — L'animalisaiion en excès n'est antre chose que la corruption. De là vient cette horrible puanteur qu'exhalent tons les animaux de proie, et qui, s'ils étaient plus nombreux, suffirait pour infecter toute la terre. On sait , d'après Catesby ( HUt. nat. de la Louisianne ) , que l'odeur du putois , en Amérique , est capable de donner la mort. La classe de tous ces êtres, si bien nommés mofettes, est susceptible de produire les mêmes effets. C'est par une raison opposée que le peuple , qui a deviné on retenu toutes les vérités , quoiqu'il les ait toutes obscurcies, attribue une bonne odeur aux hommes, qui vivent Saintement , et on sait comment il fout entendi'e ici cette sainteté. Il croit que , même après leur mort, la putréfaction épargne leurs restes. Au demeurant , les corps des Perses , qui , comme on sait , ne vivaient que d'heri)^s , du moins ceux de Cyrus, dont il est ici question, se .desséchaient, au lieu de finir par la corruption , an rapport d'Hérodote et de Diodore de Sicile.

Il est toutefois digne de remarque qu'on n'aperçoit en général aucun caractère de férocité dans les ann

maux qui nettoieol la terre de ses immoDclices , et ches lesqaeb raDÎmalisalioQ devrait élre cependaiit plus avancée. Sans doate qae leur estomac possède une vertu analogue à celle de *ces filtres de ffl^^Hyn qui purifient les matières qui passent à travers kors couches ; et peut-être trouvent-ils encore on correctif dans cette acescence qui termine la destruction des substances animales.

Naiê &0 , page 530. — Je suppose , par exemple, que, dans Téiat de nature, Té^ulement d'un fleuve ait été arrêté, vers son embouchure, par Télévatîon des eaux de la mer, par un dépôt de sables, on par des barrages de vase , et de ces herbes flexibles bites pour soutenir ses rivages , et qui se méprennent dans ce cas ; s*il y a une plaine k cêté 9 elle se remplira de ces eaux > qui y deviendront stagnantes : les serpens et les insectes de toute e^»èce s*y multiplieront dès-lors avec plus on moins d*abondance ; mais, d'un autre côté, les cigognes et les lézards, si le pays est froid on tempéré, et, s'il est brûlant, le secrétaire et le pangolin , s'y nmltiplieront dans la même proportion, et modéreront «cette .exid)érance de la nature. Si l'homme vient, s'il assainit la terre, s'il favorise l'écoulement des eaux et la circulatioa de Tair , les serpens et les insectes disparaîtront , et aTec eux le secrétaire et le pangolin , les cigognes et les lézards.

L'existence d'un' seul insecte venimeux accuse la n^Ugence de l'homme ou son ignorance; mais il doit

moins les tuer que les empêcher de naUre, pnîs^ qne teur existence est le correctif de la cause malfaisante qui les a produits. Ainsi , par exemple , le serpent tue comme le tonnerre , mais il purifie la terre comme lui.

C'est celte étude , portée à un point très-remarquable j qui a formé la sagesse des anciens Egyptiens , peuple qui eàt été en effet le plus sage de la terre y sans les mystères dont cette sagesse a été enveloppée ,en un mot; si ses savaïis n'eussent été en même temps ses prêtres.

Note fti j page 520. — C'est ainsi que Ton a découvert ) il y a peu d'années , en Allemagne , qne les viandes fumées recelaient un poison mortel. Ce poison aurait été méconnu , il aurait continué à moissonner sourdement ses victimes, s'il n'avait été mis en évidence par des accidens plus prononcés , et qu!on ne pouvait rapporter qu'à lui^ On a observé que ce poison exerçait principalement ses ravages sur le système lymphatique ; ce qui pourrait servir à jeter quelque lumière sur l'origine d'un mal qui attaque violemment aussi le même système, et qui nous vient d'un pays où l'usage d^s viandes boucanées , celle de l'homme comprise, était ex^*èmement répandu. Une observation que j'ai déjà émise à ce sujet recevrait son complément de celle-ci.

Note 42 , page 521 . — Qu'aurait-41 dit de nos jours, où une affection particulière aux premiers de ces animaux est devenue te salut du quart du genre humain ?

576 2IOTBi

On peut se fidre par là nue juste idée de b diffiraiGe qui existe /entre deu mteies levains , adoa qalb soni formés dans on animai qai vit d1iert)e , on dans nn animai qni vit de diair ^ diiSérence qui a été môe ^ans la pins grande évidence par une déccraverte phs récente qni a fint voir que les heribivores peuvent recevoir la rage » mab qu'ils ne la communiquent point. Combien , d'après celte découverte » qui dii tant de choses en laveur du r^ime des plantes , ne seraii-il pasà propos de rendre les chiens absolument pani* vores!

JV«ftt. Un incident remarquable vient de fiûre sentir, du moins par «nalogie , la nécessité absolue pour l'homme du régime que je (Méconise. On vient de reconnaître que la vaccme ne préserve que pour na tecÊpg de la cruelle maladie que Ton pensait qu'elle anéantissait sans retour. Soit qu'il y ait trop demalite en mouvement, on que cette matière soit trop acre, il ne peut se faire une épuration complète* Ce n'e^t point un mal, puisque l'homme a tant besoin d'être averti !

NùU &3 , page bit. — Dans les Corlûères , où l'on a des pâturages escellens , mais point de prairies , on garde les moulons jusqu'à l'âge de huit ans. On s'est aperçu qu'à cet âge le produit de leur laine commence à diminuer , et on les vend alors pour être engraissés ailleurs. Mais il est certain que s'ils produisent moins de laine à cet âge , ils consomment moins aussi dans la même/ proportion » et qu'on

DU GINQUIÉMS BISCOUES. 677

poairait en augmenter le nombre sans accroître la première mise de fonds , ce qni donnerait lien à des dhances plos avantageuses , en même temps que les risques seraient diminnës. C*est ce qoe j'essayai de fiiire entendre à un vieux pfttre , très^rusë , que la curiosité avait fidt approcher de moi un soir que j'étais assis en face de la mer sur les hauteurs du cap Saint-Pierre. Si je lui eusse parlé au nom de la pitié , il est vraisemblable qu'il ne m'aurait point entendu. Cependant qn'avait-il de mieux à faire que d'être l'ami de ses moutons, dans un lieu où il allait lui-même finir ses jours après n'avoir vu toute sa vie que des rochers et des tempêtes ! Mais ^ prêtei-lui ce sentiment qui lui manque , il y sera à sa place , aussi sage et aussi heureux que le premier philosophe de la terre.

Noie kk j poifê S 2&. — Cette prophétie , que j'avais faite il y a un certain nombre d'années y reçoit son plein acGOfliplissement. Ces peuples^ firappés de ver-^ tige 9 car la chair enivre plus que le vin , penchent vers leur ruine. Après qu'ils se seront exterminés eux-mêmes en grande partie, viendra le vautour, qui achèvera la curée.

Yoici ce que je lis, au sujet d'une portion de ce peuple, dans un manuscrit récemment arrivé da Brésil , ouvrage d*un de nos savans et de nos littérateurs les plus distingués , mort prématurément dans ce pays , qu'il a exploré à la manière des Bonplan et des Humbold : « Les publicistes ont divisé les

578 HOTES DU COfQmÉlfB DISGOCftS.

Bâtions ea peuples cnltmteiirs » pasteurs , khtyophages , et chasseurs. Les cisplalins » oiaigré ce qae j*en ai rapporte , ne peuvent point coib|>ter dans cette dernière classe. Lear chasse D*ex%e ni coarage, ni patience ^ ni fatigues , ni intellîgeace. Ils sont à la lettre nn peuple houeherj comme leurs frères dn nord, et, sous ce rapport, la faible population de la province est nn petit mal pour l'humanité. Ce peuple a d'ailleurs tontes les habitudes qui appartiennent an d^ré rétrograde de civilisation dans lequel il est confiné. II aime la guerre, mais il ne la fait que par sarprise ; il est actif, agile , entreprenant quand il ne voit pas de dangers , et tontes ces dispositions sont merveilleusement favorisées par la ^ grande quantité de ses chevaux , qull possède avec uœ surabondance telle , que , dans les remontes de cavalerie, on en compte dix pour un cavalier. Il est aisé, par ce moyen, d'attaquer q^iand on est fort , de se dérober à rennemi quand on est Êiible , etc. • ( Notice sur la guerre du Sud , par le colonel du génie A. de L. B. )

Nota. Ceux qui penseraient que la viande augmente la population pourront être convaincus dn cootraire par les mots que j'ai soulignés à la haitième ligne de cette page.

BSS nUMCOFSS OOVBVITUJLVS BX VM

U a été suffisamment prouvé dans les précédens discours que l'homme n'était point destiné à vivre de proie. U me reste à répondre à onè raison de &it Comment ce régime des animaux féroces , dira-ton y serait-il contraire à l'homme y puisqu'il ne l'a point empêché de naître, de se propager, et de s'étendre sut toute la surface de la terre, qui semble n'être faite que pour lui ?

L'homme vit, mais il sait à quelles conditions ; il couvre la terre ; mais s'il pouvait s j en nombre double seulement de ce

* Ce discours complétera ce que j'ai dit dans le précédent snr rétat phydqne de lliomnie.

580 THALTSEE.

qu'il y est^ œ qui ne serait pas la Tingtîème partie de œ qull pourrait y être^ ne serait-îl pas frappé dans la moitié de sa vie sociale comme il l'est dans la moitié de son existence individuelle ?

Llionune vit ; mais qui croirait quil ne vit que par les principes mêmes de T^étabilité que la nature a placés dans son oi^ganisation? Les poumons, aspirant Pair, ne gardent que celui que les plantes ont préparé, et le communiquent au cœur, qui le reçoit avec avidité. Le chyle, ce principe odorant de rhomme, qui nourrit tous ses organes, et le renouvelle lui-même tout entier, est vi^étal comme le Idl; le cerveau , qui extrait et prépare la pensée, est absfdnment de la m£me espèce ^. fl ne

* Meàkjf daas ao Expériences atr Pair, se tire foe do gaz méphitique des sabstanoes animales en général; lorsqu'il arrive au oenreaa, ce n'est plus la même diose; il remarque avec étooncment que la substance méduQaîTe se rapproche beaucoup de la nature yégiuStj il V^mnSi crue plus anlmalife que tout le reste.

A propos du cerveau , je parlerai de la glande fameuse diargée de filtrer la précieuse liqueur qui abreuve ce viscèrci et dans laqudle Descarles, qui avait k droit dfiraaginer, parpe qu'il avait ouvert la route, plaçait le s^ de r&me. Or, les aaatomistes nous apprennent que, dans leurs dissedloiis, il leur a ^ bien rare d'en trouver qui ne Aissent point chargées de eoncréitaSy ce qui est une mao-

SniÉHB DISCOURS. 58 i

manquait a lliomzne^ pour son perfectionnement^ que de marcher dans cette voie, et d'ajouter^ par Fexerdce de la vie, aux intentions de la nature, si clairement exprimées; il a fait tout l'opposé j et nous avons vu quels désordres en avaient été la suite. Ils auraient dû être plus grands; ce qui prouve, pour le dire en passant, que l'homme est le résultat de lois générales ,. et dont la source doit être tres-âoignée , car s'il avait été le résultat de lois particulières ou prochaines , ces lois auraient été tellement impérieuses, qu'il ne les eût point enfreintes sans une désoi^anisation soudaine

Nous connaîtrons mieux la cause de la déchéance de l'homme lorsque nous serons remontés au principe de son organisation.

Ce principe essentiel et primordial, ce principe unique est celui qui lui donne la faculté

Tste eonditlon pow un tamis on ua filtre. A quoi poot^n attrilmer on td dénogement , A ce n'est à la cause sansccsse agiss9nte, en un mot au réglme?iyan autre c&téj les médecins disent qv^il ne paraît point que les concrétions de la glande plnéale altèrent la santé, laqnèlle est alnoloment détruite* par d'autres ooncrétions, celles du poumon, par exemple, qui sont dues à la même causer mais on peut se bien porter et avoir néanmoins un cerveau qui manque de lu— tidité.

582 THALTSIE.

de sentir^ et, par saite, la puiâsanoe de la sensation. Cest Farbre intérieur , Tarbre de y'ie qui la distribue partout^ et qui produit des fruits bons ou mauvais , immortek ou pé^ rissables , suivant qu'on l'arrose d'un fluide qui lui est propre ou d'un fluide qui lui est contraire. J'appellerai sensibilité , le résultat do^ premier acte , et j'appellerai irritation^ le résultat du dernier. On voit qu'en me servant d'un terme consacré par les écoles modernes, j'en fais une application différente. L'irritation n'es( donc autre chose, à mon avis, que l'impression produite sur les nerfs par un fluide acre et corrosif qui les exalte vicieusement. Cette manière d'être dépeint parfaitement , comme le mot le dit, cet état de colère ^ qui est l'état permanent des animaux destructeurs.

L'espèce d'opposition que l'on a aperçue entre les ner& et les muscles a &it attribuer à ces derniers une action particulière de laquelle résulterait le crime. Or, cette force, que l'on croit inhérente aux muscles , pourrait bien être un moyen, mais elle ne serait pas une cause. On sait , en effet , que les hommes d'un tempérament athlétique , quoique privés d'une certaine sensibilité, et, par conséquent, d'une certaine intelligence, sont cependant loin d'être mé-

chans; Hercule, qui le$ repr&ente^ n'a point ce caractère dans l'histoire. Il faudra donc convenir que le crime est produit , non point par un défaut de sensibilité et d'intelligence , mais par une sensibilité et une intelligence dépravées ; et , dès-lors , on saisira parfaitement ce qu'on doit entendre par le mot irritation. On concevra que Ton pourrait laisser au lion sa force 9 et le rendre néanmoins aussi doux que l'éléphant. On concevra de même comment les êtres que la nature a organisés pour être les plus sensibles et les meilleurs^ peuvent devenir ks plus méchans, selon les circonstances. U me suffirait de citer^ comme preuve de ce que j'avance^ l'exemple des femmes, qui ontJi^u de la nature des nerfs dont le calibre est plus grand que celui des honunes, et où loge par conséquent plus de sensibilité, mais qui, si (irritation prend la place de cette dernière, surpassent de beaucoup les hommes en férocité. Notre étude principale doit donc être de rechercher la source de la sensibilité , et nous n'irons pas bien loin pour la trouver. Elle est dans les végétaux', qui uous entourent, qui nous pressent , qui nous invitent , comme autant de providences, à user des biens qu'ils nous ofi&ent.

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