‹ Thalysie; ou, La nouvelle existenceChapitre 8 sur 39 · DEUXIÈME BI8G0URS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME BI8G0URS

route ^ et 9 frappé de i éclat des demeures , est esposé à leur rendre ^ l'hommage qui n'est ^ qu'à ceiui qui les a formées. Il n'y a point de station dans l'autre cuite : Tesprit s^élère drok k la divinité; mais ou est^elle cette divinité défigurée par b fumée des sacrifices ? Uhomme la dierche en vain : je veux dire qu'il ne saurait s'en faire une idée juste. Ne pouvant seieTer jasqu a elle ^ il la force à s'abaisser jusqua lui ; il la fait réellement descendre du eid, sous une figure humaine , et, non content de cet anthroponaorpbîsme, lui prête les pacoles et les actions qu'on homme ordinaire aurait peolrétre honte de dire et d'exécuter. Ne valaitil pas mieuic hu^er les étoiles pour intermédiair res? Enfin, les moeurs des Israélites sont connues, et c'est tout tlire (1 3)^ Quant à celles des Arabes da coke de J<^ , on en peut juger par quelques passages de son livre. Job , pariant des &ates quâ n'a point commises , et dont la principale eût été , comme on \é pense bien , en considérant l'éclat du del oii la marche ÎB^KKante de la lune , de porter la main à sa hoQche en signe d'admiration , dit : « Je ne me » sais point rqoiù du malheur de celui qui )) me haïssait , je n'ai point sauté de joie » quand il lui est arrivé du mal , je n'ai pas

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» même permis à ma langue de' pécher en » danaiidant sa mort avec imprécation ; et les » gens de ma maison n'ont point dit : Qui » nous donnera de sa chair ? nous n'en sau- 7> rions être rassasies ». Assurément , de telles expressions y résultat évident des sacrifices sanglans y eussent paru bien extraordinaires aux peuples de l'Inde.

Il a été dit qu'on immolait des enfans sur les autels du veau céleste *. Si ces horribles sacrifices ont eu lieu , il faut en chercher la cause dans les moeurs du peuple conquérant qui, en adoptant, selon l'usage , le culte du peuple oonqub y lorsque celui-ci est policé et que l'autre ne l'est pas, altère les pratiques de ce culte, dont il méconnaît le véritable sens , et les £iit descendre au niveau de sa propre férocité. Dans l'institution primitive de ce culte ^ on était bien éloigné d'immoler Ips enfans ; on les faisait passer seulement au-dessus des flammes de l'encens pour les purifier; c'était une sorte de

* Les Ammonites, les AmorrliéeDS, ont été aocnsés de ce crime. Cétait évidemment pour les rendre odieux. On a tellement adopté Taocusation , rèlatiYement à ces derniers , qu'on s'est servi du nom de la vallée où ils passaient leurs enfans sur les flammes , pour désirer Fenfer. — Voyez la Bibliothèque orierUale éCHerbelot, au mot Gehennen.

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baptême : el c'est ici qu'il faut déplorer le malheur de ces voiles mystiques dont on jugeait à propos y dans ces temps reculés^ d'envelopper la Yerité^ pour qu'elle ne parut point nue aux yeux du peuple ; on sait trop ce qui en est rësalte. En passant les enfans au-dessus des flammes^ on croyait les régénérer, parce que les feux du taureau céleste , ou de l'équinoxe du printemps, régénéraient la nature. Cette idée fut prise à la lettre , et , ce qu'il y a de bien singulier , c'est qu'elle fut prise ainsi par les ennemis les plus acharnés de ce culte ; et delà les sacrifices taurobolîques , qui consistaient, dans la vue de se laver de ses crimes , de se régénérer^ à recevoir sur la tête le sang d'un taureau égoi^é par un prêtre , qui en gisait ensuite des aspersions sur les assistans. Ainsi, œ qui devait protéger le taureau , est précisément ce qui a été la cause de sa perte , qu'a suivie celle du genre humain, tout en marquant l'ascendant de ces idées , lors même quelles sont prises à contre-sens.

Le culte du soleil et des plantes , c'est-àdire le culte pur de la nature , languit et se coiTompt par des influences étrangères ; le gnmd Cyrus le ranime dans l'Orient : il a pris le nom du premier , et ne se nourrit que

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de pain trempé dapi l'eau de^ sa coupe , où se r^écbiasent les r^ypqs dge l'astre qu'il adore. Fort de la justice d^ S9 Cfiuse , i\ ne craint point de confier à la terre sesi restes mortelsL Q veut s'endormir sur son sein comme sur celui de sa mère ; il sait comment il se réveillera y et qu'il sortira du tombeau plus rpi qu'il ne laura été à Suze ou à Babylone. ^

Alexandre, le macédouien , semblerait n'avoir £iit son expédition d'Orient q^e pour rendre hommage au dieu visible de Cyrus. Il s'incline devant le bœuf d'Osirîs , et marche fivec son armée vers le bélier du même dieu , par une route où Ton n'a d'autre guide que Içs cadavres dessédbés des voyageurs > Iç plus sQuvent reooi^verts par les cables ; ^^is il est ooqduit du haut des airs par l'ibis , à la v^e perçante , signe qui n'a pds été aperçu de l'aripée de l'insepsé Cambyse. Il arrive , et les acolamations du désert le saluent comme fils de Jqpjter (ii). Il relève, à Babylone, ou la ville dusojeil, Tantique temple de cet a#tre , d'où il veut que ses rayons partent, comn^e d'un centre, pour éclairer toute la terre (4 5). Sa mort seule pept s'opposer à de si vastes desseins , ou plutôt ses foUes passions qui causent cett^ mort , et laissent son ouvrage imparfait. Sepoiblable au

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laoreaa , mais au tuorean furieux , il brise fœafqu'il «Mirait pu faire écloré ( l'œuf orphtqoe ). Gependatit il servit émiDemment (Mit caose en ouvrant à la sagesse des Grecs randen empire de Cyrns , et en prëpanmt Farrivée de la sage^e sans pompe et Sans figure , exprimée par la parole seule. Cette sagesse vient ; elle afiranchit le bâier du couteau sanglant , et par cet acte supprime le meurtre sur toute l'étendue de la terre. Mais cette sagesse n'est comprise qaa demi; les demeures de Dieu sont pures» odSes dé rhomme èonlinuent à être souillées , et le malheur pèse sur lui de tout le poids de ses crimes^ q[ni , désormais , n'ont phi» d'excuse. Alors l'aide Mmaine^ qui n^est {dus retenu^ prend son v^ le plus âevé. Ceu est fait ^ Numa le cède à Ro^rdus ; le cirque anéantir la pyramide, La louve , qui a nourri ce premier roi des Romains , est montée en triomphe sur ses plus hauts degrés, et^ ouvrant sa gueule énorme audessQs de son enceinte, tandis que ses yeux iati^ts errent sur tout l'univers, eUe demande , pour un simple passe-temps, mille victimes humaines par jour ^. 'Mais la cruauté ne peut

^ Cétait la comomm^on joarnafière du cirque dans toute Fétendae de Vempire romain. Que devait-ce être des grands rqias de la lonye ?

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long-temps se suffire ; son fruit est sa propre mort L'empire romain s'écipule, et, par cette barrière onvei'te , se précipite le torrent dévastateur qui a déjà envahi l'autre côté du globe , et qui a éteint dans le sang et les larmes de la terre le dernier rayon de lumière qui lui reste.

Tout est fini y tout dort Y aura-t-il on réveil ? l'espèce humaine sera-t-elle satisfaite d'un sommeil de deux mille ans ? existera-til une voix assez forte pour la tirer de ce sommeil funeste ? Cest ce qui ne serait, sans doute y au pouvoir d'aucun homme ^ s'il n'était aidé par des influences venues de [dus haut Ces influences semblent , conmie une nouvelle aurore , se présenter aujourd'hui sur l'horizon du monde. Que je serais heureux si , dans cette conjoncture , j étais seulement comme un de ces messagers hyperboréens qui^ entrevoyant le soleil après une longue absence > s'écrient en descendant la montagne où ils ont . été Fattendre : U vient , il vient , il ne nous a pas abandonnés !

FIK DU DEUXIEME DISOOUBS.

WU BJBUJLIIbKS VïïBÛÙXtÊLMm

ffoiê 1 y page 66. — Non-ieiilenieiit on a trouvé dans tontes les langues des mots tires du sanscrit , mab on a découvert encore dans les lieux les plus opposés de la terre , des signes ou des emblèmes qui dérivent évidemment du même peuple. C'est ainsi que les caractères runiques gravés sur les rochers de la Suède et du Dannemarck , offrent une parfaite ressemblance avec ceux d'origine indienne , que Ton voit sur les mines de Persépolis. On a reconnu, ce qui est moins étonnant , la même identité entre ces caractères et ceux qu'on a découverts depuis peu d'années sur les rochers qui bordent la Mer Ronge *. Une ville de la province de GuatimaUi au Mexique , Gutexcan , la Pompeîa du Nouveau-

^ Ganrt de GébeliD a tronvé heanoonp de rapport» entre la langue des Indooz et celle des Caraïbes et des natiirek de TAmérique septentrioioale. Il a remarqué aussi une grande Kodiiblance entre llnscription découverte à Digthon , non loio de Boston , et celles du mont Horeb et du mont Sinal rapportées par Pockocke, et qui sont , on n'en pent douter, ^origine Indienne. On sait que Deguignei a démontré jusqu'à révidenœ que les caractères égyptiens avaient le plus grand rapport ayec les anciens caractères chinois. SU eût été de am sujet de remonter plus haut, il aurait vu qu'ils Tenaient originairement de llnde.

Monde , ressucitée comme elle '/ présente dans ses temples des figures symboliques entièrement semblables à celles de l'Egypte , qui » comme on le sait , les avait empruntées à llnde*

Un érudit allemand , M. le professeur Schlegel , dans un ouvrage sur la langue et la philosophie des Indiens j remarque que non-seulement le sanscrit a la plus grande affinité avec te latin et le grec , mais encore avec la langue germanique; ressemblance qui* I selon lui , n'existe point uniquement dans un grand nombre de racines communes j mais dans la composition intime de ces langues , flUes toutes trois d'une même mère. William Jones avait exprimé la mâme opinion avant M. Schlegel.

On sait que le célèbre et malheureux Bailli , dans ses Lettrée sur T Atlantide, a renversé la proposition! c'est-à-dire qu'au lieu de faire venir les institutions des Indiens en Europe , il fait aller celle des Européens dans rinde , au moyen d'un peuple hé au Spitzberg ; mais comme personne n'a cru à son hypothèse j quoique fortifiée par beaucoup d'esprit et de savoir, il serait inutile de la combattre , bien qu'il ne le soit peut-être pas de répondre à une des principales assertions sur lesquelles il la fonde. « Une langue morte , dit-il à propos de celle des Indiens , qui 9 selon lui , n'est plus ni parlée ni comprise , suppose un peuple détruit ; c'est une vérité incontestable • . Or , c'est ce que je ne pourrais admettre, quand même il serait question d'une langue qui aurait

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tsÉèsé d*éi!rè éntetldaè ; eè qat n'est piA le cas Su Sanscrit. 0bè langttè morte supjpose on j^t iopposèr nu peuple coiiqîul3 , un peupld qiri a subi uiie Idi étrangère. C'est ainsi qae les Joife ne parlèrent plus qne le cbàldéen après leur retour de Balr^lotte , et ne comprirent cpi'à peiné leur andenhé langue , qai est encore pour em ce qu'est le Sanscrit pour les Indiens. Cependant le temps dé leur captivité n'avait pas été long. Ia méinè chose serait arrivée , qtioiqne avec des progrès nioins rapides , ki les Babyloniens se Ifussent établis cheis eox. C'est ainsi qa*on ne parla plus que latin dans la (jaiileNarbonnàlse , après que les Aoniains en eurent fait la cdiiqûéte , et qhe les anciennes langues ^ ta grecque , et ^ui^toht là céttiqiie , jr tombèrent eh désuétude.

Ébhvel 9 traducteur des livres sacrés des tndoutf afiBrme que les Egyptiens , les Grecs , les RoniainSi leur ont emprunté non-seulement leur mythologie, lenr cosmogonie , remarque précieuse relativement aux Egyptiens , mais encore leurs cérémeniios relîgieiises. Ils ont été les inventeurs de la morale. Le voyageur James Renell trouve dans le F'edgnia , tous les sublimes préceptes donnés aux Grecs par Pythagore et par Platon. Ils ont crée l'astrononûe * : sans eux , cette science nous serait peut-être

* Le savant astronome Legentil remarque que le xodiaque*, considéré à une certaine ^^oque , oomient parâdtement au dîmat de llnde ; œ qu'ion ne peut pas dire anssi exactement, ajoatc-t-U) du climat de l'Egypte. On voit alors dequd côté doit

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encore ineonnae. Noos lenr deTons notre- système de Qomératipn , icpie les Arabes noos jUnnsmirent , et qui a tant influé si|r les (>rogrès des sciences mathématûjues *. Laplace s^ext^sie de trouver la semaine chez tontes les nations ; il ne savait pas qu'elle était d'origine indienne » et qu'elle s'était répandue partout ** avec les autres piratiques de c^e peuple.. Du reste , cette division des jours ne doit offrir rien d'étQnn^t ^ puisqu'elle découle tout simplement de celle de l'année en mois lunaires. Enfin, lisez Théophasf re , Pfutarque , Qérodote , Diodore de Sicile , et vous serez entièrement convaincus que tout ce que l'on sait , on le doit absolument aux Indiens, on à des hommes inibus de leurs mai^mes. Je ferai maintenant une réflexion : voil4 un peuple qui a instruit tous les autres ; et c'est cependant

être llnveottoa. Le même astronome a trouvé dans Flnde lu zodiaque plQ3 ancien que celui du soJeU; c'est celui de la lune, compose de vingt-sept constellations. — Voyez les Mémoires de f Académie des Sciences , 1788 , page 390.

• La rime , ce charme de notre yersifieation , est née dans rinde, d'où die nous a été apportée aussi par les Arabes. On sait que le Koran est en vers rimes.

** 11 est cependant digne de remarque que la semaine n'existe point en Perse , quoique la Perse toit bien voisine de rinde. Les Persans ont des noms pour chaque jour de leurs moiSy qui ne sont composés que de trente ; et ik en ont encore pour leurs dnq ou six jours complémentaires ; car leur année est absolument comme celle que nous avions une fois adoptée.

Quant aux noms des sept planètes donnés par les Grecs aux jours de la semaine j la date en est si postérieure qull est inutile d'en faire mention.

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cehi dont l'histoire est la moins connue. Que disje I cette histoire même n'existe point , et ce n'est qne par hasard qu'on en trouve çà et là quel<)nes lambeaux. Il sera feicile d'en donner la raison : le peuple de llnde n'a point fait la guerre ; il n'a point conquis , comme les Romains , le donde avec l'épée pour l'asservir ; il l'a conquis avec la parole pour récbirer , et les Hommes pe conservent la miémoire que du mal qu'on leur foit.

Noie 1 y jMijr0 67. — On croit généralement que les preuiiers hommes sont nés sur le plateau de la Tartane. On a voulu dire , sans doute , que c'était de ce plateau élevé qu'ils étaient descendus , après s'y être retirés pour échapper à l'inondation de la terre. On n'a pas foit attention que les montagnes , dans llnde y se terminent par des plateaux absolument semblables à ceux de la Tartarie , avec cette diflPéreoce qu'ils sont infiniment plus fertiles. De sorte qu'il paraît que rien n*a été omis pour cettne contrée, qui devait être le berceau physique et moral du genre humain , si plutôt ce n'est point à cause de ces dispositions favorables qu'eue a été ce berceau.

NaU 3 I paye 67. — Cet animal , qui est chez nous si sauvage , si pesant , si grossier , quoique d'ailleurs si udle , participe dans l'Inde , où il a un degré d'utilité de plus, puisqu'il y possède la vélocité du cheval , y participe , dts-jci des qualités morales de l'homme ; différence qu'il ne faut pas attribuer uniquement à celle du climat , puisqu'on sait que

la vache des Hautes-Alpes ressemble i beaucoup d*^rds à celle de l'Inde. « Il n'est point de Toya- « geur TÎsîtant poar la première ftÀ les Hautes-Alpes, dit M. Baool-Rochette , dans ses LeUres rar la Suvse , qui n'ait été surpris de Taccueil qu'il y reçoit des belles et puissantes gâiisses qui l'abordent, l'entourent et l'escortent avec des marques d'une joie expressive et d*une bienveillance si pétulante, ' qu'il en est souvent intimidé. Cet empressement va quelquefois jusqu'à leur foire franchir des haïes ou des fossés pour venir au-devam de lui , et souvent ce n'est pas sans pein^ qu'il parvient à se dérober à la vivacité de leurs transports et à la violence de leurs caresses. »

Il n'y a point de doute que les vaches des Hautes- Alpes ne doivent leur douceur et leurs qualités sociables , comme celles de l'Inde , à la nature des herbes dont elles se nourrissent. Les buffles de la campagne de Rome , les vaches de h Camargue , vivant des plantes acres des marécages dont ces pays sont couverts , sont excessivement rudes et, sauvages. ( Je ferai plus tard une remarque analogne relativement au sanglier. ) Il est encore digne d'observation que le chamois, qui habite bien au-dessus de ces vaches , dans des régions, abandonnées aux neiges , aux ouragans et aux tempêtes , où l'aigle même ne pourrait exister , est , grftce au genre de sa nourriture , extrêmement sensible et doux., Son œil humain se remplît de larmes comme celui de

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h gaidle^ <fDie k» feai bràlams da désert u'iM point eadarcie non plus , et ce» larmes hai qaelqiirfoU oouler celles da barbare chasseur qui n*a pas craiot de lui doDoer la mort.

Noi» & , foge <?• — Les mystères da culte du soleil se célébraient dans un .antre : de là le choiii de nie Elépfaanta , où les monumens extMeurs aoBonçaient l'objet de l'adoration.

On peuse qu'en Egypte les excayationa sont veuues après les pyramides ; mais l'Egypte , si ancienne par rapport à nous , est un. pays nouyeau jcomparée aox. grandes nation& de l'Asie blinde , la Babylonie. Or , je le répété ^ la pyrsunide est d'origine si^iatique. Celles de l'Egypte sont imitées des derniers pays que je Tiens de nommer. Vwnak les plus ancfenines , qoe l'on trouve dans la plaine des* Momies, il en est qui sont formées d'assises , lesquelles vont en . diminuant^ absolument comme dans le temple de Mus , à Babylone , qui leur a évidemment servi de modèle.

Note 5 , page 68. -^ Les hommes ont fait leurs temples à l'imitation de leurs demeures , comme les sacrifice» ont été £ûts à l'imitation de leurs repas. Or , ^es hommes étaient au commencement troglodytes et frugivores : de là les monumens et la r^ésentatioa dont je parle.

L'éléphant est encore adoré à Geylan. Toute la prière que les habitans de cette He adressent à leur dieu consiste à lui demander pour eux la sagesse et

l'intelligeDce dont {I a doaé cet animal. Ce sentiment est partagé à beaucoup d'égards par les Earopéens qui sont dans llnde , lesquels ne mettent presque aucune différence entre ceux qui mangent des éléphans

et ceux qui mangent des hommes. Ils croient tellement

à sa moralité, qu'an rapport de Thunberg, ils appellent vendeurs d'âmes ( eaeher kooper ) les éléphans apprivoisés dont on se sert pour (aire tomber les autres dans le piège *. Or , on sait que ce même nom est donné en Hollande à ceux qui enlèvent des hommes pour le service de la compagnie , par des procédés qui sont absolument du même genre.* Il y a plusieurs représentations d*éléphans dans quelques endroits de TEspagne ; elles doivent accompagner les excavations de ce même pays » qu*à ce compte on attribuerait mal à propos aux Maures , et' ce n*est pas là le seul ressouvenir de Tlnde qni

* A Achin , où l'oa a exerce rëléphaot à 6ûr)e Voffice de bourreau , on a mccoona la dignité de cet aDimal. L'homme est plas expert que loi en crnauté.

M. Cuvier trouve moins dlntelligeoce à TélëphaDt qu'an chieù '; mais cet habile naturaliste n'a vu Téléphant que captif. Or y le chien , né féroce , et par oonséqnent stupide, a beaucoup gagné dans la société des hommes ; l'éléphant , né avec des qualités tout4-fait opposées , y a beaucoup perdu.

Ce que dit Pline de l'éléphant est très-remarqoable. G>mme les habitans de l'île de Cejlan , il le croit doué de qualités morales... Imo vero ( quœ etiam in homme rara ) pro~ (nias , prudentia , œquUas ; religio quogue siderumj sotis que ac lunce veneralio. 11 pense aussi qu'il a llnstinct de la justice , et même quelque chose de plus j divinaiionem quendam jusliiùe.

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existe eo Es(Migne ; oo y-recroave aussi les danses sacrées des bayadères , danses qui , malgré la sévérité da christianisme ^ont exécutées , dans I latérieor même des temples , dans tous les pays de Tancienne dominatiod espagnole d'oulre-mer. Hles font partie du culte indien sur la reproduction des êtres , culte rendu honteux par la corruption des mœurs. En France , ou ces danses n'ei^istent pas , et ne sauraient exister , par la raison d*une civilisation plus élevée , on retrouve en échange d antres objets qui rappellent ce même culte. Il n'est point de village de ce pays qui ne présente j sans qn'on s'en doute , dans des comestibles d'un usage journalier , des images pareilles à celles que l'on portait aux fêtes 4*0siris ; comme il n'en est pas non pins où l'on ne retrouve, au temps marqué , le grand symbole de la reproduction , l'œuf orphique , cet œof de réquinoxe du printemps, peint comn^e l'est h robe de la nature à cette époque , du moins dans le pays où ce culte a pris naissance.

Je n'oserais ajouter que j'ai remarqué beaucoup d'emblèmes tirés de la mythologie des Indiens dans les scalpture& de quelques anciens cloîtres de France, si je n'y étais encouragé par quelques réOexîons d'an auteur que j*ai déjà cité , de l'astronome LegentU. La sculpture de ces cloUres était, selon tOQtes les apparences , l'ouvrage d'artistes venus dltalie , et qui avaient reçu de l'Orient ces idées 91IIS mettaient en œuvre sans les comprendre.

Noie a , page 69. -^ Lé temple de Cholula , monument colossal qoe Ton roit enfcore Mt le vaste plateaa de la Puebla , au Mexique , est dé la même forme pyramidale que les pagodes de Tlndeslân ; et il est remarquable que bien qtt*on ait reconnu que tontes les pyramides qui s'élèvent des aticîen-^ nés ruines du Mexique étaient construites d'après les mêmes principes que (es grandes pyi^mides d'Egypte , elles ressemblent néanmoins beaucoup plus aux pyramides de llnde et de la Babylonie. Ces renseignemens pourraient servir à donner quelque lumière dans les recherches que Ton fait aujourd'hui pour fixer l'antiquité de ces monumens.

Note 7 , page 69 . — Les pierres nommées agiey , d'où est venu sans doute le mot aggleston , lesquelles étaient consacrées à Apollon-AgyeuSy ou qui présidait aux routes j et que les anciens plaçaient , dans cette intentioji , sur la porte de leurs maisons , se terminaient en pointe , à l'imitation de celles de Phénicte , et des autres contrées où était établi le eulte du soleil.

Note 8 y page 70. — Allumer de grands feux au milieu de l'été , voilà ceites un fidt sbgulier , et dont on devrait se demander la raison , quand on rignore y si l'on était autre chose qif un animal iThahiiude , expression vulgaire par laquelle l'homme semble prendre plaisir à se désigi^r lui-lnême. Dans une grande partie de l*Europe, outre ces feux, on

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célèbre encore le aolstice d'été; lonjocirs sans s'en douter, par des couronnes de fleurs que Toa place au-dessus de la porte d'entrée des maisons ,, où on les laisse jusqu'à Tannée suivante, où elles sont remplacées à )a même, époque par des fleurs nouvelles. ( Ce sont les feux et les fleurs de la Saint- Jean. ) Ce reste du plus ancien des cultes s'est aussi conservé ailleurs; ou le retrouve dans les glaces de la Sibérie : « Les femmes Tchouvaches. » dit Pallas , font lé matin leurs prières devant un faisceau sacré appelé Irith ( d'Iris sans doute ). , /composé de quinze jets de ro»er sauvage choisis , longs d'environ quatre pieds , et liés ensemble par le milieu, avec un lien d^écorce. Chaque maison a le sien. On le place dans des chambres collatérales ^ qu'on a le soin de tenir bien propres ; on le met dans l'angle leplusapparent. Personne n'ose le toucher jusqu'en automne , ^que à laquelle on va en chercher on autre lorsque les feuilles sont tombées. On jette dévotement l'ancien dans une eau courante » . Paflas n'a voulu raconter qu'un feit,. en passant ; iDaU. heureusement qu'il n'en a omis aucune circons-». tance. Ces mots : lorsqtu les feuilles sont tombées , peigoeui évidemment le solstice d'hiver. La fleur du bisceau n'est point ici Indifférente , puisqu'on sait <pie b rose représentait le soleil. Le fleuve où l'on jette le bouquet flétri est l'image du temps, qui emporte tout. Il ne faut point 4tre surpris que la Sibérie ait conservé dans l'expression de ses symboles

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plus de vérité qae Tltalie oa la France ; elle esi sur la roale de Flnde *.

Pour imoi , je regarde cette époque du solstice d'été comme la plus intéressante de toutes celles de la nature , convaincu que c'est elle qui a présidera la formation des êtres. Les plus anciennes théogonies ne d<jnnent que six jours à cette création, quoiqu'elle dût en avoir dix , d'après nta conjectnre; mais ces quatre jours auront pu aisément échapper i l'observation , dans ces temps reculés. Cette époque, où le mouvement général semble stationnaire , où le globe que noua habitons paraît s'arrêter pour recevoir les influences du soleil, est , je le répète , si remarquable, que ce n'était pas trop pour la célébrer de l'illumination de toute la terre. Qu'eùt-ce été si on l'eût entendue comme je viens de l'expliquer ?

Au reste , ces noces du soleil et de la terre, ordinairement douces et suaves , et annoncées à l'avance par une lumière , particulière expression de l'amour ( la lumière zodiacale ) , et qui forme l'habit nuptial de l'heureux époux , le sont quelquefois par des signes tout-à-fait opposés. Les ténèbres rem-

.* Les livres viemient à Fappai des pratiques. Il ea f ot troiiyc et détroit on ^and 'nombre, dans Payant dernier dède, an pays des Kalmooks ; cependant qodqoes feoillets ayant échappé par hasard à la destraction , ils furent apportés an czar Pierre , qni , n'ayant point tnravé chez loi de sayans capables d'en déchiffrer le sens , les envciya à notre acadénie des Inscriptions et Belles-Lettres, laqoelle reconnat dans ces fngmens les caractères , la langue et la morale do Thibet.

DD DEUXIÂMB DISC0UA8. 9u

pbcent k Inmière ; d'affreux orages retenlûsent dans les airs , dont le calme n'était interrompu que par les voix mélodieuses des oîseaax. On n'en peut donter ; c'est un génie malfaisant et redoutable qui a pris alors la place du véritable époux. Peut-on s'étonner, d'après cela, qu'il y ait sur la terre tani d'êtres qui lui ressemblent!

* Noté 9 , paye 70. — En élevant ce grand monument an soleil , Chéops supprima en même tenu les sacrifices sanglans ; l'un était la suite de l'autre ; et y par une conséquence tout aussi juste , les ouvriers employés à son érection ne furent nourris que de légumes. Hérodote a vu l'inscription qui en bisait foi; il en fut consommé pour la valeur de seize cents talents. Or , le talent d'Egypte étant le double du talent attique y qui , d'après Peucton , valait S359 fr. de notre monnaie , et, selon d'autres, beaucoup plus , on v6it quelle somme énorme a dà être employée pour ce seul objet.

NoU 10 , page 71. — C'est quelque chose de bien remarquable , que ces fils du grand dieu du ciel descendus tous sur la terre pour adoucir les mosurs des hennnes , en leur apportant le régime des herbes.

Noté a j page IZ. — On revient maintenant à l'opinion que les pyramides d'Egypte n'étaient autre chose que des tombeaux. Vdney , décomposant ce mot , y trouve pour dernier résultat le caveau du mari ; cependant il ne peut faire qu'il n'y ait du f^ dans la première syllabe , quoiqu'il en change la

{HTononeiatioD. Eb bien ! acoordoBs les deui opinioBs, admettons que le roi Ghéo{» fil élever là grande pyramide poor y déposer sûrement son corps , q«*il se proposait d'y venir r^rendre an boat de quarante mille ans , cela empéeherai^il qoe cette pyramide n'eût été consacrée ^ au soleil ^ à l'exemple de celle du temple de Bélus , qui , je, le répète , fnt le premier modèle des pyramides d'Egypte ? et ce qui le prouverait sans réplique, c'est que les Sabéens i adorateurs du soleil y venaient de trè»^in pour célébrer leur culte au pied de ces gigantesques monuBMBs.

Ajoutons y comme une preuve de plus , que les pyramides étaient orientées. Aujourd'hui ^ d'après les mesures prises lors de la derrière conquête bile par nos armes, elles dévieraient de la vraie méridiepfie de 19^ 58'^

Noie 12 , page 75. -r» Depuis que ceci est écrit, on m'a communiqué un nuntf^ du Globe , journal littéraire remarquable par le rare talent de ses rédacteurs ( c'est le dO.* du tome 5 ) , où » dans une notice sur Behont , je lis ces mois , à propos des pyramides : « La seconde, du moins, parait uniquement 9 avoirétébàtiesurlecofiaeildesprétres|iourr0o^2«r > lêê ro$te* de quoique apie, nusieur» années après » le voyage de Belzoai , on a trouvé par^lement le » crftne d'un bœuf dans une des j^ramides-doSaUiara. » Ainsi , à la place de la haute sagesse que l'on se » plaisait à attribuer aux antiques poMtructeura des » pyramides , on ne peut s'empêcher aojourdi'htti de

• les r^arder comme no peuple superstiiieux

• jusqu*à la puérilité * • .

Il parait que c'est cette découverte faite dans une des pyramides de Sakhara, qui a ouvert les yeux des saTans sur cet objet, sans qu'ils y aient Vu plus clair .' pour le reste. Assurément , ce serait une grande puériliiéy comme le dit Tauteur de l'article cité, que d'élever une énorme pyramide pour y renfermer les ossemens d'un taureau -, mais si , dans le langage hiéroglyphique, ces ossemens expriment tout ce que j'ai dit dans le texte touchant cette pyramide , y a-til à cela de la puérilité? Les Indiens gravent sur leurs pagodes une fleur de nymphaea qui équivaut aux six lettres au moyen desquelles nous désignons <le sdeil , est-ce à dire qu'Us ont bâti pour cela leurs pagodes ? Il ne faut pas trop se presser de condamner les opinions d'un peuple , quelque absurdes qu'elles paraissent , lorsque ce peuple a d'ailleurs une renommée justement acquise ^ il faut croire qu'elles ont îu fondement inaperçu. On s'est beaucoup moqué des Chinois , qui donnent à la terre, pour base, une écaille de tortue ; et je n'avais jamais pensé en effet que cette figure pût renfermer un grand sens ; mais quapd j'ai vu sur les murs du palais de Thëbes

* Vers le même temps que le Gïohe s'exprimait avec ce népns^nn de nos savans constatait, par des calcnbrigouitDx: « que 32S5 aos avaot rèrechrétienDe, les Eg3rptieiis avaient déterminé dans le cid la vraie position de Téquinoxe Ternal y dn solstice d'été et de Téquinoxe d'automne ^ qu'eti ootre, 1505 ans plus tard , 'îls; avaient reconnu que ces points

le monde appuyé aussi sur une tortue portée par un soldat , j'ai compris ce que cela voulait dire , et je Tai ccmipris encore mieux. , lorsque sur les mêmes murs ^ à la place du soldat , j*ai tu une

Cérès.

Nota benè. — L'omission d'un chiffre a causé une4^ère erreur. Les chiffres 9, Il et 12 du texte, donnent de fausses indications. La note 9 doit se rapporter au mot Chéops , page 70^ ligne 19; la note 11 , au mot s'indigner, dernière ligne de la même page; la note 12, an mot pyramide, page 73, ligne 9. * On se trouve feroé de répéier le chifiÛ» 12 avec le mot bis, dont la note répondra au chiffre 12 du texte.

Noie 12 bis j page IS. — Quoique le secret ait été bien gardé sur les mystères de Ttle de Samothrace, il n*y a point de doute qu'ils ne fussent relatifs au culte de Cérès , et qu'ils n'aient donné naissance aux mystères d'Eleusis, encore plus célèbres, et si attachans qu'ils ont survécu à la ruine même de la Grèce. Eh ! de quoi s'agissait-il dans ces mystères , auxquels se faisaient initier les héros et les rois ? ' D'un honmiage au soleil et aux plantes , c'est-àdire à la bonté de l'être invisible manifestée dans ces objets visibles. On peut aujourd'hui s'initier aux mêmes pratiques sans être ni héros , ni roi ; il

primitifs s'étaient conddérablement déplacés , et qu'ils avaient exprimé ces deux états sur leurs monumens ».

Certes , il n'est pas accordé à tout le monde de faire de telles découvertes , et de les graver aussi profondément Cela demanderait un peu grâce pour les superstitions.

DV BE17X1ÉIUI DISCOIJBS. 99

sirik d*éire haatàie. Ceux qui objecteraient qae le terni y ouiaqiie ne aendeol poim dignes de cette Bomelle initiation.

NaU 13 , page 77. — Les brûles, pins féroces qoe les Tartares d*4.ttiia , traitèrent , i la façon de finUrdU, tons lès peoides qui se rencontrèrent aar leir chemin , ou qu'ils trouvèrent au bout de cette ligne de sang qu ils s'étaient tracée ; c'est-à-dire qilb égorgèrent tout sans pitié , femmes , en&ns , fieillards. Cependant ces atrocités ne leur furent point reiiilaes par ceux de ces peuples adorateurs de Baal , qui eurent le dessus sur eux ; ils se cootentèrent de leur imposer leurs lois , ou de les amener en servitude ; et il est encore digne de remarque , que toutes les fois que les Israélites adoptèrent emç-mémes ce culte , ce qui leur arriva soaveiit , leur caractère parut ' s*adoucir , soit à eaase de la grâce particulière des filles de Môab^ <m autres baalines , qu'ils prenaient alors pour épouses ( on peut affirmer que Salomon , plus tard , n'eût jamais composé son délicieux Cantique s'il n'avait eu sons les yeux que de tristes juivea)^ soit parce que la nature sensible et palpable est douée d*un ckameaiiÉluel il est difficile de résister. Leur attachement pour ce même culte , dès qu'ils l'avaient émisasse , n'est pas moins remarquable ; nous en avons un exemple dans l'histoire de Gédéon : lorsque ce jeune boDune i simple et crédule , obéissant à des ÛMtigaiions qui étaient d'accord avec ses propres

penchaos , eat détruit avec son boi» sacré le femple deBaal , dont son père étail prêtre , le peuple, en fureur , entoura la maison de oe dernier^ demandant à grands cris le sacrilège y afin de le mettre à mort. A la vérité, le prêtre de Baal , moins prêtre que père dans ce moment , refusa de livrer son fils ; et il répondit à ceux qui demandaient sa vie , que si Baal était dieu , il serait assez fort pour venger lui-même son injure ; paroles pleines de sagesse , et qui, bien qu*elles infirment un peu ce que je viens d^avancér , si elles eussent été prises pour règle de conduite , à la place de beaucoup d'autres qui ne les valaient pas , auraient épargné à la terre bien des larmes.

Le temple de Baal et son bois sacré furent donc détruits par Gédéon , qui ramena les Israélites à leur férocité habituelle. Qu'y gagna-t-il ? Le voici : un de ses fils mit tous les autres à mort, en leur écrasant Ivitéieêur- la même pierre; ils étaient soixante-dix ! Un seul échappa heureusement ; ce fut Jotham , à qui nous devons cet apologue fameux des arbres qui veulent élire un roi , un des plus admirables morceaux que Tantiquité nous ait laissés.

Note 14, page 80. — On a cru jusqu'à présent qu'Alexandre s'était donné réellement pour fils de Jupiter, et c'était aussi Tidée d'Olympias , qui en plaisante agréablement. Il faut joindre cette erreur à tant d'autres que le temps à consacrées; erreur qui tonlefois n'en serait une que dans le sens qu*on veut

I>U DEUXIÈME DISCOUBS. lOl

l'entendre ; car qui dontera qoe le vaillant et gëné^ renx Alexandre ne fût fils du soleil da priniempsi repr&enté par an bélier dans le temple d*Amfnon ? Après qu*îl eut été initié à ces mystères , il adopta les cornes de cet animal , qui , on mémoire de lai, le forent aussi par ses successeurs , comme le témoignent des médailles de Lysimaque, frappées à Bysance j el qui sont parvenues jusqu'à nous. Ce fut par une saite de cette même idée que ses flatteurs le firent adorer dans la Grèce sous le nom de Bacchus iiidien. Diogène n'aurait pas du s'y méprendre , ainsi qu'il l'a fait.

Une accosation non moins grave a été portée contre le même conquérant , et je prendrai encore sa défense ^ar ce sujet , car j'aime Alexandre, malgré ses dé£iuts. Il est (gestion de ces paroles que Plutarque , quoique son grand panégyriste, lui reproche, en ajoutant qoe ce sont les seules , de toutes celles qu'il a prononcées , qui soient indignes de lui , lorsqu'en voyant dans la salle des bains de Darius ses flacons , ses boites de senteur, et tout le luxe de l'ameublement, il s'écria : Celui-ci était véritablement roi ! Mais comment Plutarque n'a-t-il point vu qu'Alexandre ne parlait ainsi que d'un roi de barbares? A cette époque, antérieure au meurtre de Clitus, qui dérangea quelque peu son cerveau, il n'avait point encore pris les mœurs des rois de Perse ; on l'embrassait en l'abordant , et celui à qui il refusait cette faveur pouvait s'en moquer en disant: Je me relire comme les autres, à cela près

102 NOTES BU DEUXIÂMB DISCOUBS.

d'mi baiser de aïoins. Il n*étaii| en un mot^ que le chef des MaGédoniens f c*esuà-dire le premier entre ses compagnons. Comment donc siq>poser que loi , qui avait rendu la liberté à la Grèce afin qu'il y eût dans le monde de jnstes appréciateurs des actions Tortueuses I et c'était assez dire qu'il ne s'en prc^Kisait point d'autt^ i eût voulu faire l'éloige de la royauté absolue , qui éteint toute espèce de jugement , el change les hommes en brutes ! AjoulOBs uo mot sur Aleiandre : il n'était point philQsq>be , quoiqu'il aût lait quelques efforts pour le devenir ; mais je peue que de tous les enfans de la nature, j'appelle de ce nom ceux qui sont sortis tout formés de son sein , et auxquels l'art n'a pu men ajouter , Ale&andi!e e^ celui dont elle doit être la plus fièi«.

Noie IS 9 jHigê 80. — C'était le temple de Bêlas , connu de la multitude sous un antre nom. Ce temple était formé de plusieurs tours qui allaient en s'amincissant; ce qui lui donnait Faspect d'une pyramide. Il était beaucoup plus élevé que celles d'Egypte, et avait sur elles cet avantage , qu'il pouvait servir d*observatoire.

Tqos les hommes vivaient de fruits ^ les animaax même n'avaient point de proie i iine époque antérieure à celle du grand cataclysme qui a bouleversé la terre ^ et l'a environnée d'une atniosphère nouvelle y moins que l'autre aux influences célestes, de même qu'après ce cataclysme elle conservait dans son bouleversement beaucoup de restes de son ancienne structure j elle ne perdit pas non plus entièrement le souvenir des temps heureux qui l'avaient précédé ; et partout oii la main de Dieu daigna s'ouvrir^ les hommes se hâterçnt pour recueillir ce qu'dle renfermait , et ne cherchèrent point

106 nuLTsix.

la terre Çti^ttpoc, c'e9t4-dire qui dcmne la vie, 0U| dans un sens plus précis, oQmme Teutend Pline y qui donne l'épeautre.

Mais rien ne peint mieux la haute idée que les Romains , en particulier y avaient du r^ime des herbes, que le mxAfrugi, par lequel œ peuple , doué de tant de grandeur tout le temps qu'il fut animé de cet esprit , ainsi qu'on le verra* dans le discours suivant, désignait l'assemblage de toutes les vertus. Ils ro[^osaient à la dénomination de gurges , qui peignait l'état opposé , et qui est malheureusement l'état ordinaire de l'espèce *. L'homme ,

* O gurges Galioni ! ( Luciltcs. ) Frugi piso, ( Ciceeo. ) Sum bonus et frugi, ( Horace. )

n faat remarquer que le mot fruges » d'où Yiést odû de fhigi, p'exprime point seulement le {raïijflructus, mais toutes les substances que la terre fournit généralement pour la nourriture de Thomme. De là est venu aussi le verbe fhior (je jouis ), dont le supin est fhtctum. Ces courtes remarques prouveraient au besoin que Tétude des langues est plus phUosoj^iique qu'on ne pense.

Rappelons encore que le mot fête , auquel on a donné une consécratiop religieuse , mais dont on se sert aussi pour exprimer une grande joje , tme joie partagée par beaucoup de monde , signifie un rejeton , une brancbe qui pousM a un ari»re; enfin, le retour de la nature. On dira que beaucoup (kt carnivores voient avec plaisir l'arrivée du printemps; cte possible , mais ib ne s'en font point une f/le.

TROISlim JH8C0URS. iffi

«D effet, pcKnraît être représenté aoos Fimage cTime gueule béaole, d'un gouffre où toute la nature ▼ient s'englouUr.

Ce respect religieux que tous les hommes ont pour le pain *, et que la viande ne partage point , quoiqu'elle dut Texciter bien davantage, prouve qu'ils reconnaissent que cette dernière nourriture ne lear a point été donnée, par la providence , et qu'ils en sont les injustes et barbares ravisseurs.

Ce fleuve de vie qui arrosait toute la terre, Fa , îe le répète, successivement abandonnée, à peu de chose près , et elle^ est devenue au moral ce que serait VEgjpte au propre, si les sources du Nil venaient à tarir. Nous allons jeter un coup d'œil sur les contrées qui ont été jadis soumises au régime des herbes , qui le sont encore , ou que baignent seulement quelques filets de ce fleuve ou quelques fia-*

^ Le aiot péMÎs , d'oà nous avons tiié oelai de pûp , vkni, adoB G9ii|^ de Gâielin , de Pan , qpi représentait la nature entière , le grand tont , dont on s'est servi ppnr dédgiier la noarricare par excellence. Le pain, dans cette langue imitative, se prononce avec une donoe pression des lèvres; kvotofaa^r, au contraire, se prononce avec une fohe aspiration, nne grande ohTertnre de la bouche, et exprime l'acte en même temps que les cris raoïpies et sourds de roiseau de proie*

t08 THALTSIE.

ques de ses eaux détournées. Nous verrons si y même les dernières, ne sont pas relativement aux autres y ce qu'est un jardin comparé à un désert.

Je commencerai par l'Inde , contrée sur laquelle tant de siècles ont passé sans altérer le principe qui l'a rendue l'antique bienfaitrice du geni^e humain. J'ajouterai quelques mots à ce que j*en ai dit dans le discours qui précède*, c'est-à-dire qu'après avoir parlé de l'Inde ancienne , je ferai voir ce qu'elle est à l'époque actuelle.

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