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ANATOMIE. — HYALITIS. — OPACITÉS DU CORPS VITRÉ. CORPS ÉTRANGERS

Anatomic. Nous avons exposé, messieurs, en donnant quelques détails sur le ligament suspenseur du cristallin (voy. p. 394),que la zonule devait être regardée, au point de vue embryogénique, comme appartenant au corps vitré. En réalité, elle n'est que la continuation de la portion ciliaire de la membrane qui enveloppe ce milieu, autrement dit l'hyaloïde qui s'étend au-devant de toute l'étendue de la rétine, dont elle a longtemps été décrite comme couche limitante interne. La masse gélatineuse du corps vitré vient s'adosser directement à la capsule postérieure du cristallin (qui, elle aussi, représente au point de vue embryogénique l'enveloppe du corps vitré).

Près du bord cristallinien, cette substance gélatineuse s'écarte un peu de ce bord ainsi que de la zonule, et laisse un espace rempli de liquide, qu'on désigne sous le nom de canal de Petit, Cette couche triangulaire de liquide, déKmitée en avant par la zonule, en dedans par le bord du cristallin, en arrière par le tissu propre du corps vitré, s'effile en lame capillaire jusque vers Xora serrata^ où elle cesse avec la portion ciliaire de la membrane hyaloïde. Par de petites ouvertures disposées dans les plis radiés de la zonule, cette couche de liquide communique avec celle qui, placée derrière l'iris, représente la chambre postérieure.

A part les stries et les plis que forme l'hyaloïde dans sa partie antérieure pour constituer, en s'attachant au bord cris-

tallinien, la zonule, cette membrane est absolument homogène et lisse. Du côté de la rétine, son aspect uniforme n'est interrompu que par les nombreuses insertions étalées de fibres à support radiées de la rétine. Par contre, à sa surface interne, sur laquelle repose la substance gélatineuse du corps vitré, siègent de petites cellules plates, à noyau entouré d'un protoplasme dont le contenu assez indécis se perd dans la substance diaphane environnante (Schwalbe Ciaccio). La répartition de ces cellules sus-hyaloïdiennes est tout à fait irrégulière et inconstante, ce qui s'expKque, du reste, par leurs mouvements amiboïdes propres et leur provenance. Ce sont, suivant M. Schivalbe^ des corpuscules blancs, des leucocytes en mouvement sur la membrane enveloppante du corps vitré, qui proviennent des vaisseaux du corps vitré et de ceux de la papille, et qu'on regardait autrefois comme l'épithélium hyaloïdien.

Renfermée dans cette enveloppe hyaloïdienne, se trouve la masse du corps vitré, qui présente d'autant plus de consistance qu'on se rapproche davantage de sa surface externe, tandis qu'il devient de plus en plus liquide dans ses parties centrales, lesquelles sont parcourues par un canal à parois membraneuses. Chez l'homme, la portion plus résistante du corps vitré est composée de couches concentriques et superposées ; par contre, le noyau, plus Hquide, se subdivise en segments radiés qui s'insèrent à l'axe que forme le canal central. Du reste, ces études histologiques si subtiles n'offrent que peu d'intérêt au point de vue des questions de thérapeutique qui doivent nous occuper ici.

Quoiqu'on ait fait bien des tentatives pour découvrir entre le stroma gélatineux et le hquide nourricier qui le traverse, des parois représentant le cloisonnement susmentionné, ces recherches n'ont pas abouti, et il paraît exister ici un arrangement analogue à ce que nous avons vu pour le ciment cornéen et les espaces lymphatiques : le ciment se durcit un peu près de l'endroit où le courant lymphatique s'est creusé

un chemin, mais sans pourtant qu'il soit possible d'isoler une paroi. Au lieu d'un tissu résistant, nous trouvons pour le corps vitré une substance gélatineuse qui rend encore beaucoup plus difficile l'étude des rapports de ce stroma déliquescent avec les espaces lymphatiques qui le traversent.

Au centre du corps vitré, il n'existe autre chose qu'un canal membraneux et vitreux, contenant un liquide transparent qui traverse son stroma de la papille à la capsule postérieure du cristallin {Stillmg), Le canal hyaloïdien met en communication les voies lymphatiques de la partie antérieure du corps vitré avec celles du nerf optique (Sckivalbe). Ce canal renferme, chez l'embryon, l'artère hyaloïde qui se distribue dans la fossette patellaris ; après l'oblitération de ce vaisseau, il est donc présumable qu'une communication persiste avec l'espace qui contourne le bord du cristallin, et, comme M. Michel a réussi à le faire chez le porc, qu'il est possible d'injecter le canal hyaloïdien en poussant un liquide dans le canal de Petit.

Tandis que chez l'embryon le corps vitré incomplètement développé renferme des cellules assez nombreuses, celles-ci sont très-rares dans le stroma gélatineux de ce milieu arrivé à complet développement. Il en est de même des quelques fibrilles extrêmement ténues qu'on ne rencontre qu'au proche voisinage de Tora serrata, et qui viennent renforcer celles de la zonule. Les cellules qu'on observe dans le corps vitré parfaitement sain d'un adulte sont fort rares, et représentent toutes des cellules migratrices, à mouvements amiboïdes très-accusés, changeant, par conséquent, de forme, au point de faire croire à la présence de divers genres de cellules. Ce sont des leucocytes qui, en s'imbibant pendant leur passage à travers la masse gélatineuse du corps vitré, et se pressant à travers ce milieu visqueux, offrent des prolongements, des dilatations sous forme de larges vacuoles. La séparation de petites parcelles arrondies provenant du protoplasma et se détachant des prolongements effilés de ces

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