‹ The High school French reader with vocabulary and notesChapitre 48 sur 126 · MORT DE CÉSAR · texte numérisé non relu

MORT DE CÉSAR

Pendant que César s'avançait, un sénateur, Popilius Lena, qu'on savait instruit de la conjuration, s'approche de lui, et lui parle quelque temps à l'oreille: une consternation soudaine saisit alors tous les conjurés, qui, se croyant trahis, portent déjà leurs mains sur leurs poignards, décidés à se tuer 5 pour éviter le supplice. Brutus seul, jugeant au maintien de Popilius qu'il était plutôt suppliant qu'accusateur, rassure d'un coup d'œil ses complices.

Dès que César est assis, Cimber se jette à ses pieds, lui demandant le rappel de son frère qu'il avait exilé. Les autres 10 conjurés entourent César pour appuyer cette demande : le dictateur refuse ; trop pressé par leurs instances, il veut se lever; Cimber le retient par sa robe. C'était le signal convenu. César s'écrie : " Ce ne sont plus des prières, c'est de la violence." Casca, placé derrière son siège, le frappe à 15 l'épaule, mais faiblement, car la crainte d'un coup si hardi rendait sa main tremblante et son poignard incertain. " Misérable ! que fais-tu ? " dit César en se retournant ; en même temps il perce le bras de Casca avec un poinçon qu'il tenait dans sa main. Casca appelle son frère à son secours ; tous 20 les conspirateurs tirent leurs poignards ; César s'élance sur eux ; il écarte les uns, renverse les autres ; il reçoit enfin un coup de poignard dans la poitrine. Le sang qu'il perd, les glaives qu'on présente à ses yeux n'effraient pas son courage ; il se défend de tous côtés, quoique sans armes, comme un lionsô furieux et blessé ; mais au moment où il aperçoit Brutus qui lui enfonce son poignard dans le flanc, il prononce en gémissant ces paroles : " Et toi, Brutus, aussi ! " Alors il cesse toute résistance, s^nveloppe la tête, reçoit sans se plaindre tous les coups qu'on lui porte, et, par un sort étrange, tombe so et meurt aux pieds de la statue de Pompée.

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