‹ The Ontario high school French reader [microform]Chapitre 7 sur 35 · LE CHIEN DE BRISQUET · texte numérisé non relu

LE CHIEN DE BRISQUET

CHARLES NoptEr (1780-1844) was one of the writers of the new Romantic movement of the early nineteenth century, at the head of which we find Victor Hugo. The works of Nodier are numerous, but he is best known by his short tales (Trilby, la Fée aux miettes, &c.), which are charming and rank among the best of his period.

En notre forêt de Lions. vers le hameau de ]a Goupil-

lière, tout près d’un grand puits-for

g qui appartient à la Chapelle-Saint-Mathurin, il y avait un bonhomme, bûcheron de son état, qui s'appelait Brisquet, ou autre-

ment ie fendeur à ia bonne hache, et qui vivait pauvrement

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du produit de ses fagots, avec sa femme qui s'appelait Brisquette. Le bon Dieu leur avait donné deux jolis petits enfants, un garçon de sept ans qui était brun, et qui s’appelait Biscotin, et une blondine de six ans qui s’appelait Biscotine. Outre cela, ils avaient un chien bâtard à poil frisé, noir par tout le corps, si ce n’est au museau qu'il avait couleur de feu; et c'était bien le meilleur chien du pays pour son attachement à ses maîtres.

On l’appelait la Bichonne.

Vous vous souvenez du temps où il vint tant de loups dans la forêt de Lions. C’était dans l’année des grandes neiges, que les pauvres gens eurent si grand'peine à vivre. Ce fut une terrible désolation dans le pays.

Brisquet, qui allait toujours à sa besogne, et qui ne craignait pas les loups, à cause de sa bonne hache, dit un matin à Brisquette:—Femme, je vous prie de ne laisser courir ni Biscotin ni Biscotine, tant que M. le grandlouvetier ne sera pas venu. Il y aurait du danger pour eux. [ls ont assez de quoi marcher entre la butte et l'étang, depuis que j'ai planté des piquets le long de l'étang pour les préserver d’accident. Je vous prie aussi, Brisquette, de ne pas laisser sortir la Bichonne, qui ne demande qu’à trotter.

Brisquet disait tous les matins la même chose à Brisquette. Un soir il n’arriva pas à l’heure ordinaire, Brisquette venait sur le pas de la porte, rentrait, ressortait, et disait, en se croisant les mains:=—Mon Dieu. qu'il est attardé !.…

Et puis elle sortait encore, en criant :— Eh! Brisquet !

Et la Bichonne lui sautait jusqu'aux épaules, comme pour lui dire:—N'irai-je pas ? =

-Paix! Jui dit Brisquette—Econte, Biscotine, va

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pèt pas.—Et toi, Biscotin, suis le chemin au long de l'étang,

16 HIGH SCHOOL FRENCH READER en prenant bien garde sil ny a pas de piquets qui manquent. Et crie fort, Brisquet ! Brisquet !..

— Paix! la Bichonne!

Les enfants allèrent, allèrent, et quand ils se furent rejoints à l’endroit où le sentier de l’étang vient couper celui de la butte: —Mordienne, dit Biscotin, je retrouverai notre pauvre père, ou les loups m'y mangeront.

-Pardienne, dit Biscotine, ils m'y mangeront bien aussi.

Pendant ce temps-là, Brisquet était revenu par le grand chemin de Puchay, en passant à la Croix-aux-Anes sur Pabbaye de Mortemer, parce qu'il avait une hottée de cotrets à fournir chez Jean Paquier.—As-tu vu nos enfants ? lui dit Brisquette.

— Nos enfants? dit Brisquet. Nos enfants? Mon Dieu ! sont-1ls sortis ?

—Je les ai envoyés à ta rencontre jusqu’à la butte et à l'étang, mais tu as pris par un autre chemin.

Brisquet ne posa pas sa bonne hache. Il se init à courir du côté de la butte,

— Si tu menais la Bichonne? lui cria Brisquette,

La Bichonne était déjà bien loin.

Elle était si loin que Brisquet la perdit bientôt de vue. Et il avait beau crier:—Biscotin, Biscotine! on répondait pas.

Alors, il se prit à pleurer, parce qu'il s’imagina que ses enfants étaient perdus.

ne lui

Après avoir couru longtemps, longtemps, il lui sembla reconnaître la voix de la Bichonne. Il marcha droit dans le fourré, à l'endroit où il l'avait entendue. et il y entra, sa bonne hache levée.

La Bichonne était arrivée là au moment où Biscotin et Biscotine allaient être dévorés par un gros loup. Elle s'était jetée devant en aboyant, pour que ses abois avortissent Brisquet. Brisquet d’un coup de sa bonne hache

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renversa le loup raide mort, mais il était trop tard pour la Bichonne. Elle ne vivait déjà plus.

Brisquet, Biscotin et Biscotine rejoignirent Brisquette. C'était une grande joie, et cependant tout le monde pleura. Il n’y avait pas un regard qui ne cherchât la Bichonne.

Brisquet enterra la Bichonne au fond de son petit courtil, sous une grosse pierre sur laquelle le maître d'école écrivit en Jatin:

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