‹ The pariah dans l'humanitéChapitre 19 sur 57 · DEVOIRS BU CHEF DE FAMILLE · texte numérisé non relu

DEVOIRS BU CHEF DE FAMILLE

I" PADYA |

« Tous les hommes sont égaux sous l'œil de Brahma, le maître souverain n'a créé ni caste, ni pari ah, ces préceptes s'adressent à tous les hommes.

« Le père de famille est le soutien naturel de trois sortes de personnes, des brahmatcharis ou novices, qui font le vœu de chasteté pour leur temps d'étude, des prêtres et des pénitents.

« Qu'il leur fournisse la nourriture, les vêtements nécessaires et tout ce qu'ils ont besoin pour se livrer en paix à leurs occupations.

« Le père de famille doit aussi la protection aux pauvres, aux voyageurs, aux pèlerins; qu'à chaque repas il prélève leur part, et la place sous la vérandah de sa demeure*.

« Chaque jour il doit s'acquitter des cinq dettes prescrites, envers Brahma, les mânes des ancêtres, i es hôtes, les parente et lui-même.

« A Dieu il doit les oblations et les sacrifices, aux mânes des ancêtres le sraddha ou repas funéraire, aux hôtes l'hospitalité, à ses parents son aide dans le malheur, à lui-même les oblations et les purifications de chaque jour.

« Le père de famille qui accomplit avec zèle ces devoirs est sûr de pouvoir acquitter la grande dette des ancêtres, c'est-à-dire d'obtenir un fils qui perpétuera sur sa dépouille mortelle les cérémonies funéraires qui ouvrent au père le séjour céleste.

« Que les deux époux, unis par les liens de Tamour, le soient également par toux de la vertu, et mettent leur bonheur à pratiquer is bien ensemble.

« Qu'ils donnent l'hospitalité à tous ceux qui sont dans le besoin, et leur union ne sera jamais frappée

1. Ce pfélèrenmnt fi* 1a part ,*u panure «t éa pèlerin, a «mtë pendant tout le moyen âge dans la plupart 4a» contrées de l'Eiirqpe.

de stérilité ; secourir le prochain est ce qu'il y a de plus agréable aux dieux.

« Il n'y a pas sur la terre de bonheur plus grand que celui de deux époux, unis par la chasteté et la pratique de la vertu.

« Le père de famille qui accomplit tous les devoirs de son état doit être plus estimé que le vanaprastha qui se retire dans les forêts, car plus la lutte avec les passions est difficile et plus on a de mérite.

« Les époux qui vivent selon les règles prescrites, sans jamais s'écarter du droit chemin, accomplissent plus de bien, par leurs exemples, que le pénitent qui se retire au désert.

« L'état de sainteté par excellence est celui du mariage; quand on n'a d'autre mobile que la vertu, on accomplit la volonté des dieux, on perpétue la race humaine, et on se prépare l'immortalité. »

!!• PADYA

« Que la femme accompagne partout son mari, prévienne ses désirs, obéisse à ses ordres, et lui soit fidèle jusqu'à la mort.

« Les sages ont dit qu'aucune qualité ne pouvait être reconnue à la femme qui n'était point fidèle.

« Une femme chaste est au-dessus de tous les biens qu'un père de famille puisse désirer.

« Une femme chaste est aussi pure que le calice de la rose ou de la divine fleur du lotus.

« Les prières d'une femme chaste feraient tomber l'eau du ciel sur les moissons altérées, même malgré la volonté des dieux.

« La femme qui aime son mari, veille sur ses actions et conquiert l'estime de tous, peut être égale

aux plus saints et aux plus puissants personnages.

« C'est en vain que vous chercherez à .garder la vertu d'une femme à .l'aide de murailles épaisses et de portes garnies de fer, une femme chaste se garde elle-même.

« La plus belle place au séjour immortel de Brahma est acquise à la femme qui, pendant toute sa vie, sera restée fidèle à son mari et lui aura été dévouée, dans la santé comme dans la maladie.

« Le mari dont la femme mène une conduite repréhensible devient la risée des oisifs et fait la joie de ses ennemis.

« D'une mère honnête, sage et fidèle, naissent des enfants vertueux, et c'est là le plus grand bien que les dieux puissent accorder aux hommes sur cette terre.

« Une telle femme n'a besoin ni de prières, ni de sacrifices, ni de repas funéraires; elle obtient au séjour céleste la même place que son mari. »

!!!• PADYA

« Des enfants vertueux doivent être préférés à toutes les richesses que Ton peut acquérir.

« Il peut attendre la mort sans crainte celui qui possède des enifants vertueux, car ils lui ouvriront le séjour immortel par leurs cérémonies funéraires.

« Sachez que les enfants vertueux sont le produit des sacrifices aux dieux, et des austérités méritoires accomplies par leurs parents ; l'enfant est une récompense que donnent les dieux.

« Est-il un moment plus doux pour un père que celui où il reçoit de la main de ses enfants la nourriture qu'ils lui ont préparée; la nourriture offerte par les enfants est aussi délicieuse que l'amrita.

« Les caresses que Ton fait à ses enfants de la

main montent au cœur pour le réjouir; leurs cris sont une douce musique pour les oreilles.

« Celui qui parle de l'harmonie de la flûte et de la harpe ji'a jamais entendu le doux 'bégaiement d'un enfant.

« Le plus bel héritage que l'enfant reçoit deson père est d'apprendre de lui à vivre en honnête homme.

« Toute l'ambition d'un père doit consister à se voir dépasser par ses fils en science et en sagesse.

« La mère sent ses flancs tressaillir avec un bonheur plu» grand que celui qu'elle a éprouvé lors de la conception, quand elle entend donner à son fils le nom de sage.

« Que le fils, en obéissant à son père, fasse dire à tous les gens de bien : — Par quelles austérités méritoires ce père a-t-il pu obtenir un tel fils ? »

IV e PADYA

« L'amour conjugal est né d'une pluie de larmes que Brahma, l'Être souverain, a laissées tomber sur la terre.

« Et il n'a pas dit que tous les hommes ne seraient pas égaux sous cette rosée féconde.

« Tous les hommes l'ont reçue, comme les plantes, les arbres et les fleurs reçoivent la rosée du matin.

« Il n'y a pas d'hommes purs et d'hommes impurs par leur naissance ; l'homme est pur ou impur selon qu'il agit bien ou mal.

« Tous les hommes sont frères sous la rosée divine tombée des célestes paupières de Brahma.

« L'amour unit non-seulement l'homme et la

femme, mais il unit tous les atomes et tous les corps.

« C'est par les liens d'une chaîne amoureuse que tous les grands corps célestes sont maintenus dans l'espace ; ils brûlent l'un pour l'autre d'un amour immortel, toujours renaissant, toujours inassouvi.

* Par l'amitié les hommes se protègent entre eux, par l'amour ils accomplissent la loi divine et conservent l'humanité.

« L'amour donne à l'homme les moments les plus heureux qu'il puisse passer sur la terre ; les époux bien unis ne seront pas séparés dans les sphères immortelles où règne Indra.

« L'amour attire la vertu et repousse le mal, comme le soleil attire à lui tous les germes de la vie et dessèche toutes les substances inutiles,

« Le mariage sans l'amour, ont dit les sages, est comme l'arbre que l'on plante dans le sable.

« Si l'amour n'attire pas les âmes, à quoi sert l'union des corps? l'amour c'est la vie, l'absence d'amour c'est la mort, »

«» LE PARIAH DAffS L'HUMANITÉ.

V° PADYA

<c Sachez qu'un hôte, voyageur, pèlerin ou mendiant, est toujours envoyé par les dieux.

« L'homme a vécu d'abord seul dans les forêts avec sa compagne, puis il a bâti des villes, amassé des richesses, qu'il sanctifie les biens qu'il a reçus de la fortune en recevant bien les hôtes que le ciel lui envoie.

« Celui qui repousse un hôte est méprisé par tous les gens de bien, il faut donner même aux méchants, les choses nécessaires à la vie.

«c Maudits soient ceux qui, en se réunissant et en bâtissant des villes, on dit : il y a des hommes impurs qu'il faut repousser de notre toit et chasser de la ville.

« Maudits soient ceux qui ont dit à leurs frères :

allez demander l'hospitalité aux bêtes fauves dans

l'intérieur des bois et dans les réduits secrets de la jungle.

« Maudits soient ceux qui les ont>repoussés du bûcher et leur ont refusé l'hospitalité de l'urne funé-

raire *.

« Tous ceux qui n'exercent point l'hospitalité, verront leurs bonnes actions s'en aller en fumée, leurs richesses disparaître comme les herbes sèches que brûlent les bergers, leur postérité s'amoindrir par les maladi es et la lèpre .

« La fortune aime à se reposer sous le toit des hommes de bien qui reçoivent leurs hôtes avec honneur.

« Celui qui, au repas du soir, sert ses hôtes avant sa famille et lui-même, voit fleurir les moissons dans ses champs quand même il n'y a rien semé.

«c La récompense est mille fois supérieure à la peine que l'on prend pour bien recevoir un hôte, celui-là est un ignorant qui craint de se ruiner en exerçant l'hospitalité.

1. On convient que les brahmes n'ont eu rien de plus pressé en adoptant l'ouvrage de Tirouvallouva que de supprimer ces passage accusateurs.

« Ainsi que la fleur amatlé se flétrit à l'ombre, de même se flétrit le bonheur de celui qui se cache quant il voit au loin, sur la route, un hôte .qui se dirige vers sa maison , fatigué et couvert de poussière. »

VI e PADYA

« Le père de famille qui pratique la vertu, qui est attaché à sa femme par les liens de l'amour, qui aime ses semblables et pratique l'hospitalité, est toujours d'une humeur égale, et juste dans toutes ses actions.

« C'est avec des paroles agréables et un visage souriant que l'homme de bien gagne l'affection de tous, plus encore que par la générosité.

« Parler toujours d'un air aimable, traiter tout le

monde d'une humeur égale, est le signe du véritable mérite.

« La pauvreté qu'engendre latristesse n'atteindra jamais celui qui sait joindre aux services qu'il rend les douces paroles qui en doublent le prix.

« Les plus beaux ornements que l'homme doit ambitionner sont la simplicité et l'affabilité.

« Avec des paroles aimables on touche le cœur des gens les plus pervers, il faut toujours mettre un gracieux visage au service de la vertu.

« La vertu n'est point farouche, et le meilleur iQoyen de combattre le mal est de ne point semer des épines sur le chemin du bien.

« Ce sont surtout les paroles et les actes qui conduisent le prochain vers le bien, qui, après avoir fait le bonheur de cette vie, seront appréciés dans l'autre par les dieux.

« Les douces paroles sont les signes extérieurs des sentiments simples et honnêtes, pourquoi donc se servir de paroles amèresî

« Mange-t-on des mangues vertes et aigres quand on peut s'en procurer de mûres? »

VII* PADYA

« Quelle que soit la reconnaissance dont on ait fait preuve, la dette que Ton contracte envers un bienfaiteur n'est jamais éteinte ni sur cette terre, ni dans le ciel.

« Quelque minime que soit le service rendu, celui qui le reçoit doit le considérer comme aussi grand que L'univers*

« Ne dites pas, quand le besoin a cessé : celui qui m'est venu en aide ne m'a donné que les grains de riz tombés de sa tiselle ; médire de celui qui donne est le plus grand des crimes pour celui qui a accepté de recevoir.

« Le service rendu simplement, sans esprit de retour, est aussi vaste que l'Océan.

« Ne serait-il gros que comme un grain de mil, que celui qui Ta demandé le regarde comme aussi gros que le fruit du cocotier.

« Il ne faut jamais apprécier un service à l'effort que fait celui qui le rend, mais bien aux besoins de celui qui le demande.

« L'ingrat perd l'estime des honnêtes gens, il n'y a pas de crime plus grand que d'oublier celui qui nous a secouru dans la misère, et assisté dans 1S malheur.

« La mort même du bienfaiteur ne nous délivre point de la reconnaissance que nous lui devons ; malheur à ceux qui n'offrent pas le repas funéraire, à chaque anniversaire de sa mort.

« Conserver le souvenir des bienfaits et oublier le mal est le propre des grandes âmes ; celles-là n'ont rien à craindre de leur transformation dernière, les cieux dlndra s'ouvrent pour les recevoir.

4'JKy a des purifications pour tous les crimes, des oblations qui effacent toutes les souillures. Il n'y a pas de prières ou de sacrifices qui effacent l'ingratitude. »

TIII e PADYA

« La justice, dans ses règles éternelles, doit être égale pour tous. Soyez toujours juste dans vos décrets, qu'il s'agisse de vous, de vos amis, de vos

ennemis ou des étrangers.

« La fortune acquise d'après les règles de la justice se conserve dans les familles jusque dans la postérité la plus reculée.

« Il faut quitter sur-le-champ les biens mal acquis, quand bien même on devrait se trouver dans la plus profonde misère, car un plus grand mal en résulterait par la suite.

« Le bien comme le mal nous suit dans notre descendance, et, par ce qui arrivera d'heureux ou de malheureux à nos enfants, on verra si nous avons blessé ou suivi les règles de la justice; l'homme de

bien verra s'accroître ses richesses, la fortune du malhonnête homme disparaîtra. comme les vapeurs du matin.

« L'homme de bien met tous ses soins à ne jamais faire prédominer ses intérêts sur la justice ; quant à celui qui ne s'inquiète que de ses intérêts, on peut dire qu'il ne connaît ni le bien ni le mal, puisqu'il croit que l'injustice peut être profitable.

« Celui qui abandonne les règles de la justice agit comme s'il préparait sa perte de ses propres mains.

« Si le malheur vient à frapper l'homme juste que rien n'a jamais pu détourner du droit chemin, les pundits sont d'avis que ces épreuves méritoires

termineront pour le sage la série de ses migrations en ce monde.

« La justice est comme les plateaux d'une balance dont le moindre poids dérange l'équilibre, aussi le sage doit-il appliquer sa raison à ne la point blesser.

« La justice ne doit point seulement se borner

au langage, elle doit exister également dans le cœur.

« Ceux qui amassent des richesses par l'échange ou la vente mériteront le nom d'hommes de bien, s'ils ne blessent jamais les intérêts d'autrui. »

IX e PADYA

« Le ciel appartient à ceux qui maîtrisent leurs sens, l'enfer attend ceux qui ne cherchent qu'à le» satisfaire.

« Sachez qu'il n'est pas d'action plus humble pour l'homme que celle de maîtriser ses passions.

« Deux chemins s'ouvrent à l'homme au début de la vie, l'un paraît hérissé de difficultés, l'autre couvert de fleurs, mais le premier procure au voyageur qui le parcourt des jouissances infinies, c'est celui de la vertu ; le second conduit à des abîmes sans fond, c'est celui du vice.

« On arrive au premier en mortifiant ses sens et en domptant ses passions, les plaisirs déshonnêtes et la satisfaction des sens conduisent au second.

« Celui qui vit au milieu du monde en se conduisant d'après les règles prescrites plane au-dessus des autres hommes comme l'aigle chéri de Covinda qui s'élève majestueusement au-dessus des mon- . tagnes.

« Une sage simplicité, qui sait goûter les plaisirs honnêtes sans jamais aller jusqu'à l'abus, est le meilleur complément de la puissance et de la richesse.

<« Chaque fois que tu crains de blesser la vertu par un de tes cinq sens, refrène tes désirs comme la 4ortyie qui rentre ses cinq membres sous sa carapace à la moindre apparence du danger, par cette conduite tu mériteras d'arriver au séjour immortel.

« Si, par malheur, il t' arrive de pécher, sache ne point parler de peur qu'après avoir causé du tort à toi-même, tu n'en canses encore aux autres par l'exemple.

« Toutes les fois que, de propos délibère, tu causeras quelque tort à tes semblables, tout le bien que tu auras acquis dans tes vies antérieures et dans ta vie présente s'envolera comme la poussière soulèyée par le vent.

« Blesse ton prochain avec un fer rouge, et il

pourra l'oublier, blesse-le avec ta langue, et il ne te le pardonnera jamais.

«\Brahma lui-même descendra du ciel pour venir adnnrer l'homme qui aura &u acquérir richesses, honneur, science, sans blesser ni la justice ni la vertu. »

X e PADYA

« C'est aux bonnes mœurs que l'on reconnaît le véritable honnête homme, et, plutôt que de les perdre, il vaudrait mieux abandonner la vie.

« Celui qui possède des bonnes moeurs agit sur tout ce qui l'entoure, comme le bois de sandal qui parfume tout ce qui le touche.

« Il n'y a pas en ce monde de naissance servile, nul homme n'est impur parce qu'il appartient à telle ou telle classe; une vie pure relève l'homme de la plus basse extraction, une conduite désordonnée rabaisse l'homme le plus puissant.

« Le pariah qui possède de bonnes mœurs est au-dessus du brahme corrompu et débauché.

« Tu peux acquérir de nouveau des richesses

LES DEVOIRS. iio

après les avoir perdues, mais la chasteté et les mœurs pures ne reviennent plus quand on les a chassées.

« Le prodigue ne peut pas plus s'enrichir que l'homme dissolu ne peut prétendre à l'honnêteté.

« Jamais les pundits et les hommes qui ont possédé la véritable science n'ont mené une conduite qui pût les exposer au mépris des gens de bien.

« Les bonnes moeurs sont des semences qui germent sur la terre, mais dont on ne récolte les fruits que dans l'autre vie ; les unes apportent avec elles le bonheur et l'immortalité, les autres rejettent l'âme humaine parmi les animaux inférieurs.

« L'homme pur se reconnaît surtout à la chasteté de son langage, jamais rien ne s'échappe de sa bouche qui puisse blesser les oreilles des enfants et des femmes.

« C'est en vain que tu chercheras à remplacer les bonnes mœurs par l'étude et la science, le savant débauché est au* dessous du chaste ignorant. »

LE PAR1AH DANS L'HUMANITg.

« Que celui qui tient à son honneur, à la conservation de ses richesses et à la prospérité de sa race ne recherche jamais la femme de son prochain.

« Parmi tous les hommes vicieux et méchants, le plus mauvais est celui qui provoque à l'inconduite la femme d'un autre.

« Le seul désir de satisfaire sa passion pour la femme d'un ami rend l'homme plus impur qu'un cadavre.

« Honneur, richesses , bonnes actions antérieu.

-™ disparaîtront comme un grain de poussière sou-

)ar le vent, pour celui qui aura séduit la femme

autre.

je crime sera d'autant plus grand que le cou-

LES DEVOIRS. ii7

pable aura profité de sa situation dans la maison pour le commettre facilement.

« Celui qui a convié au péché la femme d' autrui, sera ou mis à mort sur la plainte des parents et Tordre du roi; ou méprisé par tous les gens de bien et chassé de sa caste, ou frappé d^éléphantiasis et de lèpre, et à l'heure de la mort il retombera dans les migrations les plus infimes.

« L'hommB qui à aucune époque de sa vie, n'a jamais convoité, même par simple pensée, la femme de son prochain, doit être vénéré comme étant l'image même de la vertu.

« Et chez les puissants de la terre, dont les tentations sont constantes, et pour qui le crime est si facile dans son exécution, le respect des femmes des autres est la plus pure gloire qu'ils puissent acquérir.

« Il n'est aucun bien sur cet univers qu'entourent les vastes mers, dont ne soit digne l'homme qui n'a jamais souillé un lit conjugal.

« Quelles que soient les fautes qu'un homme aura pu commettre, il lui sera beaucoup pardonné, si pendant le cours de son existence ij a toujours respecté la femme d'autrui. »

XII e PADYA

« De même que la terre supporte ceux qui lui déchirent le seinavecle coutre de la charrue, de même devons-nous supporter ceux qui nous ont fait du mal.

« Il est bien de ne jamais chercher à se venger du mal que Ton a reçu, mais il est encore mieux de l'oublier complètement.

« Ne pas exercer l'hospitalité est le plus grand de tous les crimes ; supporter les injures sans se plaindre est la plus grande des vertus.

« Sache donc acquérir un caractère égal, et mets tous tes soins à ne jamais oublier que la patience est le commencement et la fin de la sagesse.

« L'homme impatient a sans cesse la raison troublée, l'homme patient n'agit qu'avec conscience de ce qu'il fait; son jugement est estimé des gens de bien, c'est un or pur qui doit éviter tout, alliage.

« La satisfaction que l'on retire de la vengeance est aussi passagère que l'insulte que Ton a reçue ; celui qui dédaigne de se venger acquiert une gloire immortelle.

« Celui qui est victime d'une injustice doit plaindre le malheureux qui s'est rendu coupable envers lui, pour les misères qu'il se prépare dans les migrations futures.

« Tu dois forcer au respect ceux qui t'insultent, par la sérénité de ton cœur.

« Le père de famille qui, dans la vie mondaine, se sanctifie parla pratique de toutes les vertus, et qui ne se laisse jamais aller à la colère ou à la vengeance, acquiert plus de mérite que les religieux qui se sont retirés dans les forêts.

« La vertu qui se conserve au milieu des luttes et des soucis de la vie, doit être plus estimée que celle qui se retire du monde par crainte du combat. »

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