‹ The pariah dans l'humanitéChapitre 40 sur 57 · LE MORT ET SON FILS AÎNÉ · texte numérisé non relu

LE MORT ET SON FILS AÎNÉ

« Un mort de la caste des vaysias s'en allait au bûcher, suivi par tous ses parents.

« En tête du cortège se trouvait le fils aîné, qui allait accomplir les cérémonies funéraires ; il se déchirait la poitrine et faisait retentir l'air de ses gémissements .

« Tout à coup un taureau en fureur se précipite sur les porteurs qui, remplis d'effroi, laissent tous là le mort et prennent la fuite.

« Dans la chute, celui que Ton croyait parti pour le séjour des ancêtres se réveille, et tout joyeux regagne sa maison.

« A quelque temps de là l'envoyé de Yama 4 vint sérieusement cette fois frapper à sa porte, et le.vaysia fut de nouveau couché sur le lit funéraire.

« En le conduisant au bûcher, son fils aîné donnait les marques du plus profond dés espoir, et criait encore plus fort que la première fois.

« Apercevant tout à coup un troupeau de vaches qui paissait dans un champ, il cessa de gémir et cria aux porteurs : Prenez garde au taureau.

« Il y a quelque chose de plus faux que les prières des brahmes, la clémence des rois, l'intégrité des gens de finance, et la fidélité des femmes, ce sont les larmes des héritiers.

« Quand le cadavre d'un pariah est jeté dans la jungle, son fils ne pleure pas, car il sait qu'on ne lui laisse rien pour payer ses larmes. »

Page 1