‹ The pariah dans l'humanitéChapitre 52 sur 57 · Dieu de l'amour · texte numérisé non relu

Dieu de l'amour

' £E COTOUAL.

Laisse-moi cueillir une des fleurs qui ornent ta brune chevelure.

MARYAMA

Que diraient mes compagnes, si elles me voyaient causer avec un homme dans ce lieu désert ?

LE COTOUAL.

Elles diraient que tu as tort de te soustraire à l'amour que tu as inspiré.

MARYAMA

Je ne comprends point vos paroles.

LE COTOUAL.

Et que tu dois éteindre le feu que tu as allumé.

MARYAMA

La nuit vient, laissez-moi continuer mon chemin.

LE COTOUAL.

Pas avant que tu n'aies contenté mes désirs.

MARYAMA

Hélas ! que vais-je devenir?

LE COTODAL.

Cède à mes transports.

, MARYAMA

Des paroles ne suffisent pas pour prouver son amour.

Tiens, reçois cette *bague sur laquelle est gravé mon chiffre, je te la changerai demain contre vingt pagodes.

MARYAMA

Je préfère la garder.

LE COTOUAL.

C'est le signe de ma charge et je ne puis te la laisser.

MARYAMA

Donne-moi la donc et je te suis vers cette tope de cocotiers.

Le cotoual lai remet la bague, et Mary a ma s'enfuit en riant.

ranguin, paraissant.

Salam, seigneur cotoual.

LE COTOUAL.

Que viens- tu faire ici, vagabond î

RANGUJN.

Je viens vous rendre ce rotin que vous avez oublié ce matin, sur la place du bazar.

LE COTOUAL.

Cesse de plaisanter où je te fais administrer une correction plus belle encore que ce matin.

RANGUIN.

Je ne plaisante pas, et la preuve, c'est qu'avec le rotin je viens vous rendre encore les coups, et vingt de plus pour avoir voulu séduire ma sœur.

LE COTOUAL.

Demain tu mourras sous le bâton.

RANGUIN,

Demain tu me payeras bien cher pour que je te rende ta bague, attrape d'abord ceci, c'est pour les dettes anciennes.

Il le frappe à coups de rotin.

LE COTOUAL.

Ahio ! ahio I samy, ahio 1 ahio !

les ivrognes, paraissant.

Quels sont ces cris, qui viennent troubler les bos-

quets d'amour... Tiens, c'est le seigneur cotoual; bonjour seigneur cotoual.

LE COTOUAL.

Aidez-moi, seigneurs commoutys, à me défendre de ce vagabond.

LES IVROGNES

Ranguin n'est pas un vagabond, c'est un joyeux compère qui paye ses dettes, et quijjoue de la trompe pour les morts et pour les vivants.

Je vais de ce pas chez le pundit saëb f .

LES IVROGNES

Cours vite, seigneur cotoual, tu lui diras que nous étions cachés là, et que nous t'avons vu donner ta bague à la belle Maryama.

LE COTOUAL.

Je suis perdu.

RANGUIN.

Non, car tout peut s'arranger, tu garderas tes i. Juge,

THÉÂTRE PARIAH. 3i5

coups de rotin, et tu me donneras demain matin cinquante pagodes pour ta bague.

LES IVROGNES

Allons, c'est convenu, et ainsi chacun sera content. Viens, Ranguin, viens achever avec nous la fête.

RANGUIN.

Adieu, seigneur cotoual, la pluie a cessé et la grêle est venue.

les ivrognes (chantant en [s* éloignant).

• Jeunes filles d'Arouné à la belle chevelure, Voici, voici les enfants de la joie.

Préparez vos nattes, couvrez-les de fleurs Pour les amoureux travaux; Nous allons faire craquer sous nos embrassements Vos membres délicats, la douleur augmente # L'attrait du plaisir.

RANGUIN.

Voilâtes cinq pagodes, Maryama, tu as bien joué ton rôle, et maintenant allons rejoindre tes compagnes dans les bosquets de l'amour, les commoutys ont beaucoup d'or, Tarrack et le callou vont couler. Cette nuit sera une nuit de plaisir.

Page 1