‹ The SwisserChapitre 12 sur 100 · LES AVENTURES D ARTHUR WILSON XXV · texte numérisé non relu

LES AVENTURES D ARTHUR WILSON XXV

de bravoure et devint un adversaire fort recherché. Il sortit glorieusement de ces rencontres sans perdre ni membre ni crédit.

Ici peut trouver place une anecdote qui peint bien Wilson, avec son amour-propre ridicule, son caractère provocateur, son courage téméraire et son incorrigible violence. Un jour d'été, il y avait chasse à courre chez Sir Peter Lee, de Lime, dans le Cheshire. Un grand cerf prit l'eau. Le cerf, en ces moments-là, est particulièrement dangereux. Quelques gentilshommes, par attrait du péril, dégainèrent et attendirent l'animal pour l'attaquer de pied ferme. Wilson était parmi les plus ardents. Mais dans sa précipitation, il eut le malheur de glisser sur le sol détrempé. Cela fit dire à l'un des chasseurs, qui ne le connaissait ^ pas, qu'il était tombé de peur. Ce propos fut rapporté à Wilson. Sur-le-champ, il va trouver son offenseur. Mais ce dernier était d'un « tempérament calme » : il retira ses paroles et exprima son repentir.

Ces excuses ne suffirent pas à Wilson. Il se crut perdu d'honneur. Un coup d'audace pouvait seul rétablir sa réputation. Il se lance éperdument à la poursuite du cerf. Il arrive le premier sur la bete aux abois. Il met pied à terre, saute sur le dos de l'animal furieux et avec son épée lui taillade la gorge. Il achevait ce redoutable adversaire quand survint le reste de la chasse. On blâma fort, tout en l'enviant, cette folle témérité. Wilson était satisfait : il avait bravé la mort, l'honneur était sauf!

Cet homme, chez qui la vie physique et les passions animales triomphaient si magnifiquement, était aussi un rêveur. Après une journée de querelles, d'intrigues ou d'exercices violents, il aimait demander aux livres un tête à tête plein de calme et de sérénité. A vrai dire, les vanités du monde n'étaient pas entièrement exclues de ces méditations studieuses. Son désir de savoir n'était pas exempt du désir de paraître. Wilson l'a avoué, c'était un orgueil inné qui le poussait à approfondir tout sujet mentionné devant lui. Il n'en sentait pas moins vivement les

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