LES AVENTURES D ARTHUR WILSON XXXVIJ
1652 1. Et parmi les poètes qui pleurèrent la mort de Donne, à côté de Ben Jonson, Thomas Carew, etc., figure Arth. Wilson. Son Elégie sur Mr. ]. Donne et ses Poèmes ^ est intéressante parce qu'elle nous révèle quelles étaient ses admirations poétiques. Wilson loue également les pièces du début avec leurs hymnes à la Beauté et à la Femme, et les Poèmes Divins, « qu'un feu clair a débarrassés de scories ». De semblables effusions de commande se ressentent généralement de la hâte avec laquelle elles ont été composées. L'Elégie de Wilson essaie de s'envoler, mais elle a des pieds de plomb. L'auteur s'excite, s'encourage : ses forces trahissent son ardeur. Son embarras se révèle dans la gaucherie des métaphores, dans une sorte de dessèchement de l'imagination. La paralysie, les méridiens, les parallèles et autres allusions aux sciences dont Wilson faisait à ce moment l'étude, sont les termes de comparaison qu'il affectionne. Peut-être croyait-il imiter ainsi la forme métaphysique de Donne. Pourtant, il semble bien avoir senti quelques-unes des qualités de son modèle, et en particulier cette « gigantesque imagination » ^ qui recréait à son image le monde matériel, ou, pour employer l'expression du poète et critique américain Lowell, le « pouvoir d'ouvrir des éclaircies à l'imagination par delà le mur clos des sens ». La sincérité et la force de la sensation lui ont ici fait trouver quelques vers dont la forme s'est subitement éclairée à l'étincelle de la pensée :
Thou sweetly doth contrive To beauties elements, and hence derive Unspotted Lillies white ; which thou didst set Hand in hand with the veine like Violet Making- them soft, and warme, and by thy power, Couldst give both life and sense unto a flower. The Cherries thou hast made to speak, will bee Sweeter unto the taste, than from the tree, And (spight of Winter storms) amidst the snow Thou oft hast made the blushing Rose to grow.