Rymer, KritTrt, XX
2. Lettre d'Edward, Viscount Conway à Laud. (Record Office, Dom. Charles I. VoL CCCCLVI, no 43).
5 A Letter of the Earl of Warwick to the Lord Mayor and the rest of the Commissioners for Poll Money. (State Papers, Dom. Charles I. Vol. DXXXLX, n» 66). Le document porte la signature et un reçu de Wilson pour la somme de 10.000 £, daté du 30 juillet 1641.
lij INTRODUCTION
à Leighs s'accomplit. Le protestant franchit la dernière étape qui le menait parmi les élus. Il éprouva désormais les délices de la grâce abondante.
Il atteignit même les hauteurs vertigineuses de la mysticité. Car Wilson nous offre un exemple de ces cas d'exaltation religieuse si fréquents dans les pays protestants. L'un des symptômes les plus caractéristiques de cet état, c'est la tyrannie que finissent par exercer les mots bibliques sur un esprit qui en est saturé. Pour ceux qui en font leur lecture exclusive, la Bible devient quelque chose d'effrayant et de terrible. La somptuosité des images, la grandeur mystérieuse des paraboles enthousiasment et affolent. Dans ce bouleversement de l'âme, les moindres phrases chantent avec des mélopées d'incantation. Des sens inattendus surgissent. Les mots flamboient de menaces ou de promesses. Ils répercutent la voix terrible de Dieu. Les blessures que le texte sacré peut ainsi faire saignent encore dans ce livre étrange et tragique qui a pour titre : Grace Abounding to the Chief of Sinners. Or a Brief and Faithful Relation of the Exceeding Mercy of God in Christ to his foor Servant, John Bun y an i. Wilson a connu cet asservissement à la lettre du Livre Saint. Il a été subjugué et trompé par le charme des mots bibliques et par leur mystère. Nous avons vu ^ par quelle interprétation fantaisiste d'un passage fort simple, il avait trouvé dans un verset l'ordre d'écrire l'histoire de sa vie. C'est par le même genre de raisonnement — ou plutôt de déraisonnement — que l'humble chaudronnier d'Elstow découvrait dans la Bible des applications directes à sa propre vie.
L'homme accoutumé à torturer ainsi le sens des Ecritures finit par développer une certaine manie discutante qui peut devenir très dangereuse. Elle tient la raison sur un qui-vive incessant qui la fatigue et l'ébranlé. Dans cet état de veille mentale la sensibilité des nerfs s'exaspère. Des troubles physiologiques en résultent qui à leur tour