Acte III, se, 2, 5 . Acte II, se. I
Ixxxvi INTRODUCTION
d'amour survient Busiro. On s'empresse de cacher le fils. Puis commence une scène qu'il est impossible de décrire avec exactitude sans braver l'honnêteté. Busiro, la coupe en main, des filles sur les genoux, soupire un vœu plutôt gaillard. Au plus fort de l'orgie apparaît à l'étage supérieur la tête grimaçante de Pantarbo. La vue de son père éveille sans doute en lui des instincts ataviques : le fat devient canaille. Du balcon d'où il domine — le même, peut-être, sur lequel Juliet exhalait son âme passionnée — • Pantarbo assiste à la scène de débauche, insultant son père à voix basse en des réflexions obscènes. L'auteur comptait évidemment sur cette situation pour provoquer le rire. Il faut convenir que la scène, malgré que l'idée en soit répugnante, est pleine d'entrain. C'est, en tous cas, un curieux document sur la « mentalité morale » de l'époque ^.
Avec le quatrième acte l'intrigue se précise. Aramant est guéri; mais une folie plus douce a remplacé l'ancienne. Il songe à la compatissante créature qui l'a sauvé. Pour le trouble de son âme, il l'a retrouvée ^ à la cour ; et il a appris la passion du duc pour Cloris. Le problème est maintenant posé : lequel des deux rivaux l'emportera-t-il ? L'un est aimé de retour, mais l'autre est tout-puissant. On retrouve ici, mais avec un caractère moins aigu, — et pour ainsi dire affadi dans cette atmosphère amoureuse — le conflit entre souverain et sujet qui forme l'intrigue principale du Swisser.
A ce moment, du groupe des personnages secondaires, se détache Millecert. Jusqu'ici, il n'a guère joué qu'un rôle de mannequin; il va se révéler homme d'action et prendre sur ses épaules de faible en révolte presque tout le poids de l'intrigue. A peine son mariage était-il consommé qu'il regrettait sa trahison. Pour alléger sa conscience, il a d'abord restitué à son frère la fortune paternelle. Mais il fera mieux : il connaît l'amour réciproque de Cloris et d'Aramant ; il sera le protecteur invisible et vigilant qui veillera sur les deux amants et les