A. Wood. Athenae Oxonienses
3. V, p. XIX. Le père de John Wilson était vraisemblablement armateur. On verra plus loin que Wilson rentra en Angleterre sur un vaisseau appartenant à son grandpère.
LES AVENTURES D ARTHUR WILSON XVlJ
liste des notabilités de Yarmouth, soigneusement relevée dans les histoires du comté de Norfolk. A la lueur d'une allusion, nous entrevoyons en Susan une mère tendre et faible. Un semblable milieu, où la fortune et les gâteries adoucissent les aspérités de la vie et en diminuent l'antagonisme, est particulièrement propice au surdéveloppement des instincts de l'enfant. C'est la serre chaude qui active l'éclosion des germes que nous avons reçus de la race et de la famille. ,
Il n'est pas puéril de faire intervenir ici l'influence de la race. A une époque où l'unification de la nation était loin d'être accomplie, et où s'élevaient entre les divers comtés de véritables frontières de traditions et de préjugés, chaque province, chaque district conservait jalousement sa physionomie propre et le caractère des premiers colons du pays.
Les habitants de Yarmouth avaient gardé des Angles, leurs ancêtres, cet esprit audacieux et farouche qui semble avoir été le trait distinctif de la race saxonne. Pendant tout le xiv® siècle, ils furent célèbres pour leur tempérament batailleur. Riches et puissants, ils abusaient de leur force en attaquant leurs voisins plus pacifiques de Lowestoft et des Cinque Ports. Il fallut une intervention énergique de l'autorité royale pour mettre un frein à leur insolence ^.
Dans la famille de Wilson, le sang des vieux Saxons semble avoir coulé particulièrement pur et ardent. C'est ce qui ressort de la première anecdote rapportée dans l'autobiographie. Wilson se promenait un jour — • il avait environ sept ans — avec deux de ses oncles. Une discussion s'éleva. Dans un accès de rage, l'un d'eux saisit un gros silex et le lança contre l'autre avec une telle violence que la pierre, ricochant, vint frapper le jeune Wilson à la tête. La vie de l'enfant fut sérieusement en danger. j6o2
Il était bien difficile que Wilson échappât à cet enveloppement de la race quand l'effet en était doublé, ainsi qu'on vient de le voir, par des influences ataviques, et activé par la complicité des circonstances. Notre auteur devait fatalement développer un caractère violent et