‹ Théâtre à la maison et à la pensionChapitre 31 sur 109 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MATHILDE, GÉRARD, MADAME DES ORMES MATTEO, tenant un paquet,

MADAME DES ORMES. — Mathildc , cst-cc toi qui as donné ce paquet au petit Giacomo ?

MATHILDE, troublée. — Oui, maman, c'est moi...

MADAME DES ORMES. — Et il y avait dans ce paquet?...

MATHILDE. — Quatre robes, maman, c'était pour ses sœurs.

MADAME DES ORMES, à Matteo. — VoUS VOyCZ, je

VOUS le disais bien.

MATTEO, qui a pose' le paqtiet sur une chaise. — Oh!

que ze souis content ! que ze souis content !

MADAME DES ORMES, sévèrement- — Mathildc, Ce

pauvre homme croyait que son enfant avait volé ces effets.

MATHILDE. Oh !

MATTEO. — Ze regrette de l'avoir tant battu... GÉRARD. — Vous l'avcz battu?

UNE BONNE ACTION. 13

MATHiLDE. — Pauvre Giacomo ! Ah ! monsieur Matteo, c'était bien mal.

MADAME DES ORMES. — C'est qu'll v a des choses avec lesquelles un père ne badine point.

MATTEO. — Pour ça, non, signera, on est pauvre, mais on a de l'honneur; quand z'ai cru que le petit avait.. . Ze peux pas dire ; ce mot me reste dans la gorge... ze lui ai donné des coups pour loui ôter l'envie de recommencer.

MATHILDE. — Et tout ça par ma faute. Oh! mon Dieu, mon Dieu! {eiu pleure.)

MATTEO. — A présent que ze sais que ze loui faisais tort, il faut que ze coure l'embrasser et loui dire que ze zouis bien fâché de m'être fâché trop fort. Vous permettez, signora?

MADAME DES ORMES. — Oui, mou ami, allez vite. Nous aussi nous irons aujourd'hui même exprimer nos regrets au bon petit Giacomo. Au

revoir. [Matteo salue et sort.)

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