SCÈNE IV
Les Mêmes, moins MATTEO
GÉRARD, à Mathiide. — Eh bien ! je suis sûr que te voilà tout autant que moi dégoûtée des bonnes actions qu'on fait étourdiment.
MATHILDE. — Oh! mamau, maman!... que je suis fâchée!... J'avais cru bien faire... On
dit toujours qu'il faut être bienfaisant, charitable... Est-ce que les bonnes actions ne sont pas de notre âge?
MADAME DES ORMES. — Si, ma fille, elles sont de tous les âges. Mais, quand on est aussi jeune que toi, on manque de discernement. Ton intention était bonne, mais irréfléchie, et tu vois ce qu'elle a produit : un brave homme au désespoir, un enfant innocent battu. C'est pourquoi, ma chère Mathilde, il faut toujours consulter ses parents; ils ne refuseront jamais de laisser leurs enfants faire le bien, mais ils les éclaireront sur la façon de le bien faire. D'un côté, les vêtements que tu donnais, tu n'avais pas le droit de les donner sans mon autorisation ; et, de l'autre, ils n'auraient pu servir à tes protégées.
MATHILDE. — C'cst cc que Gérard me disait.
GÉRARD. — Parce que j'avais fait mon expérience. Tu as fait la tienne aujourd'hui, et je suis bien sûr que tu ne recommenceras plus.
MATHILDE. — Maman, vous me pardonnez?
MADAME DES ORMES. — Oui, ma fillc. — En allant voir Giacomo, nous achèterons des étoffes simples pour faire des robes à ses sœurs. Elles auront ainsi de bons vêtements convenables à leur position et qui ne coûteront de larmes à personne.
(La toile tombe.)
LES ENFANTS CELEBRES
PERSONNAGES