‹ Théâtre à la maison et à la pensionChapitre 35 sur 109 · LUCIE, L'INSTITUTRICE · texte numérisé non relu

LUCIE, L'INSTITUTRICE

L'iNSTiTUTmcE. — Qu'cst-cc quo tout cela? Ce désordre, cette armoire ouverte, ces tiroirs vides... A quel jeu jouez-vous, Lucie?

LUCIE. — Je ne joue pas, mademoiselle, je fais des choses très sérieuses.

l'institutrice. — Vraiment. Il est heureux que je n'aie pas trouvé mon amie et que je revienne avant que vous en ayez fait davantage, de ces choses sérieuses. Me direz-vous ce que cela signifie?

LUCIE. — Je vous dirai tout, mademoiselle;

LES ENFANTS CELEBRES

mais vous ne vous opposerez pas à notre projet, n'est-ce pas ?

l'lxstitutrice. — Vous avez un projet?

LUCIE. — Un très beau, mademoiselle.

l'institutrice. — Un projet qui vous fait mettre la maison au pillage ne me paraît pas très digne de louanges. Et d'abord où est Henri ?

LUCIE. — 11 va venir tout de suite, mademoiselle, il est sur le port.

l'institutrice. — Tout seul?

LUCIE. — Oui, il s'entend avec le capitaine Moreau.

l'institutrice. — Et pourquoi, s'ilvSas plaît?

LUCIE. — Nous vous avons écrit une lettre qui explique tout. Tenez, mademoiselle. [EUe lui

donne le cahier.)

l'institutrice, lisant. — « Nous n'avous pas fait nos tâches parce que nous voulons être des enfants célèbres, et nous allons en Amérique pour chercher le voleur à papa. » {Elle achève à wix basse.) C'est donc là votre projet?

LUCIE. — Oui, mademoiselle, nous n'avons pas pu prendre notre parti d'être des enfants ordinaires auxquels tante Berthe reproche sans cesse de n'être pas des enfants célèbres, et nous voulons être des enfants célèbres que tout le monde admire et qu'on ne gronde jamais...

l'institutrice. — Fort bien.

LUCIE. — Vous nous approuvez?

l'institutrice. — Je ne dis pas cela.

LUCIE. — Vous nous laisserez partir?

l'institutrice. — Oui, si le capitaine Moreau veut vous prendre à son bord.

LUCIE. — Il le voudra, il le voudra. J'entends Henri qui revient.

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