‹ Théâtre à la maison et à la pensionChapitre 94 sur 109 · SCENE III Les Mêmes, MONSIEUR DE LARCY · texte numérisé non relu

SCENE III Les Mêmes, MONSIEUR DE LARCY

MONSIEUR DE LARCY. — Il paraît que la présentation a eu lieu sans moi?

MONSIEUR BARBARET. — Oui, Mousicur, DOUS

avons fait très bonne connaissance.

TOUS. — Nous l'aimons de tout notre cœur.

MONSIEUR DE LARCY. Déjà?

ANNA. — Papa, cher petit papa, je t'en prie, accorde-nous ce que nous allons te demander, TOUS. — Oui, papa! oui, mon onclel

MONSIEUR DE LARCY. — Quoi doUC?

ROBERT. — Ne nous donne pas de précepteur.

iO THÉÂTRE A LA MAISON.

ANNA. — Renvoie M. Barbaret.

TOUS. — Oui, renvoie-le, je t'en prie, ren- . voie-le.

EUGÈNE. — Et permets-nous de prendre des

leçons avec M. Adolphe. (// s'empare d'une main de M. Barbaret.)

FRÉDÉRIC. Il est si aimable! (// lui prend l'autre

main.)

ANNA. — Nous nous entendons si bien! Nous ne voulons pas de précepteur, nous voulons lui.

TOTO. — Moi aussi, je veux lui. Je compte.

(Il se pend à l'habit de M. Barbaret.)

MONSIEUR DE LARCY. — Si j'y Comprends rien!... Ne dirait-on pas des échappés de Charenton? Renvoie ton précepteur. — Nous ne voulons pas M. Barbaret. — Nous voulons M. Adolphe. Qu'est-ce que ça signifie?

ROBERT. — Oui, mon oncle, nous détestons M. Barbaret et nous aimons M. Adolphe. Il veut bien nous donner des leçons à la place de votre vieux M. Barbaret. Permettez que nous travaillions avec lui.

MONSIEUR DE LARCY. ÊtCS-VOUS foUS? Mais

ce M. Barbaret que vous ne voulez pas, c'est celui même que vous voulez !

ANNA. — Qui, lui, papa?

MONSIEUR DE LARCY. — Le précep!;eur que je vous ai choisi.

LE PRÉCEPTEUR. il

TOUS. — C'est impossible.

MONSIEUR DE LARCV. — C'est lui-niême , M. Adolphe Barbaret.

FRÉDÉRIC. — Mais il n'est pas vieux !

ROBERT. — Il n'est pas laid!

EUGÈNE. — Il ne gronde pas !

TOUS. — Non, ce n'est pas un précepteur, c'est un ami.

MONSIEUR DE LARCY. — Je CFois que, si les élèves le voulaient, un précepteur serait un ami toujours. N'est-il pas vrai, monsieur Adolphe?

MONSIEUR BARBARET. — Certainement; mais, depuis qu'il y a des écoliers et des maîtres, ils se croient obligés de faire mauvais ménage, de se traiter de Turc à Maure. Un précepteur est détesté d'avance; on décide, sans l'avoir vu, qu'il aura tous les ridicules ; et, s'il a le malheur de porter un nom qui déplaise... de s'appeler... Barbaret, il est perdu.

LES ENFANTS. — Oh ! mousicur !

MONSIEUR BARBARET. — Quoi d'étounaut qu'il se montre sévère et même dur?

MONSIEUR DE LARCY. — C'cst naturel.

MONSIEUR BARBARET. — On a la gucrre ou tout au moins une paix armée; il serait bien plus facile de s'entr'aimer.

LES ENFANTS. — Oh Oui !

MONSIEUR DE LARCY. — Eh bien, mes enfants, établissons chez nous cette bonne coutume, et,

qui 'sait? peut-être qu'un jour elle deviendra universelle.

LES ENFANTS. — Oui, papa, nous aimerons M. Adolphe.

MONSIEUR BARBARET. — Qui VOUS le rendra de tout son cœur.

LES EiNFANTs. — Vive papa ! vive M. Adolphe! vive aussi M. Barbaret!

[La lolle tombe.)

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