‹ ThéâtreChapitre 124 sur 210 · MÉL1US, EMILIE · texte numérisé non relu

MÉL1US, EMILIE

Le sort en est jeté : brisons cet entretien.

EMILIE

Mon père, écoutez-moi.

méliu s.

Je n'écoute plus rien.

EMILIE

Etes-vous sans pitié?

méliu s.

Ma haine est implacable.

EMILIE

Révoquez cet arrêt.

2o2 CINCINNATUS.

MÉLIUS

Il est irrévocable.

EMILIE

Je ne puis obéir.

MÉLIUS

Mon ordre est absolu.

Vous ne le voulez pas.

MÉLIUS

Le sénat la voulu.

Entre un sceptre et l'exil , le choix est-il à faire ?

EMILIE

C'est ce que j'ose encor vous répéter, mon père.

Où doivent aboutir vos effrayants projets ?

La mort suit leur ruine , et l'horreur leur succès.

Faut-il vous rappeler la différence extrême

Du poids de l'infortune au poids du diadème ?

Poursuivi par son cœur jusque dans son palais ,

Le brigand couronné ne repose jamais :

Soit qu'il dorme ou qu'il veille , assiégé par ses crimes ,

Ses gardes sont moins près de lui que ses victimes ;

Et le ciel , qui pour lui ressuscite les morts ,

La nuit lui garde un songe et le jour des remords.

Le héros qu'on opprime est bien moins misérable :

De l'injuste destin la rigueur honorable

D'un nouveau lustre encore embellit sa vertu :

Quel contraste ! éprouvé , mais non pas abattu ,

Toujours ferme, il oppose à son malheur extrême

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