ACTE I, SCÈNE III
Que Rome , qu'il perdit , lui doive son salut. Mais si toujours pour nous le sort était contraire, Partageant jusqu'au bout le destin de ton père , Ami, c'est en Romain qu'on nous verrait finir!
LE JEUNE MARIUS
Qui pourrait sur la terre alors nous retenir?
Une patrie éteinte , un repaire de crimes ,
Peuplé de délateurs, de bourreaux, de victimes,
Où l'impur égoïsme , étouffant l'amitié ,
Au fond de tous les cœurs a séché la pitié ;
Où le vulgaire encense un pouvoir qui l'outrage ;
Où le noble craint plus la mort que l'esclavage i\..
Quand au milieu de Rome on cherche Rome en vain ,
Mourir est un bonheur pour quiconque est Romain.
L'univers nous verra vaincre ou mourir ensemble. Marchons sans plus tarder. Qu'à son tour Sylla tremble.