‹ ThéâtreChapitre 159 sur 210 · MALVINA, OSCAR · texte numérisé non relu

MALVINA, OSCAR

MALVINA

Tout mon sang se porte vers mon cœur.

OSCAR

Calmez , ô Malvina , calmez cette frayeur. Pourquoi ces yeux baissés et ce morne silence ? Le faut-il imputer à ma seule présence? Ou, non moins malheureux, Oscar doit-il penser Que vous n'ignorez pas ce qu'il vient annoncer ?

MALVINA

Votre ami de ces lieux s'éloigne à l'instant même.

OSCAR

Eh bien ?

MALVINA

Prenez pitié de mon malheur extrême.

OSCAR

On peut vous rendre un fils.

MALVINA

Je le sais.

OSCAR

Savez-vous Quels devoirs en mourant m'imposa votre époux ?

276 OSCAR

MALVINA

Je le sais.

OSCAR

A ses vœux dois-je en tout satisfaire ?

MALVINA

Que me demandez-vous?

Répondez.

MALVINA

Je suis mère.

OSCAR

Vos désirs , Malvina , seront seuls accomplis. Ordonnez.

MALVINA

Je suis mère. Ah! rendez-moi mon fils.

OSCAR

Je vous entends: sans doute Oscar doit vous le rendre; Oscar vous le rendra. Quoi qu'il faille entreprendre , Par de plus vastes mers quand le sort en courroux Séparerait encore et votre fils et vous • Quand , pour le retenir en d'indignes entraves , Swaran du monde entier m'opposerait les braves , Seul contre eux, croyez-moi, je n'hésiterais pas A vous promettre encor les secours de mon bras. Loin de m'en prévaloir, toutefois, je confesse Que l'humanité seule obtiendrait ma promesse ; Qu'à votre fils, enfin, je n'offre qu'un appui

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