‹ ThéâtreChapitre 169 sur 210 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

Mon entant, c'est le brave Qui ne fut point tyran et ne fut point esclave, Et qui, dans ses succès, funeste aux seuls pervers, Toujours grand , fut plus grand encor dans les revers.

FILLAN.

Mon père , tu l'es donc ?

DE RM IDE.

Une vie importune Me donne à ce grand nom les droits de l'infortune. Peut-être ai-je souffert avec quelque vertu : Je le dois aux méchants.

FILLAN.

Les méchants ! que dis-tu i}

DE RM IDE.

Oui , mon fils, les méchants, ceux dont les mains coupables Sous un pouvoir injuste écrasent leurs semblables ; Ceux qui, des biens du faible odieux ravisseurs, Et des vertus du pauvre insolents oppresseurs, Sur l'enfance elle-même étendent leur furie, Possèdent un empire, et n'ont pas de patrie.

FILLAN.

J'en ai déjà connu !

DE RM IDE.

Je le sais trop, mon fils.

FILLAN.

Et les méchants jamais ne sont-ils donc punis ? 1. 19

ago OSCAR.

DERMIDE.

Tôt ou tard, mon enfant, leurs ombres prisonnières

Vont grossir du Légo les vapeurs meurtrières ;

Mais, dès leur premier crime, en ce monde offensé,

Leur juste châtiment a déjà commencé.

Le sentiment secret de leur propre injustice ,

Dans le cœur des méchants, est leur premier supplice

En tous lieux , à toute heure , il s'attache après eux.

F1LLAN.

Mon père , les méchants sont donc bien malheureux !

DERMIDE.

Plaignons-les. Mais je vois se fermer ta paupière. Où pourras-tu dormir, mon fils?

FILLAN.

Sur cette pierre ; Mais ne me quitte pas!

( Il s'endort sur le tombeau. ) DERMIDE.

Pauvre enfant! il s'endort.

Un même lit unir le sommeil et la mort!

( Montrant l'enfant.)

Là-dessus le repos :

( Montrant le tombeau. )

là le repos encore !

Partout... hors dans ce cœur que le chagrin dévore; Ce cœur , qui vainement s'épuise à terrasser Le malheur qu'il sait vaincre et qu'il ne peut lasser. Carril ne revient pas!... Toujours plus incertaine ,

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