‹ ThéâtreChapitre 185 sur 210 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

OSCAR

Je ne la verrai plus : dans mon malheur extrême Je dois la craindre autant que je me crains moi-même. Dermide à son destin n'a donc pas échappé? Oui, c'est moi, par son bras, c'est moi qui l'ai frappé: Dans son cœur, accablé de ma douleur affreuse, J'ai plongé le poignard par sa main généreuse. Digne ami, tu voulais, une seconde fois, Au bonheur, en mourant, me céder tous tes droits. Ta pitié fut plus loin que n'eût été ma rage; Et je recueillerais ce sanglant héritage ! Et l'amour... vœux cruels autant que superflus ! Malvina! Malvina! je ne te verrai plus. Oui, je dois, oui, je veux épargner à ta vue Ce juste sentiment, cette horreur imprévue, Cette invincible horreur qu'à l'univers entier . Inspira de tout temps l'aspect d'un meurtrier. Je le suis à demi !... Si ce bras moins timide, Presque levé déjà sur le sein de Dermide ; Si ce fer que ma main... ce fer... où donc est-il? Qu'en ai-je fait?... On vient...

SUR

Page 1