‹ ThéâtreChapitre 186 sur 210 · LA TRAGÉDIE D'OSCAR · texte numérisé non relu

LA TRAGÉDIE D'OSCAR

Les princes ne se brouillent pas tous avec les dispensateurs de l'immortalité.

Cela est généralement vrai, même pour les tyrans : Octave protégeait Virgile, Charles IX caressait Ronsard, Robespierre lui-même ménageait Lebrun. Cependant Néron a fait périr Lucain, DomiUen a exilé Juvénal; et ces princes ne sont pas les seuls persécuteurs que les poètes aient rencontrés sur le trône : il n'y a pas de règle sans exception.

Macpherson les écrivit le premier sous la dictée des pâtres.

L'authenticité des poésies d'Ossian est depuis long -temps pour les littérateurs le sujet d'une contestation interminable. Nous pensons que la vérité se trouve entre les deux opinions : Macpherson n'a ni tout copié, ni tout inventé; mais quelque modification qu'il ait fait subir à ces poëmes, sauvages comme

les contrées qui les ont inspirés, on est forcé d'y reconnaître un caractère qui ne peut appartenir ni à une littérature faite, ni à un peuple parfaitement civilisé. Le nombre des idées, comme celui des images, y est extrêmement restreint; garantie, à ce qu'il nous semble, de la véracité de Macpherson. S'il eût été l'auteur de ces poèmes, eût-il pu se renfermer constamment dans un cercle aussi étroit, et ne pas donner malgré lui quelques indices de l'époque à laquelle il aurait conçu cette singulière imposture? Cette remarque ne serait sans doute que la base d'une présomption si elle ne portait que sur un seul poëme; mais ne devient-elle pas preuve concluante quand elle est fondée sur l'examen de tant de morceaux différents?

3 PAGE I'l$.

Emprisonne dans les vapeurs des marais les ombres des méchants et des lâches.

« Dans la vallée solitaire croupit l'âme du lâche; les années « s'écoulent, les saisons se succèdent, il reste toujours inconnu: « la mort vient abattre sa tête blanchie par les années, alors « son ombre est roulée par les vapeurs des plaines maréca- « geuses; jamais on ne la voit s'élever sur les collines où rè- «■ gnent les vents. » ( Ossian, Témora , chant IV. )

( Voir aussi dans les poésies d'Ossian la première note du chant VII de Témora.)

4 PAGE 2'3o.

Méhul.

Un des premiers musiciens de cette époque; homme doué

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