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Les ouvrages de M. Arnault sont nombreux. Cet auteur , qui a débuté en 1791 par la tragédie de Marius à Minturnes , a donné en 1817 celle de Germanicus y mais Lucrèce j Cincinnatus , Oscar, les Vénitiens, tragédies qu'il a fait représenter dans cet intervalle, ont été accueillis aussi avec faveur.
M. Arnault a de plus composé d'autres pièces ' qui, pour avoir été traitées avec
1 Le Roi et le Laboureur, et la Rançon de Duguesclin.
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peu d'indulgence 9 ne nous semblent pas indignes d'être offertes au lecteur, et pourront piquer sa curiosité par la singularité même qui leur a été funeste.
Publiés pendant la révolution , ces ouvrages ne sont point révolutionnaires, comme quelques personnes se plaisent à le dire de tous les ouvrages représentés en France pendant la trop longue durée de nos dissensions.
Conçues sous l'influence de la liberté , ces tragédies sont, à la vérité, moins asservies que d'autres aux règles étroites dans lesquelles les poètes français se sont emprisonnés ; mais les règles éternelles de la raison n'y sont jamais violées. Si M. Arnault s'est permis quelquefois de sortir du cercle dans lequel les tragiques tournent depuis Corneille et Racine , cercle que Voltaire avait déjà un peu dépassé, c'est qu'il a cru
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trouver au-delà des beautés échappées à P attention de ces grands hommes. Ducis et Ghénier l'ont cru aussi, et leur espérance n'a pas toujours été trompée.
Certains ouvrages de M. Arnault ont été très applaudis et très critiqués : en France l'un ne va guère sans l'autre. Avides de nouveau , les Français semblent ne vouloir que du vieux ; ils demandent qu'on varie leurs plaisirs, sans permettre d'en varier les moyens; constamment en opposition avec leur exigence, même quand elle a été satisfaite, ils reprochent à l'écrivain assez hardi pour s'ouvrir une route nouvelle d'être sorti de la routine, qu'ils reprochent à l'écrivain timide de ne pas pouvoir quitter.
L'aigreur de ces critiques est ordinairement mesurée sur l'éclat du succès. Mais à
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quel point ne peut-elle pas s'élever quand les passions politiques s'unissent aux préjugés littéraires? Ce n'est plus de l'aigreur alors, c'est de la fureur. Les excès auxquels la réussite de Germanicus a donné lieu prouvent jusqu'où peut aller cette fureur, non moins injurieuse pour la grande masse des Français que pour l'auteur.
Des hommes qui ont prétendu qu'en 1 791 tout honneur était sorti de France avec eux soutiennent aussi qu'en leur absence la France a été privée de tout génie; en repoussant les productions les plus applaudies pendant l'émigration , ils ne croient pas moins flétrir les juges que les ouvrages jugés.
Nous le répétons : tous les ouvrages nés pendant la révolution ne sont pas nés de la révolution. Il en est même qui, loin d'en
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consacrer les écarts et les excès, ont été conçus dans le but de les combattre, et n'en ont que mieux réussi. Ecrits par des amis de l'ordre , ces ouvrages , dans des temps d'anarchie, ont compromis leurs auteurs : mais ils doivent plaire à un peuple libre et tranquille , et ne peuvent être repoussés que par des esprits qui veulent ressusciter l'anarchie sous une autre forme.
Les tragédies de M. Arnault sont de ce genre. L'intérêt politique y est presque toujours associé à l'intérêt de passion: moyens certains d'occuper à la fois la tête et le cœur ; moyens dont la réunion donne un caractère particulier aux pièces de cet auteur, qui croit que le double but de la tragédie est de faire penser et pleurer.
Toutes ces pièces ont été de nouveau revues et corrigées avec un soin particulier.
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M. Arnault n'a pas seulement écrit pour le théâtre; il s'est exercé aussi dans plusieurs autres genres de littérature.
A la suite de ses œuvres dramatiques nous publierons ses Fables , dont la collection 9 qui d'abord se composait de quatre livres , est augmentée de quatre livres nouveaux. Les pièces contenues dans ces derniers livres sont pour la plupart des produits de l'exiL
Les matières des volumes suivants se distribuent ainsi qu'il suit :
i° Mélanges académiques, discours prononcés en diverses solennités sur des questions d'instruction publique, dissertations et autres fragments relatifs à la littérature , discours , rapports à VInstitut;
s° Les trois théâtres, ou Histoire abrégée des théâtres grec, latin et français ;
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3° Notices sur quelques personnages célèbres ;
4° Mélanges littéraires et philosophiques. L'auteur a réuni sous ce dernier titre, à plusieurs morceaux inédits , un nombre assez considérable de morceaux publiés sous l'anonyme dans diverses feuilles, tant en France qu'à l'étranger, et que les compilateurs ont souvent reproduits sans indiquer la source où ils ont puisé.
La Notice suivante, rédigée par M. Arnault, contient sur kii-nièrae des renseignements auxquels il a désiré donner toute la publicité possible; c'est dans cette intention qu'il l'avait d'abord mise en tête de Germanicus , puis en tête de la première édition de ses OEuvres.
Comme cette notice rectifie des erreurs parmi lesquelles se trouvent des calomnies, nous croyons faire une chose aussi agréable aux honnêtes gens qu'utile à M. Arnault en la reproduisant ici : elle s'arrêtait en 1817, l'auteur a cru devoir y joindre un supplément.