‹ ThéâtreChapitre 33 sur 210 · ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I

Il est loin d'applaudir à ce qui se prépare. Parmi tous nos soldats il n'est pas un bourreau. Quelle main osera se charger du couteau ?

RUTILE

Celle d'un Cimbre.

CÉTHÉGUS

Dieux î

RUTILE

Inquiet , taciturne , Ce Cimbre s est fixé dans les murs de Minturne Depuis ce jour fatal où les enfants du nord , Fuyant également l'esclavage et la mort , Et traînant en tous lieux leur honte vagabonde , Inondaient de vaincus la surface du monde. Il n'a depuis ce temps cessé d'entretenir De ses malheurs passés le profond souvenir. Quand on lui livrera l'objet de sa vengeance, Quand il pourra frapper, pensez-vous qu'il balance?

Tout est examiné ; l'intérêt de l'état Défend également le retard et l'éclat : Sa justice , accomplie en cette tour obscure , Aura moins d'appareil , mais elle en est plus sure. On vient... C'est Marius qui s'avance vers nous. Courons armer le Cimbre , et presser ces grands coups.

( Ils sortent. ) CÉTHÉGUS, voyant Marius.

S'il en est temps encore, épargnons-leur ce crime,

46 MÂRIUS A MINTURNES.

Arrachons aux bourreaux cette illustre victime. Ah ! tîu moins détachez ces inutiles fers. Sortons.

( Les soldats obéissent; Marins reste seul. )

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