ACTE V — SCÈNE I
CASSIO
Ma foi, sans mon manteau, c'était fait. Ah ! mon maître, C'est moi qui vais percer le tien.
Il tire son épée et frappe Rodrigo.
RODRIGO
Ah ! je suis mort !
Yago frappe Cassio à la jambe et s'en va. CASSIO.
Au meurtre !
Yago achève Rodrigo.
RODRIGO mourant, à Yago.
Scélérat !
OTHELLO traverse la scène dans la nuit, enveloppé d'un manteau.
Cassio se meurt. Le sort Pas à pas s'accomplit. Yago tient sa promesse. Il a frappé l'amant, je marche à la maîtresse. Femme, ton bien-aimé t'attend, et ton destin Est de l'aller trouver avant demain matin. En entendant ces cris, j'ai honte qu'elle vive ! Fidèle Yago, j'y vais ! Attends, femme, j'arrive. Ton sang bientôt versé par mon bras satisfait Va couler sur ce lit qu'a souillé ton forfait.
Il sort à grands pas, marchant vers son palais et mettant la main sur son poignard.
LODOVICO entre de l'autre côté avec ses gens sans flambeaux.
J'entends gémir deux voix. Mais la nuit est bien sombre.
Avancez prudemment et lentement dans l'ombre ; Ce pourrait être un piège. Approchons ; j'aperçois Un homme armé qui tient une lampe, je crois.
YAGO, accourant à demi déshabillé, avec une lampe.
Qui va là ? Répondez. Quel blessé nous appelle ? Quoi ! c'est vous, lieutenant ? Était-ce une querelle ?
CASSIO
Ce sont des assassins ; l'un d'eux est mort ici.
YAGO
Les autres, où sont-ils ? Je crois que les voici.
Il crie à Lodovico.
N'approchez pas de moi. Nommez-vous, parlez vite.
LODOVICO
Jugez chacun de nous, seigneur, par sa conduite. Nous restons à deux pas.
YAGO
Excusez-moi, seigneur !
Noble Lodovico ! mais, dans un tel malheur, Au milieu des brigands, de tous on se méfie. C'est notre ami Cassio, déjà presque sans vie. Si vous pouviez m'aider à l'emporter chez moi !
CASSIO, qu'on transporte.
Merci, mon brave Yago.
YAGO, à part.
Je veillerai sur toi,