ACTE I, SCENE III
LOUISE, impatientée, très haut.
Mes croquettes, là!... mes croquettes qui sont sur le feu, si elles brûlent...
MADAME JOURDEUIL
C'est bon, c'est bon, je m'en charge.
Je crois bien, que nous nous en chargeons... Merci ! laisser brûler des croquettes.
LOUISE
Alors, je puis m'en aller tranquille.
MADAME JOURDEUIL
Oui, oui.
LOUISE, re-renaiit.
Ah ! tu sais, maman, défense de regarder dans le buflet.
MADAME JOUKDEUIL, !a poussant.
Mais va-t'en donc !
LOUISE
C'est là qu'est la surprise. (Elle se sauve en riant.)
SCÉ'KE III
FRANaUEYROL, MADAME JOURDEUIL.
FRANQUE YROL.
C'est joli, du rire de seize ans... on dirait qu'on secoue des perk-s.
214 LE SA CRiriC h
MADAME J O U K D E U I I,
Vous la trouvez gentille, n'est-ce pas?
Et vous?
MADAME J O U R D E U I L
Oh ! moi, je ne compte pas, je suis la maman.
F R A N Q u E Y R o L , vivement.
Est-ce que mademoiselle Louise est Parisienne ?
MADAME J O U R D E U I L
Oh ! du P.iris pur sang... du Paris de la rue Montmartre, comme son frère.
FRAXQUEYROL.
Ah çà ! qu'est-ce qu'on m'avait donc dit?... Je croyais qu'en fait de jeunes filles, on ne trouvait plus à Paris, à l'heure qu'il est, que de jolis petits monstres, tout en crin et en acier, de gentils agents de change à chignons, très secs, très froids, très ergoteurs, et spécialement dressés pour le Parisien d'aujourd'hui. Mais ce n'est pas vrai, cap de Diou 1 ce n'est pas vrai. Les Parisiens ne l'ont pas encore exproprié, ce type divin de la femme enfant, avec son rire clair et ses yenx limpides. Il y a encore des petites filles à Paris, n'est-ce pas, maman ?
MADAME J O U R D E U 1 1
Oui, sans doute ; pourtant, il ne faut pas croire qu'.à Paris toutes les demoiselles soient comme Louise... Il y en a d'autres.
F R A N QU E Y R o L , soiin'tiiil.
Vraiment ?