‹ ThéâtreChapitre 114 sur 235 · ACTE I, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VI

r K A N QU E Y R O L , iiiontraiil /.'S étagères.

Oui, je vois que vous avez cette passion.

MADAME J O U R D E U I L

Oli ! ici, ce n'est rien, c'est à l'atelier qu'il v en a.

Oui, j'ai quelques jolis morceaux. C'est moi qui possède le fameux prie-Dieu d'Henri III avec les portraits des mignons sur les panneaux.

MADAME JOURDEUIL

Dis donc, mon homme, combien t'en ofFrent-ils, de ta collection, au musée de Cluiiy r

LE PÈRE J o u R D r. u I L .

Vingt mille francs ! Je n'ai qu'à lever le doigt, l'argent sera ici demain matin... mais, macach, comme dit Namoun... ni à vingt, ni à. trente, ni à cent... je ne la vendrai jamais.

MADAME JOURDEUIL, !c lYgarilaiil avic admiration.

Oh ! ces artistes... l'argent n'est rien pour eux !...

FRANQ.UEYROL, à Louise qui couJ près de la fenêtre.

Il ne vient donc pas, ce frère ?

LOUISE, iristeiiient.

Non... il aura décidément manqué le train. (FJle se lève et retourne dans h fond.)

M A D .\ M E JOURDEUIL

Mon Dieu ! mon Dieu !

LE PÈRE JOURDEUIL

Eh bien, quoi ! mon Dieu ! mon Dieu !... c'est un

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petit malheur, nous dînerons une heure plus tard. (Rem[)lissant les verres.) Allons, encore un coup pour nous faire prendre patience... (Levant son verre.) Mon vieux Pierre, tu sais... ma foi! tant pis... il faut que je te tutoie... Ça te va-t-il ?

Ça me va !

Oh ! mon ami.

FRANQUEYROL.

Laissez donc, c'est charmant...

Voyons, est-ce qu'il n'est pas de la famille, et du bâtiment, par-dessus le marché ? (A Franqueyrol.) Car tu es artiste, toi aussi, je le sais. Ne dis pas que tu ne l'es pas, tu l'es...

MADAME J o u R D E u I L .

Oui, Henri nous a dit que vous aviez lait de la peinture, autrefois.

FRANQUEYROL.

Juste assez pour admirer la sienne.

LE PÈRE JOURDEUIL, entre ses dents.

Oh! admirer... blagueur!...

FRANQUEYROL.

J'aurais peut-être pu devenir un peintre, moi aussi; mais ma nature s'y opposait. Vous savez comme Henri m'a surnommé, Pierre Franqueyrol dit Pierrequi-roulc... Eh bien ! toute ma destinée tient dans

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