ACTE II, SCÈXE V
vieillesse à de terribles humiliations; viens, mon vieux Pipette, allons-nous-en. Je te demande pardon de t'avoir amené ici. J'aurais dû me douter de ce qui m'attendait. J'ai été le père prodigue; j'ai bien le fils que je devais avoir!...
HENRI
C'en est trop, à la fin... Eh bien! puisque tu m'y
obliges... (Oa frappe.)
MADAME J 0 U K D E L" 1 L , au dehors.
Peirt-on entrer?
HENRI, à Jviinleiiil.
Ma mère!... plus un mot... (Joycusemcnl, en aUanI
z'ers la porte.) Entrez, entrez...
5 C £ -X £ V Les Mêmes, MADAME JOURDEUIL.
MADAME JOURDEUIL, saulanl au cou de son fils.
Te voilà, méchant enfant... Tu n'es pas malade r
HENRI
Mais non... tu vois...
Ah! tant mieux. (Regardant l'atelier.) Comme c'est
joli, chez toi ! (Souriant à son mari et à Pipette.) Bonjour, bonjour.
270 LE SACRIl'ICE
LE PÈRE JOURDEUIL, sonihre.
Bonjour.
MADAME JOURDEUIL, il Henri, lui monininl Pipclte.
Eh bien! tu l'as vu... il est revenu... on dirait qu'ils se sont tous donné le mot pour arriver cette semaine... aïe!...
HENRI
Et Louise?... tu ne l'as pas amenée?...
MADAME JOURDEUIL
Oh! non... tu penses, un atelier de garçon!...
HENRI
Elle venait bien, les autres fois.
MADAME JOURDEUIL, avec intention.
Oui... les autres fois... Du reste, c'est la petite qui n'a pas voulu. Je crois qu'elle est fâchée contre toi, à cause d'hier. Justement on t'avait fait une foule de bonnes choses... il y avait une crème, des croquettes et une surprise... (Riant.) Oh! mais une vraie surprise et qui aurait été joliment de ton goût... n'est-ce pas, mon homme?
JOURDEUIL, caverneux.
Oui!
MADAME JOURDEUIL, ^'approchant de lui.
Q.u'est-ce que tu as donc, toi?... Comme tu es rouge... Je parie que vous n'avez pas été raisonnables, à ce déjeuner.