ACTE II, SCENE VII
HENRI
Q.u'est-ce que tu cherches?
MADAME J O U R D E U I L
Rien! c'est une ombrelle que je ramasse... (Montrant la chambre.) Sans doute l'ombrelle de Namoun.
(Elle agile l'omhrelle et le menace avec, en souriant.) HENRI.
Comment, tu crois ?
MADAME J O U R D E U 1 1
Je me sauve... je me sauve...
SCÈ1<LE VU HENRI, seul.
Il reste un moment stupéfait, l'omhrelle à la main.
Ah! je comprends, maintenant... Voilà donc pourquoi elle me parlait de la vie que je mène... (Jetant l'ombrelle dans un coin.) Il est très compromettant, ce Gontaut, avec ses ombrelles... Pauvre mère!... Je suis sûr qu'elle s'en va en croyant qu'il y a des femmes dans toutes les armoires, ici. Quelle dérision ! Juste au moment où je viens de... Et l'autre avec ses cinq cents francs : « Fais de la monnaie, mon bonhomme ! » (Rire amer.) Ah ! ah ! décidément, la farce est bien jouée. (Il va à la porte de gauche et l'ouvre.)
MADAME JOURDEUIL, reparaissant.
P.irdon... c'est encore moi.
282 LE SACKIFICE
HENRI, refennanl la porte qu'il ouvrait.
Entre donc.
MADAME JOURDEUIL, rentrant timidement.
(Bas.) Ohl je n'ai qu'un mot à te dire. (Gaîment.) Et l'argent du mois! l'argent du mois que j'oubliais.
HENRI, effrayé.
L'argent du mois?
MADAME JOURDEUIL
Quelle étourdie, hein?... Je m'en allais sans le prendre.
HENRI, riant.
Ah ! ah 1 c'est trop fort !
MADAME JOURDEUIL
J'aurais été jolie, ce soir, avec mes fournisseurs.
C'est que... je ne sais pas si... j'ai eu tant à payer hier.
MADAME JOURDEUIL, à part.
Oh! ohl l'ombrelle rose...
HENRI
Est-ce que tu ne pourrais pas attendre deux ou trois jours?... Ça t'ennuie.
MADAME JOURDEUIL
Dam! c'est à cause de ton père, tu le connais, il aime bien que les fournisseurs soient payés recta. Il a cela de bon, par exemple, on ne peut pas lui ôter >;a.