ACTE III, SCENE IV 5I
écoute! j'ai bien le droit d'être un peu injuste, tu as agi si mal avec moi... Comment! tu sais que je sui> riclie, que je n'ai que toi pour ami...
HENRI, lui fermant la bouche.
Assez, Pierre, c'est pour ne pas entendre ce que tu vas me dire, que je t'ai fait promettre de partir, et tu partiras... tu me l'as promis.
FRANQUEYROI. .
Oh! Henri, de l'orgueil... entre nous...
HENRI
Oui, de l'orgueil!... j'en ai beaucoup pour eu.K... (Avec fierté.) Merci I le pain de la maison... tant que je serai vivant, c'est moi seul que cela regarde.
FRANQUEYROL.
Je ne suis donc pas de la f.imille, moi aussi? Je ne suis donc pas ton frère?
HENRI
Mon trère, oui, mais pas leur fils.
Hé! cap de Dieu! Si je ne suis pas leur fils, ce n'est pas l'envie qui m'en manque et je ne demande qu'à le devenir...
HENRI
Comment?...
Té! pardié... en épousant ta sœur...
HENRI, slupjfai/.
Louise?
^l6 LE SACRIFICE
Une fois mariés, nous prenons les parents avec nous, et le pain de la maison ne te regarde plus, quand le diable y serait...
Qii'est-ce que tu me racontes là, mon Dieu !
Rien que de très simple. J'aime ta sœur, voilà mon secret, à moi, le gros secret dont je te parlais tout à l'heure.
HENRI
Comment! toi, Pierre qui roule...
FRANQUEYROL.
Mon cher, je n'y comprends rien... (Baiumi une crème imaginaire.) Je crois que la petite fée m'a ensorcelé... Ce qu'il y a de certain, c'est que Pierre-quiroule n'a plus qu'une idée en tête maintenant; c'est d'amasser un peu de mousse... dans les bois de VilJe-d'Avray.
HENRI, souriant.
Et la petite fée, qu'est-ce qu'elle en dit? Est-ce qu'elle t'aime, elle?
FRANQUEYROL, slupéfail.
Elle? Ah! diable!... Ma foi! mon cher, je l'aimais tant que je n'ai jamais songé...
HENRI
C'est pourtant très essentiel à savoir...
ACTEIII,SCtNKIV 317
Le fait est qu'un vieux boucanier comme moi n'a rien de bien séduisant pour cette petite Parisienne... mais si tu voulais, tu n'aurais qu'un mot à lui dire.
HENRI
Je m'en garderais bien... Q.ui sait? Elle a peutêtre son secret, elle aussi. Le mot que je dirais dérangerait peut-être quelque joli rêve dont on croirait devoir me faire le sacrifice!... et, tu comprends, je veux bien être Isaac, mais je ne veux pas qu'il y ait de petit agneau immolé à ma place...
FRAN'QUEYROL.
Alors, tu ne te charges pas de ma demande?
Il E N R I .
Si, mais je te préviens que je lui parlerai de toi aussi froidement que d'un M. Paul quelconque, et qu'à la moindre hésitation...
Parle-lui donc tout de suite; car la voilà qui vient de ce côté.
H EX RI, ngardant dans h fond el voyant icnlr Us dames.
Comment! Elles sont ici... C'était donc vrai!... et moi qui croj-ais que Namouu... (.4 Franqueyrol .) Vite, vite, sauve-toi.
F R A X QU E Y R o L , se jetant derrière les papiers peints.
Attends!... j'ai mon affiiire.
Prends garde! tu t'exposes peut-être .'i entendre...
?l8 LE SACRIFICE
FR AN QU EY R O L , /iiissan/ sa lète, un doigt sur les lèvres.
Chut!
SCÈ'K.E V
Les Mêmes, LOUISE, MADAME JOURDEUIL.
LOUISE
Eh bien 1 tu es gentil, toi! voilà connue tu es pressé de nous voir.
HENRI, les embrassant .
Mais je ne vous sav.iis pas ici... C'est un malentendu... Bonjour, Lison... Namoun s'est mal expliqué... Bonjour, maman.
MADAME JOURDEUIL
Bonjour, vilain garçon.
HENRI
Et mon père!... Est-ce qu'il n'est pas avec vous?
LOUISE
Si... si... il est là!... Namoun vient de l'emmener voir je ne sais quoi dans la fabrique. Nous, nous en avions assez de M. Margarot et de ses machines... Ouf!...
.MADAME JOURDEUIL, à son fils.
Comment vas-tu? En voilà du nouveau depuis que nous ne nous sonmies vus?