SCENE IX
SUZETTE
Léonard est si complaisant, si tu savais; il trouve tant de façons de se rendre utile ! Aujourd'hui c'est des plantes rares qu'il apporte à Brèchemain, une autre fois...
Et pour toi, quelle est son utilité.
SUZETTE
Dam ! quand maman et Brèchemain sont occupés, ce qui arrive souvent, j'ai toujours, grâce à Léonard, quelqu'un à qui parler de...
De?
SUZETTE
De... vine !...
EUSTACHE, avec aniinalioii.
Vraiment, Suzette, tu parlais de moi pendant mon absence? Tu songeais à moi, vraiment?
SUZETTE
Si j'en parlais, si j'y songeais; mais de qui pouvais-je parler, Dieu juste! à qui pouvais-je songer? ma mère et Brèchemain n'ont jamais quitté la maison... raisonnablement, je ne pouvais songera eux... Léonard? Oh! celui-là, il peut cesser toutes visites et s'en aller là-bas d'où tu viens et même plus loin, peut-être m'arrivera-t-il de parler de lui, mais pour y songer, jamais !
Alors, nos beaux projets d'il y a dix ans, quand
nous jouions ici nicmc; nos belles promesses de l'autre année, quand tu es venue me voir là-bas, projets d'enfants, promesses plus sérieuses, l'absence n'a rien changé à tout cela?
L'absence ne peut rien contre les affections sincères.
EUST A C 11 t.
Pourtant nous avons à Aix un fameux proverbe sur les absents...
Méfie-toi des proverbes d'Aix, ce sont des gascons.
E u s T A c II E .
C'est vrai... (Un moment de silenee.) Suzette.
s u z E T T E , devant le piaiw.
Mon cousin? (Embarrassée, rougissante, elle fuit cvurir sa main sur le piano.)
EUS T-A C H E , tressautant.
Oli! mon Dieu, qu'est-ce que cela? (Il reste dehuut
derrière elle, lui lenaiil la taille.)