‹ ThéâtreChapitre 152 sur 971 · SCENE XÎI · texte numérisé non relu

SCENE XÎI

Les Mêmes, LA VICOMTESSE, puis FLAVY.*

LA VICO.'JTESSE.

Au secours, d'Orbendas ! l'émotion va tuer nia fille!

Elle désigne la cliaiiiLre.

d'orbendas, qinUcint Melcby.

Marie !

MELCHV, à la fenêtre de (jauche.

D'Orbendas est un traître!

Ilclicrcbc à gagner la porte au-dessus.

d'orbendas, le frappant de son poignard et le jetant à terre. Melchy est mort.

Misérable !

LA VICOMTESSE

Oh!

d'orbexdas, troublé.

Malédiction !... Monseigneur averti... Marie défaillante!... Plus assez de temps pour vous sauver toutes deux !

LA VICOMTESSE, allant à la porte de gauche.

Sauvez, sauvez ma fille !

d'orbendas.

Oh! j'ai pensé à tout! {Il ouvre son manteau et découvre une ccfidle de corde. Il la jette en dehors de la fenêtre de droite, au-dessus de la balustrade oii elle est retenue par des crochets. ) Veillez à celte porte [de gauche) ! Madame, le salut de Marie dépend de quelques instans!

LA VICOMTESSE, exaltée, tirant son poirjnard.

Oui, oui, allez; j'aurai le cournge d'une mère! d'okbexdas , entrant dans la chambre de droitf.

Marie! ma pauvre Marie!

Il <l:.s;>;.ruil.

LA VICOMTESSE, prêtant l'oreille.

0 ciel! j'entends!... {Criant.) D'Orbendas, hàlez-vous !

d'oubexdas, portant Marie dans sas bras. Marie revient à elle!... Soyez sans crainte; j'ai force et courage, et le ciel est pour nous!

Il enjamlic la linhistiade cl desrend gradueliumcnl.

LA VICOMTESSE, cria)it à d'Orbendas.

Monseigneur est là!

FLAVY, dans la coulisse.

Melchy!

LA VICOMTESSE, pous.saut la porli- (le gauche. Trop tard! trop tard!... arrêtez! arriHez!

FLAVY*', paraissant à la porte de gauche. Vivante!... lraliison!...Où est-il donc, ce iàchc d'Orbendas?

LA VICOMTESSE, rcculaut vcrs^la fcncirc de droite. GrAce! grùce!

* IMcUliy, D'Orbendas, la Vicomicssc.

** Mclcliy, Flavy.la Vicomicssc.

FLAVV, désignant la fenêtre de droite.

Là!... c'est là!

LA VICOMTESSE, à la fenêtre.

Suspendus encore sur l'abîme I... Pitié!

FLAVY

Qu'ils périssent tous deux!

LA VICOMTESSE, le repoussant.

Pitié, pitié pour ma fille!

FLAVY, luttant.

Livrez-moi donc passage!

LA VICOMTESSE

Ma fille va périr! {Elle tire son poignard.) Le désespoir m'égare, et ce poignard... {Jetant un coup (l'œil à la fenêtre.) Sauvée!

FLAVV.

Enfer!

LA VICOMTESSE

Maintenant, tiens, punis-moi de t' avoir épargné un crime... Prends cette arme fatale {Flavij prend le poignard) que j'arrachai au chevalier d'Eurondel.

FLAVY, stir le point de frapper la Vicomtesse.

Quoi! ce poignard!...

LA VICOMTESSE

ïl porte la devise et le nom de l'infàmc !

Il regarde le poignard.

FLAVY, plus troublé.

Oui, oui!... O ciel! et quand lui avez-vous arraché ce poignard?

LA VICO.MTESSE.

Il y a dix-huit ans.

FLAVV, vicemcnl.

Où donc, où donc?

LA VICOMTESSE

Dans le monastère de Puzzaiol.

FÎ.AVV.

Une nuit, au milieu des ténèbres?

LA VICOMTESSE

Oui, oui, et une voix trompeuse m'avait dit en rcvc qu'un jour j'en fr:>pperais le làclie ([ui ma déshonorée.

FLAVV, lui présentant le poignard.

Vous pouvez l'en frapper, madame.

LA MC0.MTESSE.

Quoi !

FLAVV.

Oui, la voilk' de cette hurriltic nuit, j'a\ais, dans une rencontre, pris au chevalier son épée el ce poignard.

LA VICOMTESSE, égarée d'espérance et de joie.

Flavy!... est-il possible!... ria\y! mais alors ma fille....

1 LAVV.

Ah! courons! Marie! Respectez les jours de Marie.

I,A VICOMTESSE

Elle fuit avec d'Orbendas! elle est sauvée!

FLAVV.

Elle est perdue. Toutes les issues gardées, ordre de tuer tout ce qui se présentera.

LA TICOMTESSE, couraM à lu fciiêtt'e de droite. Désolation!... Marie! d"Orbciidas !

FLAVV, frt et là.

Marie... arrêtez.

LA VICOMTESSE

Marie !

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