SCENE VIT
VALLIER, GUSTAVE, deux autres Invités.
GUSTAVE, à ceux qui l'accompagnent.
Connaissez-vous la jeune personne qui donne le bras à M. de Beaumont? 11 faut que je ne l'aie jamais vue, car je l'aurais remarquée. [Allant à la table.) Je propose une bouillotte, messieurs. [A Vallier.) Monsieur veut-il faire le quatrième? VALLIER, qui est allé s'assoir, et qui a tiré de sa
poche une lettre que Dauberville lui a remise.
Je vous prie de m'excuser. [Regardant sa lettre.) Quatorze novembre. Pauvre enfant! elle est d'une exactitude...
GUSTAVE
C'est le journal que lit ce monsieur là-bas?
Il prend son lorgnon, puis va à la laljle où sont les alliunis
VALLIER, lisant.
« Mon bon père, je viens de recevoir ta lettre » et j'y réponds tout de suite. Il ne faut pas que » ma santé te tourmente : elle n'a jamais été si » bonne. Je fais exactement tout ce que tu me » dis; seulement je trouve que tu me parles tou- » jours comme tu me parlais quand j'étais petite » fille; je vais avoir dix ans. Maman est venue » hier à la pension : elle a passé l'été aux eaux de y Bade; je ne l'avais pas vue depuis trois mois.» GUSTAVE, ouvrant un album.
Qui de vous, messieurs, a le bonheur de dessiner, ou le malheur de faire des vers ? VALLIER, continuant.
« Elle m'a dit que tu serais, peut-être, encore » long-temps loin de Strasbourg. Pourquoi donc » n'allons-nous pas te trouver? J'espère au moins » que, quand tu viendras me voir, ce ne sera plus, » comme toutes ces années passées, une heure à » peine, lesoir, maisqueturesterasavec nouslong- » temps, toujours... j'en serais si heureuse!... »