SCENE YIII
Les Mêmes, GABRIELLE, VALLIER.
gabrielle.
Mon père!
DALBERVILLE.
Gabrielle!
GABRIELLE, uvec embarras.
Vous ici, mon père? J'ai rencontré M. Vallier en montant... je voulais avertir Marie... Nous pourrons donc aller a sa soirée, puisque vous allez mieux ?...
Eaubervillc lance a sa fille un regard qui lui impose silence.
MARIE, avec contrainte.
Oh ! monsieur savait bien qu'il ne nous ferait pas l'honneur... non, ma pau^Te enfant, tu ne viendras pas... tu ne viendras plus.
GABRIELLE
Moi, pourquoi?
MARIE, nue ses larmes étouffent.
Demande-le à monsieur... il les aitlui!... pourquoi.... tu demandes pourquoi?
DAUBERVILLE , s' élançant vers elle et à voix basse.
Mademoiselle!... devant ma fille!
MARIE
Ah!
Elle se caclie le visage dans ses mains. DAUBERVILLE , bas à Gabrielle.
Vous ne m'aviez pas parlé de cette visite?
GABRIELLE
C'est qu'en effet... je n'avais pas dessein... {Nouveau coup d'œil de Dauberville. A elle-même, en regardant son père et Marie.) Qu'est-ce que cela signifie ?
DAUBERVILLE, haut à Sa fille, après un silence. Vous veniez, disiez-vous.... quelque chose vous amenait.
MARIE
Oui, tu avais à me parler... Tu vois? nous
MARIE RÉBIOISD.
sommes tous contraints... à la gêne... nous souffrons... il faut se hâter.
GABRIELLE
Mon Dieu', mon père... comme elle estpâlel... voyez!... [Allaniàelle.) Marie 1... [Hésitant.) Ce que j'ai à te dire... je n'ai pas été heureuse dans mes visites, ma chère amie.. . M'"^ de Versac reçoit précisément aujourd'hui... et elle ne pourra pas l'amener sa fille.
Ah!
MARIE
GABRIELLE
Non: je n'ai pu décider non plus la mère de Stéphanie... ellem'a donné un motif... je ne sais plus lequel.
MARIE
Encore l
GABRIELLE
Un motif véritable.
MARIE
Oui... Eh bien ! achève : les autres...
GABRIELLE, tremblante.
Voilà tout.
Non, non, Estelle... lu l'as vue... elle m'avait
promis...
GABRIELLE, vivcmetii.
Oh! elle s'était engagée avant!
MARIE
Aussi!... ô mon Dieul... comme Anaïs, n'est ce pas? comme sa sœur? Réponds... réponds-moi.
GABRIELLE
Marie I
MARIE
Celles-là non plus!... délaissée par elles! par tout le monde !
GABRIELLE , vivcmcM.
Toi! comment?... Non, Caroline viendra, d'abord... je la verrai; elle sera avec son père à notre dîner.
MARIE
Oui... vous donnez une fête... vous!
GABRIELLE
Ce n'est pas pour nous, c'est pour mon cousin.
DALBERVILLE , avCC efffOi.
Gabrielle !
Comment dis-tu?
GABRIELLE
Qui vient d'être nommé secrétaire d'ambassade.
MARIE, avec un cri.
Ah!
DAUBERVILLE, s'Clançant vers su fille.
Gabrielle!
GABRIELLE, cffrayCe.
Mon Dieu ! qu'est-ce que jai dit? Qu'est-ce que j'ai fuit? Apprenez-le-moi.
MAUIK, à elU-mcmc.
Et l'on sait tout... on m'abandonne... et lui! oh ! mon Dieu !
iillc loinJie accabli-e sur uu faulcuil. n ALBERVILLE, à lui-mcmc.
Malheureuse enfant! cette scène me fait un mal ! (S approchant de Marie aicc Cniotion.) Mademoiselle, quel que soit le service que réclame
r M. votre frère, dites-lui bien qu'il peut compte de ma part sur un entier dévoûment : que je lui demande comme une faveur, comme une grâce, de vouloir bien encore s'adresser à moi. [A Gabrielle.) Viens.
GABRIELLE
Vous pleurez, mon père?
DACBERVILLE.
Viens ! viens !
Ils sortent Ions deux..
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