FANNY, LA FOLLE
t\ FOLLE entre doucement et furtiiemeni en regardant avec admiration.
Ah! que j'ai bien fait de m'cchapper , que c'est beau ici... c'est comme autrefois...
F.v>>Y, rihant.
Pauvre Fabius!
LA voj.\.K,vtvemcul, nllaïii à elh N'appelcz-vous pas Fabius ?
FANNY, t'pOHvaniée, schHr.
Grand Dieu !
LA FOLLE
Il me poursuivrait encore ; il me forcerait » rentrer dans cette affreuse maison.
FANNY. aiec terreur.
Ah ! mon Dieu ! quelle est cette femme ?
LA FOLLE
On est bien ici... je suis bien... je suis heureuse.
FAKNY, appelant.
Georges, Louis.
LA FOLLE
Oh! n'appelez pas, ne me faites pas chasser, il y a si long-temps que je n ai été chez moi... Oh! c'est que je suis si heureuse... ne me chassez pas.
FANNY, l'examinant avec effroi.
Pauvre femme!
LA FOLLE
Oh! n'ayez pas peur, je ne suis pas méchante: et vous êtes si jolie... [Elle la regarde.) Ah\ jevoU.' connais
FANNY
Moi?
LA FOLLE
Oh ! oui , c'est bien cela... un jour je l'ai tu... Fabius le cache avec grand soin; (Fanny se rapproche ) mais un matin, pendant qu'il dormait, je l'ai vu sur son cœur.
FANNY
Quoi donc?
LA FOLLE
'\''otrc portrait, qu'il a fait.
FANNY
Mon portrait?
LA FOLLE
Je connais aussi votre frère.
FAHNY.
Mon frère?
LA FOLLE , tout en regardant autour d'elle. Oui, oui, votre frère, M. Achille de Matta; ïl vient souvent nous voir, il aime Célestine, et a promis de l'épouser.
FANNY, arec fierté.
La sœur de Fabius?... Étes-voussûre de ceque vous me dites, madame?
LA FOLLE
Vous oubliez qui je .«uis, mademoiselle. .. unt telle question est une insulte.
FANNT.
En effet, je l'oubliais, une pauvre folle. ..(E//r révt'' et cependant...
LA FOLLE, avec un cri.
Ali! le voilà.
FANNY
Qui donc?
LA FOI.LE
Fabius, lui qui me poursuit toujours. OL cachez moi, cachez-moi; je ne veux pas rentre' dans ce cachot... non. sauvez-moi.
FANNY
Oh! rassurez vous; c'est votre Ois. il ne rou^ fera point de mal.
MAGASIN THEATRAL
LA FOttE , faisant passer Fanny à sa gauche. Eh bien ! vous qu'il aime, allez lui demander ma grâce.
FANNY
Oui, oui, j'y vais.
LA FOLLE la poussant doucement.
Allez... allez. ( Fanny fait un pas vers Fabius.) Ohl je les ai bien attrapés, ils ne me trouveront pas.
Elle entre dans rapparlement du côlé gauche.
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