‹ ThéâtreChapitre 509 sur 971 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

JULES, armé de son poignard, LES CAMPI- REALI, au fond, parlent a leurs vntft^ : RA- NL'CCiO ist demni la porte du cabinet.

RANUCCIO, liranl son épée.

Qu'ils essaient inaiiiteiiiiiit de passer !

CAMPIREALI, au /inid

Avant de gravir la nioniagne, arr/'lons-nous un instant dans cette hoti-lierie.

FABio, aux I al' ts.

Qu'on prenne soin de nos chenaux.

RANUCCIO, à l'art.

Nous sommes iraqués... comment les faire sortir? [A Scioiti, qui se dirige vers la porte de la chambre.) Où vos-lu?

6CIOTTI. bas.

C'est ce soir l'anniversaire...

MAGASIN THEATRAL

RANCCCIO, de même.

Eh bien?

SCIOTTI, bas.

Pour aller à la chapelle, il faut à mon fils et à moi nos habits de pénitens.

RANCCCIO.

Vos habits de pénitens I... [Comme frappé d'une W^e.) Voilà mon affaire... (.4 Sciot/i.) Va- t'en.

SCIOTTI.

Mais...

RANCCCIO, le poussant.

Va-ten !

FABio, apercevant Ranuccio.

Ahl encore ici !

RANUCCIO.

Oui, seigneur, oui, encore ici.

FABIO

Et votre protégé?...

RANCCCIO.

Il a renoncé à tout.

FABlO, raillant.

Il était si fier l

RANCCCIO, avec intenlion.

Il est bien malheureux I

FABIO

Je ne le plains guère.

RANCCCIO.

Ni moi non plus.

Les deux Campireali viennent s'asseoir a la table. CAMPIrtEALI.

Orsini a désiré avancer ce mariage; je l'aime mieux ainsi... demain tout sera terminé. RANCCCIO, avec intention.

Demain !

JULES, bas à Tlélène, qu'on ne voit pas. Tu l'entends, Hélène... demain, la femme d'Orsini... Et tu hésites encore?...

FABIO

Il me semble qu'on a parlé... [La fenêtre sereferme ausiitôi.) Qui donc est là?

RANCCCIO, élevant la voix.

Là!... oh! sans doute ces deux bons religieux, venus pour voir la femme du pauve Sciotti, qui est bien malade, et qui se rendent au couvent ici près, (appuyant) où on les attend... il faut qu'ils se dépêchent, car la nuit vient, et ils arriveraient trop tard.

FABIO

Et pourquoi ne sortent-ils pas?

RANCCCIO.

Je ne sais... le respect... et puis, sans doute, la crainte de déranger vos seigneuries...

LE COiMTE.

Pourquoi?... qu'ils sortent; c'est à nous de leur livrer passage.

La nuit est venue ; en ce moment la porte du caLlnet s'ouvre, et deui religieux vêtus de blanc paraissent. Les Campireali se lèvent et se découvrent.

JCLES, bas à Hélène.

Du courage î

LE COMTE, saluant.

Bon voyage, mes pères.

Hélène seule salue. Fabio fait un mouvement ; Jules va se Iraliir. Ranuccio, qui les suit et qui s'en aperroif, les sépare vivement desCampireali,qui ndesccndenl la scène.

RANCCCIO.

Il est tard, mes pères ; si vous le permettez, je vous accompagnerai, moi, pour qu'il ne vous arrive rien en route.

LE COUTE, à Ranuccio.

Ah! que votre ami se rappelle la promesse qu'il m'a faite... qu'il s'éloigne surtout 1

RANCCCIO.

Messeigneurs, si ça ne dépendait que de moi, il serait déjà bien loin. (Bas à Sciotti, en sortant.) Occupe les valets... moi, j'emmène leurs chevaux, nous irons plus vite.

Il disparaît vivement par la gauclie.

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