‹ ThéâtreChapitre 518 sur 971 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

LECO.MTE CAMPIRFALI, HÉLÈ>E, LA COMTESSE.

LE CO.MTE, St'iCre.

Je conçois qu'en me voyant vous (léchissicz le genou, Hélène; je conçois que celle tête blanchie depuis un an, ce \isagc creusé par la douleur. , vous ne puissiez les contempler sans honte... ,</"-

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remeni) car cette douleur, Hélène, c'est vous qui l'avez faite ; car ces noirs vêteraens de deuil, c'est vous qui m'en avez couvert!

HÉLÈNE, timidement.

O mon père, mon père, pardonnez-moi l

LE COMTE

Levez-vous ! (Elle se lève.) Avant de vous pardonner, je veux vous entendre.

HÉLÈNE, bas à sa mère.

0 ma mère, je tremble !

Du courage, mon enfant, je suis près de loi !

LE COMTE

C'est vous, Hélène , qui avez désiré ma présence... Parlez, qu'avez-vous à médire?

HÉLÈNE

Mon père, votre voix n'a jamais retenti si sévère à mon oreille, et dans des circonstances si terribles... Oh! je suis bien coupable, si c'est moi qui suis la cause première de votre douleur profonde et du coup affreux...

LE COMTE

Sites l'assassinat!

HÉLÈNE, avec de douces larmes.

O mon père, que faut-il donc que je fasse pour adoucir le chagrin de cette perte cruelle î Je sais que je ne puis remplir dans votre cœur la place que mon malheureux frère occupait ; je sais qu'en le perdant vous avez perdu l'héritier de votre nom, l'enfant sur lequel reposaient vos joies et vos espérances... mais laissez-moi croire que cette blessure ne sera pas éternelle, qu'un jour elle pourra se fermer sous mes soins , sous mes caresses... mon père, mon père, pleurez votre fils, mais n'oubliez pas qu'il vous reste une fille!... LE COMTE, Sévèrement.

Je puis m'en souvenir encore.

HÉLÈNE

Oh ! merci ! merci 1

Hélène, vous pouvez encore rentrer dans un palais {avec intention) que vous n'auriez pas dû quitter, et reprendre voire place près de moi et de votre mère.

LA COMTESSE

Tu l'entends, ma fille, ton père revient à toi... Sois bonne aussi, nous avons tant souffert!

LE COMTE

Mais écoutez quelle est ma condition. Ce nom de Campireali, ce nom qui va s'éteindre dans une tombe par votre faute, peut du moins mourir avec éclat. Orsini...

HÉLÈNE

Orsini !

LE COMTE, sévèrement, Hélène!

HÉLÈNE, suppliante.

Mon père, le ciel m'est témoin que je voudrais pouvoir vous satisfaire, même au prix de tout mon sang; mais vous le savez...

LE COMTE, })li(s Sévèrement.

Hélène!

HÉLÈNE

Ce cœur que vous me demandez...

LE COMTE

Hélène!

HÉLÈNE

Il n'est plus à moi.

LE COMTE, avec un cri de colère.

Eh bien, vous oublierez 1 (Som&j-e.) Et moi,

n'ai-je pas aussi à oublier?...

HÉLÈNE, avec désespoir.

Mais moi, mais moi, c'est impossible.

LE COMTE, avec colère.

Impossible!

LA COMTESSE

Oh! non, pas impossible, si tu songes à nous, si tu songes à ta mère qui te supplie, HÉLÈNE, se dégageant de ses bras, et avec égarement à sa mère.

Ma mère... si je ne pouvais plus obéir? LE CO.MTE, la prenant par le bras.

Oh ! prends bien garde à ce que tu vas dire... Je l'ai juré, vois-tu, Orsini sera mon gendre, et si tu refusais de nous suivre aux autels... HÉLÈNE, d'une voix éteinte.

Avant d'y arriver, je mourrais...

LE COMTE, hors de lui.

Eh bien! je t'y traînerai morte!

HÉLÈNE

Préparez donc ma tombe, car depuis un an...

LE COMTE

Depuis un an...?

HÉLÈNE, après avoir hésité, enregardant sa mère. Je ne suis plus libre!

LE COMTE

Que dis-tu ?

Je suis... je suis mariée.

LE COMTE, tirant son épée en poussant un cri

terrible.

Mariée, mariée au meurtrier! ïi,

LA COMTESSE, passant entre sa fille et son époux, en poussant un cri.

Oh ! ne la tuez pas ! {Revenant à sa fille.) A présent, c'est le seul enfant qui nous reste. Ohl vous êtes sans pitié!... voyez! voyez!

Hélène, pâle et Lrisée, tombe dans les Lras de sa mère. LE COMTE.

Sans pitié, dites-vous... et pourtant elle vit!... sans pitié!... et je ne l'ai pas écrasée de ma colère!... {A sa fille.) Réponds-moi! quand s'est fait ce mariage ?

HÉLÈNE

La nuit... mon père... la nuit... où j'avais fui!...

LE COMTE

La nuit du meurtre de ton frère, infâme!... mais non, tu mens!

HÉLÈNE

Ah!...

L'ABBAYE DE CASTRO

LE COMTB , avec fureur.

Aucun prêtre, dans l'Italie entière, n'aurait été assez hardi !... son nom, son nom , à ce prêtre î HÉLÈNE , à voix basse.

Le père Anselme !

LE COMTE

Le père Anselme !

HÉLÈNE

Du couvent deMonte-Cavi...

LE COMTE

Du couvent... {Frappé d'une idée subite.) "Lt prieur est ici... oui... je l"ai aperçu... en entrant... il venait pour la prise du voile de Lucia de Mendello.. . il saura te confondre. (Remontant la scène.) Holà! quelqu'un! (Entre Luidgi.) Qu'on dise au prieur du couvent de Monte-Cavi de se rendre ici à l'instant même. [Luidgi sort, le Comte redescend. ) Oh! oui, c'est une fable que tu inventes, là, sur l'heure, pour nous tromper, ta mère et moi.

HÉLÈ>E.

Mon père, je vous jure...

LE COMTE, s' avançant sur elle avec menace.

ye jure pas !... mais prie Dieu alors que ce soit un mensonge de ton amant!... une odieuse comédie qu'il a jouée pour l'abuser... car si c'était vrai! oh! malheur! malheur sur toi !

SCEiNE ly.

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