‹ ThéâtreChapitre 554 sur 971 · ACTE I, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III

espérances d'avenir, Thérèse et moi, nous ne ^ devons plus vous recevoir. |

OLIVIER

Eh bien ! puisqu'il faut que je m'exile... recevez donc ici le serment que je vous fais... Thérèse, et vous aussi, ma bonne Suzanne... Un iour,' ie iustiflerai votre amitié... un jour, Olivier de Chavignv, dont la famille fut proscrite Olivier, dont la' liberté, la vie même est sans cesse menacée, et qui ne dit son nom qu'à vous, ses deux sœurs d'enfance, reconnaîtra enlin les bontés de votre pauvre père , et je rendrai à ses enfans une existence digne d elles.

SUZANNE

Oh! ne songez qu'à ma sœur, Olivier... Pour moi, ma destinée est fixée désormais ; elle ne sera pas brillante, je le sais, mais heureuse peut-être ; et cela me suffit, je n'en demande pas d'autre. Adieu!

MICHEL, avançant la tête et regardant.

Hein! dites donc... comme il lui serre la main avec tendresse!

DUVAL

A laquelle? à la plus jeune, Thérèse, n'est-ce pas?

MICHEL

Du tout, à l'aînée, Suzanne.

DUVAL, vivement.

Suzanne?

MICHEL

Ma foi, oui... il leur serre la main à toutes

les deux.

DUVAL, à part.

Oh ! il faudra que j'éclaircisse mes soupçons.

MICHEL

Plaît-il?

DUVAL

Rien... je dis que ça ne me regarde pas, ni vous non plus.

THÉRÈSE

Adieu, et ne tardez pas à nous écrire.

OLIVIER

Oh! je vous le promets... et vous, Thérèse, pendant mon absence, pensez quelquefois à celui qui ne vous oubliera pas un seul instant. Adieu! adieu!

(Il remonte la scène avec les deux femmes.)

MICHEL, regardant Olivier qui baise la main de

Décidément, c'est de la cadette qu'il est «moureux.

DUVAL

N'est-ce pas?

(Olivier baise la main d« Suianne.)

MICHEL

Non, c'est de l'aînée.

DUVAL

Ah! s'il était possible...

Ma foi, je m'y perds... à moins qu'il ne les aime toutes les deux à la fois.

(L«8 d«ux femmes rentrent cliei elles, et Olivi«r disparaU par le fond.)

Page 1